Pendant toute la saison, La Presse offrira un tour d’horizon hebdomadaire des plus grands moments sur la scène du foot européen

Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

Le moment

Il n’y a pas grand-chose de plus excitant dans le sport professionnel qu’un affrontement entre deux rivaux éternels. Le soccer européen nous en a offert deux le week-end dernier, à Rome et à Londres.

Commençons notre tour d’horizon en Italie, parce que le toujours sulfureux derby romain n’a pas déçu, dimanche. L’explosive victoire de 3-2 de la Lazio face à l’AS Roma a été trépidante jusqu’à la toute fin. Mais il y a bien un moment qui ressort du lot : le but de Pedro pour la Lazio, à la 19minute.

La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, mais il faut admettre que l’Espagnol n’a pas mis de temps à la consommer.

Rappelons les faits.

Jusqu’à cet été, Pedro Rodriguez était un joueur de l’AS Roma. L’arrivée de l’entraîneur José Mourinho avec la Louve est venue sonner le glas de cette association. C’est que Mourinho, ancien technicien du Real Madrid, a toujours eu maille à partir avec l’attaquant espagnol, qui jouait à l’époque pour le FC Barcelone. Les deux se sont ensuite croisés à Chelsea en 2015, et Pedro n’avait pas hésité à l’enguirlander dans les médias après son congédiement.

Le joueur a été complètement ignoré par Mourinho lors du camp estival de la Roma. Sentant la soupe chaude avant la saison, Pedro a décidé de quitter le navire et s’est entendu avec… la Lazio.

Ce qui nous mène à dimanche et ce derby Lazio-Roma. Les Ciel et Blanc mènent déjà 1-0 lorsque Pedro, de sa propre zone, relaie à Ciro Immobile à la gauche. Ce dernier s’avance jusqu’à la surface de réparation, puis remet le ballon à son coéquipier en plein axe. La première touche de l’Espagnol est la bonne : il envoie le ballon dans le coin droit du filet. C’est 2-0 Lazio devant la Roma, Pedro célèbre devant Mourinho, la vengeance est bien entamée et sera complète au coup de sifflet final.

Autre fait notoire de ce savoureux moment : Pedro avait été le dernier marqueur dans ce derby il y a quatre mois, quand la Roma l’avait emporté 2-0.

L’histoire

PHOTO DYLAN MARTINEZ, REUTERS

Emile Smith Rowe a marqué le premier but d’Arsenal, dimanche, contre Tottenham.

Dirigeons-nous dans la capitale anglaise maintenant, où Arsenal s’est délecté d’une victoire convaincante de 3-1 contre Tottenham, à l’Emirates.

Les Gunners se sont imposés rapidement dans ce derby nord-londonien : Emile Smith-Rowe (12minute), Pierre-Emerick Aubameyang (27e) et Bukayo Saka (34e) ont chacun profité des largesses des Spurs en première mi-temps. Seul Son Heung-min (79e) a pu répliquer en deuxième période, alors qu’Arsenal avait levé le pied.

Ce résultat venait confirmer les trajectoires des deux équipes en Premier League : après trois défaites consécutives en entame de calendrier, Arsenal vient d’en gagner trois de suite avec une défense nettement resserrée.

De l’autre côté du nord de Londres, Tottenham était premier de classe après trois victoires de 1-0 en trois matchs ; depuis, c’est trois défaites consécutives au cours desquelles les Spurs ont accordé trois buts. On retrouve donc ces deux rivaux en milieu de tableau avec neuf points chacun après six matchs, mais ils semblent se diriger dans deux directions opposées.

Le match

Vous vous souvenez de Brentford, surprenant vainqueur d’Arsenal en tout début de saison ? Ce club londonien, qui dispute sa première saison en Premier League depuis 74 ans, vient de faire un coup semblable à Liverpool dans une rencontre endiablée.

