(Saint-Denis) Après le chaos pour accéder au Stade de France, qui a gâché la fête mêlant des dizaines de milliers de supporters, la finale de rêve de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid a débuté samedi avec 36 minutes de retard.

Publié le 28 mai
Alexis HONTANG Agence France-Presse

Gaz lacrymogènes, tentatives d’intrusion en escaladant des barrières, foules amassées et impatientes… L’ambiance n’est pas montée comme espéré, lors des heures précédant le match le plus important de la saison.

Photo REUTERS, REUTERS

La police a procédé à l’arrestation de cet homme à l’extérieur du stade.

Après 21 h, l’horaire initialement prévu pour le coup d’envoi, une journaliste de l’AFP a constaté diverses intrusions au niveau du parvis du stade, au moins une vingtaine de jeunes étant parvenus à passer.

Plus tôt, d’autres ont essayé de forcer un premier barrage filtrant de policiers.

Des gaz lacrymogènes ont été lancés pour empêcher quelques dizaines de jeunes d’escalader des barrières, a constaté l’AFP.  

« Ne forcez pas l’entrée au Stade de France », a prévenu sur Twitter en français, anglais et espagnol la Préfecture de police de Paris, qui avait déployé 6800 policiers, gendarmes et pompiers pour assurer la sécurité du match, avec un œil sur les milliers de fans des « Reds » venus sans billets.

Face à l’attente, les joueurs de Liverpool sont revenus du vestiaire et ont repris à 21 h 07 leur échauffement sur la pelouse. Leurs adversaires madrilènes les ont suivis quelques minutes plus tard.

Après une dizaine de minutes sur le terrain, dans une ambiance surréaliste, ils sont retournés aux vestiaires.

Ce contretemps gâche la belle fête démarrée dans la journée à Paris et Saint-Denis, dans les zones de partisans des deux équipes. Près de 30 000 fans des « Reds » ont notamment peint de rouge le cours de Vincennes, dans la capitale française, dans une ambiance bon enfant.

Sur le terrain, place au « match le plus important du soccer mondial », comme le dit l’entraîneur italien du Real, Carlo Ancelotti : Karim Benzema contre Sadio Mané, Ancelotti face à Jürgen Klopp, la revanche de Mohamed Salah…

Photo PAUL ELLIS, Agence France-Presse

Real Madrid affronte Liverpool au Stade de France.

Plus de 300 millions de téléspectateurs du monde entier étaient attendus devant leur téléviseur pour cet évènement immanquable, selon le patron du Groupe Canal Plus, qui produit le match.

Aucune vedette n’a manqué à l’appel sur le terrain. Les milieux Thiago Alcantara et Fabinho, un temps incertains, sont bien titulaires pour les Anglais, selon leur club.

Côté espagnol, un « onze » sans surprise a débuté, avec un milieu de terrain cinq étoiles, composé de Luka Modric, Casemiro et Toni Kroos.

La « Maison-Blanche » peut allonger son incroyable record avec un 14e trophée, et les « Reds » en conquérir un septième et rejoindre l’AC Milan au deuxième rang des géants européens.

Liverpool-Real devient la première affiche jouée trois fois en finale de C1, mais ce classique est furieusement moderne : il permettra d’éclaircir le duel pour le Ballon d’Or entre Karim Benzema et Sadio Mané.

Pour remporter ce prestigieux prix, qui sera décerné en octobre, Benzema fera figure d’immense favori en cas de sacre européen samedi.

Mané, lui, a manqué la Premier League d’un point, devancé par Manchester City, mais il a remporté les deux coupes nationales en Angleterre.  

L’attaquant a aussi guidé le Sénégal vers sa première Coupe d’Afrique des nations, en février, contre l’Égypte de son partenaire Mohamed Salah.

Ce dernier, autre candidat au Ballon d’Or, avait dû abandonner la précédente finale face au Real à Kyiv en 2018, blessé après une intervention musclée de Sergio Ramos.

Une belle plus qu’une revanche

Plutôt qu’une revanche, il s’agit d’une belle, puisque Liverpool avait gagné la première finale, en 1981 (1-0), au Parc des Princes, à une époque où le Stade de France, construit pour le Mondial 1998, n’existait pas.

Ce titre est resté dans les mémoires des fans de Liverpool, qui ont déferlé sur Paris où on n’avait pas vu tant de supporters de soccer depuis l’Euro 2016.

La finale a aussi offert un superbe duel d’entraîneurs.

Deux fois finaliste malheureux, avec Dortmund en 2013 et Liverpool en 2018, l’Allemand Jürgen Klopp a appris à gagner l’année suivante.

Sur l’autre banc, le « Mister » italien Carlo Ancelotti, qui dirige ses hommes d’un mouvement de sourcil, est un grand spécialiste de l’épreuve, qu’il a déjà remportée trois fois comme entraîneur, avec l’AC Milan (2003, 2007) et lors d’un premier passage à Madrid (2014).

Pourtant, Liverpool lui rappelle aussi un mauvais souvenir : en 2005, son Milan menait 3-0 en finale avant d’être remonté en six minutes par les Reds et de s’incliner aux tirs au but (3-3 a. p., 3 t. a. b. à 2).

Mais cette saison, c’est bien le Real de « Carletto » qui s’est spécialisé dans les remontées fantastiques. Avalé le PSG (0-1, 3-1), bousculé Chelsea (3-1, 2-3 a. p.), renversé Manchester City (3-4, 3-1 a. p.) !

Restait à espérer que les problèmes d’organisation n’empêchent pas le bon déroulement de cette finale de rêve…