À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

L’adage s’appliquait bien à l’Impact de Montréal, samedi après-midi au Stade olympique, à la suite de sa victoire de 2-1 en match d’ouverture de la MLS, devant 21 006 spectateurs.

L’équipe disputait en effet une deuxième rencontre en seulement quatre jours, chaque fois sur une surface artificielle ; elle affrontait un club, le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, ragaillardi en deuxième moitié de saison l’an dernier à la suite de l’embauche du légendaire entraîneur Bruce Arena. L’Impact affrontait en autre une formation aux antipodes de l’adversaire de mercredi, Saprissa, tout en continuant d’apprivoiser un nouveau système de jeu.

« Quand je vois Romell (Quioto) au bord des crampes continuer à courir alors qu’il a donné mercredi, Saphir Taïder dans les dernières minutes revenir pour empêcher la frappe dans la surface, quand je vois les mecs devant se battre, les jeunes qui entrent, ça commence à ressembler à quelque chose », a déclaré après le match l’entraîneur Thierry Henry, dont chaque intervention depuis son arrivée à Montréal constitue un bijou d’analyse et de prose.

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

L’Impact a encaissé le premier but dès la 13e minute, sur une reprise de volée de Teal Bunbury, à la suite d’un corner, mais s’est pas laissé abattre et multiplié les attaques.

L’attaquant Romell Quioto, obtenu du Dynamo de Houston en retour du défenseur Victor Cabrera, a provoqué l’égalité à la 37e minute sur une tête, à la suite d’un corner là-aussi. Il a redirigé le ballon à la suite d’une première tête du défenseur Joel Waterman.

Le jeu s’est animé en fin de rencontre. Le Revolution croyait avoir marqué à la 73e minute, mais le but a été refusé par l’arbitre en raison d’un hors-jeu détecté à la suite d’une révision vidéo.   Sept minutes, plus tard, Max Urruti marquait le but gagnant en lobant le ballon au-dessus d’un gardien un peu trop intrépide. Il venait de recevoir une belle passe lobée de Taïder.

« J’ai vu le gardien s’avancer alors que j’étais en pleine course, je n’ai pas hésité et j’ai tiré sur-le-champ », a mentionné l’auteur du but gagnant après la rencontre.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

L'entraîneur de l'Impact Thierry Henry

Urruti a été l’objet de nombreuses critiques l’an dernier en raison de ses maigres quatre buts pour un salaire avoisinant le million de dollars. « Maxi, tout le monde me demande s’il peut compter, il l’a fait, j’espère que c’est le début d’une longue série, a commenté Thierry Henry. On a marqué sur une action qu’on n’arrête pas de travailler à l’heure actuelle et Maxi fait super bien. Je lui ai dit qu’il aurait pu marquer trois buts. C’était celui de la victoire.

Le coach est heureux de voir que la nouvelle stratégie semble porter fruit. L’Impact n’a toujours pas perdu en trois rencontres, après ses deux nulles qui lui ont permis de passer en quarts de finale de la Ligue des champions de la Concacaf.

Henry tente en effet d’instaurer une défense à cinq qui n’en est pas une, puisque les deux latéraux sont appelés à appuyer l’attaque. La stratégie a permis au jeune latéral gauche Zachary Brault-Guillard de provoquer de nombreuses étincelles.

« Ça me fait rire quand on parle de défense à cinq, lance Thierry Henry. Quand on n’a pas la balle, c’est une défense à cinq. Quand on a la balle, c’est une défense à trois. J’essaie de l’expliquer aux gens. Quand on dit défense à cinq, ils pensent qu’on va défendre. On l’a fait dans les dix dernières minutes, mais mis à part ça, on a attaqué. Vous avez vu Zach et Jorge (Corrales) centrer souvent. Ça veut dire qu’ils étaient bien hauts. On arrivait à les trouver sur les côtés et l’adversaire, ne savait plus qui prendre. »

Samuel Piette, capitaine en l’absence de Jukka Raitala, blessé pour plusieurs semaines, aime la nouvelle stratégie de l’Impact. « J’aime bien ce système. Pour certains, c’est assez nouveau, on est moins nombreux au milieu, mais ça nous donne de la largeur et on en a profité, surtout du côté de Zach. C’est un très bon schéma. »

Henry est aussi très fier de l’adaptation de ses joueurs sur le terrain par rapport au match précédent. « Je leur ai dit avant le match qu’on aurait peut-être davantage la balle aujourd’hui. Saprissa ne nous la donnait pas. Il fallait savoir quoi faire quand on aurait le ballon. On a travaillé très fort ces derniers jours à cet effet. Parfois, il faut s’adapter à ce que l’autre équipe vous donne.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Maximiliano Urruti et Henry Kessler

L’Impact a sept jours pour lécher ses plaies avant le prochain match, samedi à Dallas, sur pelouse naturelle. Le repos ne sera pas de trop après deux matchs sur surface synthétique dure. « C’est dur, ça fait mal », a confié Piette. « J’avais mal au genou à la fin. Quand tu tombes, tu saignes un peu plus que sur la pelouse naturelle. Mais il fallait mettre notre corps à l’épreuve aujourd’hui. C’était dur aussi pour la circulation du ballon, les ballons qu’on recevait n’étaient pas toujours très " clean " ».

Difficile de demander mieux en ce début de saison. « Ça n’est pas parfait, la seule qui a fait ça, une note parfaite de dix, c’est Nadia Comaneci, et c’était ici même, n’est-ce pas ? », a conclu Thierry Henry, qui décidément, ne manque jamais d’esprit…