Pendant toute la saison, La Presse offre un tour d’horizon hebdomadaire des plus grands moments sur la scène du soccer européen.

Publié le 25 janvier
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

LE MATCH

Lorsqu’il est question de l’Atlético de Madrid, un dicton est toujours de mise : « la souffrance est nécessaire ».

L’attaquant vedette Luis Suarez en parlait en mai 2021, après une victoire à l’arraché contre Osasuna qui menait le club à une seule victoire du titre. « Tout le monde vous dit que la souffrance fait partie de l’identité du club, mais je ne pensais pas que c’était autant le cas », a-t-il lâché.

Encore une fois, samedi, l’Atlético a souffert. Puis souffert encore. Comme un volcan qui rumine jusqu’à son éruption.

Et éruption il y eut. Madrid était mené 2-0 par Valence, à la maison, après la première mi-temps. On se dirigeait vers une quatrième défaite en six matchs en Liga, en plus des expulsions de deux Coupes dans l’intervalle. On aurait fini le week-end au septième rang.

Après une vague de changements près de l’heure de jeu, l’Atlético a repris vie. Le substitut Matheus Cunha a récompensé le choix de son entraîneur Diego Simeone en trouvant une faille à la 64e, en réception de corner. 2-1.

Mais le supplice n’était pas encore terminé. Il a fallu se rendre à la toute fin du temps réglementaire pour que l’Atlético vive sa libération. À la 90e, Ángel Correa, un autre substitut, s’empare d’un retour à l’embouchure et porte la marque à 2-2. Une première secousse se fait sentir au stade Wanda Metropolitano.

On annonce sept minutes de temps ajouté. Madrid n’en demandait pas tant : trois minutes plus tard, sur une passe de Cunha, Mario Hermoso concrétise cette remontée dans un filet ouvert devant lui. C’est 3-2 à la 93e. On imagine des crachats de lave s’échapper du Metropolitano.

Au lieu du septième rang, l’Atlético Madrid est de retour en position de Ligue des champions en quatrième place (36 points), un point devant Barcelone. Le Real Madrid (50 points) a aussi sauvé les meubles en remontant de 2-0 à 2-2 en fin de match contre Elche, et reste leader de la Liga.

LE BUT

On célèbre parfois la course ou le dribble qui précède la frappe pour notre but de la semaine. Pour notre sélection du jour, on ne peut que s’émoustiller devant la trajectoire qu’a prise le ballon après le tir de Hakim Ziyech, pratiquement immobile à l’orée de la surface. Le Néerlandais ouvrait ainsi la marque à la 47e pour Chelsea contre Tottenham.

Ziyech reçoit le ballon après une belle montée de Callum Hudson-Odoi à gauche. Il l’envoie sur son pied gauche. Puis botte le cuir.

On a premièrement l’impression que le globe s’en va dans les gradins à la gauche de la cage… mais non, il recourbe à droite. Et s’insère tout bonnement dans le coin supérieur gauche du filet. Le gardien Hugo Lloris ne peut que constater les dégâts.

Chelsea va l’emporter 2-0 contre Tottenham, une victoire qui consolide sa troisième position (47 points) en Premier League.

LA PERFORMANCE

Il n’y a que de très rares occasions de célébrer lorsque son club se retrouve dans la zone des relégables. Sauf peut-être lorsqu’il réussit à s’en sortir.

Les Girondins de Bordeaux peuvent donc remercier leur Sud-Coréen Ui-Jo Hwang pour son fabuleux triplé, dimanche face à Strasbourg. Cette victoire de 4-3 porte Bordeaux à la 17e position en Ligue 1, à 1 point des lanternes rouges.

Hwang a frappé une première fois à la 17e minute (1-0), profitant d’une erreur d’un défenseur strasbourgeois. Il a complété son tour du chapeau avec un but qui s’avérera crucial à la 90e (4-2), avant que Strasbourg ne fasse 4-3, à la 97e.

Mais c’est le deuxième filet de l’international sud-coréen qui est venu épater la galerie. Un but qui ressemble particulièrement à notre but de la semaine, par ailleurs.

Hwang est complètement seul à droite, et voit l’espace devant lui. Il baisse la tête et fonce. Rattrapé à l’orée de la surface, il tente une sublime frappe enroulée du pied gauche, qui vient choir à la gauche du filet.

Victoire surprise, donc, d’une équipe en grande difficulté contre une formation en position pour jouer en Europe la saison prochaine.

LE MOMENT

PHOTO DANIELE MASCOLO, REUTERS

Edin Džeko

Les championnats européens de soccer, que l’on peut comparer à des marathons, se décident parfois sur des moments bien précis. D’un éclair de génie à une erreur fatidique. Parlez-en à Steven Gerrard.

L’Inter Milan a fait ressortir son esprit de champion italien en titre, samedi, face au Venezia FC. Edin Džeko, vétéran de 35 ans, a permis aux Nerazzurri de garder le cap en tête de la Serie A, avec un but de la tête à la 90e. C’était la matérialisation d’une remontée entamée à la 40e avec l’égalisation de Nicolò Barella.

La semaine précédente, les rivaux de l’AC Milan, aussi à la chasse au titre en Italie, avaient concédé un but crève-cœur à la 96e minute contre La Spezia. Défaite de 2-1.

L’Inter, avec 53 points et un match en main, a donc le bris de service en Italie. Naples et l’AC Milan suivent avec 49 unités.