Anthony Joshua n’a jamais été aussi près de devenir le champion incontesté des poids lourds.

Steve Douglas Associated Press

Ses ceintures de la World Boxing Association (WBA), de l’International Boxing Federation (IBF) et de la World Boxing Organization (WBO) sont de retour en sa possession. Une entente de principe à été convenue avec Tyson Fury, champion du World Boxing Council (WBC), pour deux combats d’unification à être présentés en 2021.

Rien n’est jamais coulé dans le béton dans la boxe, surtout quand vient le temps d’organiser l’un des plus importants combats de l’histoire du Royaume-Uni. Mais il reste un obstacle majeur avant qu’on ne retrouve Joshua-Fury au haut de l’affiche : Kubrat Pulev.

Le robuste Bulgare de 39 ans aura l’occasion de saccager tous ces plans chez les lourds quand il affrontera Joshua au Wembley Stadium de Londres, samedi, à titre d’aspirant obligatoire.

Il s’agira de son deuxième combat de championnat du monde : il a subi sa seule défaite chez les professionnels face à Wladimir Klitschko en 2014 et il a dû se retirer d’un combat contre le Britannique prévu en 2017 en raison d’une blessure à l’épaule subie au camp d’entraînement.

« J’aime bien que les gens parlent davantage de Joshua-Fury que de Joshua-Pulev, a dit le Bulgare. Ça ne m’insulte pas. […] Je suis heureux parce que, pendant qu’il pense à combattre quelqu’un d’autre, il me sous-estime. »

Joshua insiste : il ne regarde pas plus loin que son prochain adversaire. Il assure répondre aux questions concernant un éventuel choc contre Fury par courtoisie. Mais il est évident que le combat de samedi se place dans un contexte plus large.

Le promoteur de Joshua, Eddie Hearn, discute sans gêne de l’affrontement contre Fury, même si les contrats n’ont pas été officiellement signés. Les deux clans ont toutefois accepté les termes financiers. Hearn a d’ailleurs évoqué de la façon dont la bourse serait divisée, des sites possibles pour la tenue de ces combats (le Moyen-Orient et Londres semblent favoris) et à quel point il s’agit de l’affrontement que tous les amateurs de boxe attendaient.

« Je suis le plus près possible d’affirmer à 100 % que le combat contre Fury sera organisé si AJ peut l’emporter samedi », a dit Hearn.

Hearn n’a besoin que de Joshua, qui se battra devant les premiers spectateurs admis à la boxe en Grande-Bretagne depuis le début de la pandémie.

Joshua est habitué de se battre dans les plus grands stades du pays, que ce soit à Wembley ou au Millenium Stadium de Cardiff. Cette fois-ci, seulement 1000 spectateurs seront admis pour son premier combat à domicile depuis sa victoire contre Alexander Povetkin, en septembre 2018.

Depuis, il a perdu ses ceintures de façon surprenante contre Andy Ruiz fils, avant de les reprendre immédiatement dans un combat très lucratif — il aurait touché 70 millions — en Arabie saoudite il y a un an.

Au cours de ces 12 mois passés hors du ring, Joshua assure avoir peaufiné son art. Avant d’affronter Pulev, il a accepté les conseils de Klitschko. Il a même adopté la même habitude que l’Ukrainien, soit d’enrubanner consciencieusement ses mains avant chaque entraînement.

Joshua a décrit Pulev, reconnu pour lancer sans répit son jab et son menton endurci, comme un « client dangereux ».

« Ce ne sera pas un combat facile. C’est même un combat piège, a-t-il indiqué. Je suis à un niveau où je ne peux accepter de combats faciles ou de préparation. Je dois rouler avec les coups.

« Ce n’est pas le combat que je veux. J’aimerais mieux avoir droit à un confortable combat préparatoire après une absence d’une année. »