La Ville de Montréal a annoncé mardi le retrait de sa candidature pour accueillir la Coupe du monde de la FIFA en 2026. La métropole explique cette décision par le « retrait de l’appui du gouvernement du Québec ».

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« À la suite du retrait d’un partenaire financier majeur, la Ville de Montréal a eu des échanges soutenus et répétés avec ses partenaires afin d’évaluer différentes options et de convenir des prochaines étapes. Malheureusement, le manque de financement entraîné par le retrait de l’appui du gouvernement du Québec empêche Montréal de poursuivre les étapes de sélection comme ville hôte pour la Coupe du monde FIFA 2026 », indique un communiqué laconique diffusé par la Ville mardi matin.

« Depuis le début de cette candidature, la Ville de Montréal et ses partenaires ont fourni tous les efforts nécessaires pour assurer le meilleur succès d’une participation à l’aventure Unis 2026 », poursuit le communiqué, dans lequel la Ville souhaite bonne chance à Toronto et à Edmonton pour leur candidature respective.

Le CF Montréal a dit avoir appris « avec regret » que la Ville de Montréal se retirait du processus de sélection des villes hôtes candidates pour la Coupe du monde.

« Être partie prenante de l’évènement sportif phare de la planète représentait pour notre ville une [occasion] unique, non seulement pour la croissance de notre sport, mais aussi pour faire rayonner encore davantage notre métropole [dans] le monde », a réagi le club, dans une déclaration écrite.

Quatre matchs, retombées de 173 millions

La Ville anticipait des retombées économiques de 173 millions en produit intérieur brut direct et indirect, seulement pour Montréal, avec la tenue de quatre matchs de la Coupe du monde de soccer au Stade olympique.

La participation financière pour la Ville de Montréal uniquement était estimée à 79 millions, en incluant la mise aux normes de certains équipements.

Le gouvernement du Québec avait annoncé en janvier dernier qu’il ne soutiendrait pas financièrement la candidature de Montréal pour accueillir des matchs de la Coupe du monde de soccer 2026, et la mairesse Valérie Plante avait alors affirmé que ce retrait mettait en péril la candidature montréalaise.

La contribution financière qui était attendue du gouvernement provincial représentait 103,4 millions.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Caroline Proulx, ministre du Tourisme

« Dans le contexte actuel de la pandémie, il était impossible, pour notre gouvernement, de justifier une dépense de fonds publics aussi élevée, et qui continuait de grimper, pour appuyer la candidature de Montréal comme ville hôtesse », a expliqué la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, dans une déclaration envoyée par courriel.

« En 2018, les contributions évoquées étaient de 50 millions par palier gouvernemental pour la tenue de six matchs. On nous demandait maintenant 103,4 millions pour trois matchs », a rappelé Mme Proulx.

Évaluer la facture finale était un exercice risqué, car on nous demandait aussi de nous engager immédiatement à supporter de nombreux coûts, encore inconnus, associés au dossier de candidature.

Caroline Proulx, ministre du Tourisme, dans une déclaration envoyée par courriel

La ministre souligne que son gouvernement soutient Montréal d’autres façons, par des investissements importants pour la relance du tourisme. « Et nous restons à l’affût d’autres évènements d’envergure pour Montréal qui seront gagnants-gagnants pour tous », conclut-elle.

Du côté de Tourisme Montréal, on dit accepter le constat que le contexte nécessaire à la tenue de l’évènement « n’était pas au rendez-vous », malgré ses efforts importants, avec différents partenaires.

« Nous saluons la collaboration des partenaires et des autorités publiques aux démarches de Tourisme Montréal pour attirer des évènements sportifs majeurs, qui génèrent des milliers de visiteurs dans la métropole. Pour les sports, Montréal demeure une destination de premier plan en Amérique du Nord et dans le monde, nous avons hâte d’accueillir nos prochains évènements sportifs majeurs dans un futur proche », a indiqué l’organisme, par courriel.

« Manque de vision »

Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal, a quant à lui affirmé que cette décision de la Ville représentait un « échec cuisant » et un « manque de vision » de l’administration de la mairesse Plante.

« Montréal vient de rater un important rendez-vous qui ne se représentera pas de sitôt. Tout nous porte à croire que Projet Montréal n’a jamais été très enthousiaste à la venue de la FIFA à Montréal et qu’elle cherchait une façon de s’en sortir, sachant que sa base militante s’oppose aux évènements sportifs d’envergure », a déclaré M. Coderre dans un communiqué.

« Le retrait de Montréal du groupe restreint de villes canadiennes pouvant recevoir ce prestigieux tournoi sportif démontre une fois de plus le manque de leadership de l’administration, qui ne cesse de blâmer le gouvernement provincial pour sa propre inaction. Il s’agit d’une preuve supplémentaire de la relation laborieuse entre Québec et l’administration Plante », a ajouté Lionel Perez, chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal.

La Coupe du monde de soccer se tiendra en 2026 dans plusieurs villes d’Amérique du Nord. La liste finale des villes hôtes doit être dévoilée au cours de l’année 2021.