Ce match nul de 3-3 est allé dans toutes les directions. Brentford a frappé en premier, alors que Liverpool a pris les devants deux fois. Mais les Bees n’ont jamais été déclassés et ont fini par égaliser en marquant le sixième et dernier but du match à la 82minute, gracieuseté de Yoane Wissa. Mission accomplie par l’essaim de Brentford : les Reds étaient piqués… mais devraient s’en remettre rapidement, au vu de leur première position au classement.

Ce qui ressort des matchs de l’équipe de Thomas Frank depuis son arrivée en Premier League, c’est le courage de ses joueurs, leur désir offensif. On ne peut pas dire que les buts de Brentford étaient d’une grande beauté samedi, mais c’est cet enthousiasme qui mène les joueurs à pousser le jeu au maximum. Avec les résultats que l’on voit.

Brentford, complètement décomplexé, est en train de s’acquérir la réputation d’une équipe qui ne sera jamais facile à affronter. Bien des clubs aux noms plus prestigieux aimeraient se targuer de cette qualité.

Le but

Un match épique, des buts théâtraux. Ce 3-2 remporté par le RC Lens contre l’Olympique de Marseille a donné lieu à tout un spectacle, dimanche, en Ligue 1.

C’est le Polonais Przemysław Frankowski qui s’est le plus distingué, avec son irrésistible frappe du pied gauche du coin droit de la surface de réparation à la 27minute.

Le défenseur central Luan Peres va peut-être faire des cauchemars en repensant à la façon dont Frankowski l’a tout simplement écarté du portrait en faisant passer le ballon vers son pied gauche avant de prendre son tir. Un tir superbement enroulé, d’ailleurs, venu s’installer confortablement au coin supérieur gauche du filet marseillais.

Les deux buts de Dimitri Payet, dont un qui aurait tout aussi pu être honoré dans cette rubrique, ont permis à Marseille de faire 2-2, avant que Wesley Saïd ne confirme finalement la victoire de Lens, à la 71minute. Les Lensois se retrouvent désormais en deuxième position en championnat, mais tout de même à neuf longueurs du Paris Saint-Germain.

L’affrontement européen

PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS

L’attaquant Kylian Mbappé, du Paris Saint-Germain

Parlant du PSG… Manchester City sera le visiteur à Paris, mardi à 15 h, lors de la deuxième journée de la Ligue des champions.

Il s’agit probablement du match le plus attendu de cette semaine européenne.

Des deux équipes, c’est certainement le PSG qui a le plus besoin d’une victoire, puisqu’il n’avait pu faire mieux qu’un match nul de 1-1 contre Club Bruges il y a deux semaines. Il s’agissait pourtant de l’adversaire le plus accessible de ce groupe particulièrement relevé. L’entraîneur Mauricio Pochettino espère pouvoir compter sur Lionel Messi, qui a été exclu des deux dernières rencontres, blessé.

De l’autre côté, Manchester City n’avait fait qu’une bouchée du RB Leipzig (6-3) et s’est offert une belle victoire contrôlée de 1-0 contre Chelsea le week-end dernier.

On suivra aussi l’affrontement entre Manchester United et Villarreal mercredi, une reprise de la finale de la Ligue Europa de l’an dernier. Les Espagnols l’avaient alors emporté au terme d’une folle séance de 22 tirs au but.

Après le scintillant retour de Cristiano Ronaldo à Old Trafford, United passe présentement un mauvais calvaire. Humilié par Young Boys à Berne à la mi-septembre, puis sorti de la League Cup par West Ham la semaine dernière, avant même d’être battu encore une fois à la maison par Aston Villa ce week-end : il faut retrouver du lustre de ce côté de Manchester.

Villarreal vient de tenir en échec le Real Madrid (0-0) en Liga et avait obtenu un bon résultat face à l’Atalanta (2-2) en lever de rideau européen. Il sera un adversaire coriace pour Manchester United.