(Montréal) L’Impact de Montréal a perdu l’un des plus grands joueurs de son histoire au profit du club argentin San Lorenzo lundi, mais il espère en avoir récupéré un moins de 24 heures plus tard. Et qui sait si d’autres ne s’ajouteront pas à la formation montréalaise à court, moyen ou long terme.

La Presse canadienne

Au lendemain de la fin de l’association de six ans entre l’Impact et Ignacio Piatti, la formation montréalaise a confirmé qu’elle avait obtenu, via un transfert sans frais, le milieu de terrain central Emanuel Maciel. L’acquisition sera confirmée après la réception de son certificat de transfert international et de son visa de travail.

La nouvelle, qui est venue confirmer les rumeurs qui circulaient déjà lundi soir, a été annoncée via un communiqué qui met à l’avant-plan une notion dont on n’entend pas souvent parler : celle d’une « relation de coopération stratégique » avec le club argentin San Lorenzo.

« Nous sommes heureux d’accueillir avec nous Emanuel, un jeune joueur prometteur », a déclaré le directeur sportif de l’Impact, Olivier Renard, dans le communiqué officiel.

« Nous espérons aussi avoir forgé une relation avec San Lorenzo pouvant encourager des joueurs de ce club à suivre les traces de "Nacho" Piatti et faire le saut en MLS avec nous, en commençant d’abord par Emanuel Maciel », a aussi mentionné le directeur sportif de la formation montréalaise.

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Ignacio Piatti

Renard n’étant pas disponible pour discuter avec les médias mardi soir, il demeurait difficile de comprendre les objectifs que vise la formation montréalaise par cette « relation de coopération stratégique ».

En attendant, elle a permis à l’Impact de mettre la main sur un milieu de terrain âgé de seulement 22 ans sans devoir verser une compensation monétaire au San Lorenzo.

Maciel a pris part à une rencontre en Superliga avec San Lorenzo, disputant les 90 minutes lors d’un match d’ouverture contre Godoy Cruz, le 27 juillet. Il avait auparavant évolué avec l’équipe des moins de 20 ans de San Lorenzo.

Plus tôt en journée, l’Impact avait fait l’acquisition d’une place de joueur étranger des Timbers de Portland en retour d’un montant d’allocation générale de 150 000 $ pour 2020.

Une situation compliquée

Renard a par ailleurs pris le temps mardi d’expliquer les événements ayant mené au départ de Piatti, alors que l’équipe, en novembre, s’était prévalu de la clause optionnelle au contrat du milieu de terrain en vue de 2020.

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Olivier Renard

Au passage, le directeur sportif a dit comprendre l’inquiétude qui pouvait envahir les partisans de l’équipe au cours des récentes semaines, mais il a noté que la situation s’était avérée assez compliquée.

« On avait levé l’option parce que Nacho avait passé, même vis-à-vis de vous, des messages comme quoi il était très content à Montréal et nous, on était très content de la qualité du joueur », a-t-il d’abord déclaré aux journalistes en Floride.

« Après, c’est vrai que dès le premier rendez-vous et par coups de téléphone, il nous a fait un peu savoir sa grande envie de vouloir rentrer du côté familial, qui est un point très important. Par rapport à ce que Nacho a apporté pour ce club, je pense que c’est important que l’Impact de Montréal écoute ses besoins », a ajouté Renard.

Selon ce dernier, des scénarios de solution ont commencé à naître au cours des dix derniers jours.

« On a travaillé pour, et pour finir, on a trouvé, je pense, la meilleure solution aussi bien pour lui que pour le club de l’Impact de Montréal », a affirmé Renard.

De leur côté, Samuel Piette, Maximiliano Urruti et Evan Bush affichaient un mélange de sérénité et de tristesse à la suite du départ de Piatti.

« Évidemment, Nacho, c’est une grande perte pour nous autant sur le terrain mais surtout à l’extérieur du terrain, a déclaré Piette. C’est une personne incroyable, une personne formidable à avoir dans le vestiaire. Et évidemment, à quel point son impact sur le jeu était grand pour nous. Mais je sais que pour lui, surtout pour sa situation familiale, c’est le mieux. Je suis content pour lui. »

Bush a tenu des propos dans le même sens. Lundi, il avait écrit sur Twitter qu’il allait beaucoup s’ennuyer de Piatti.

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Evan Bush

« Tout le monde savait que ç’a allait arriver à un moment ou un autre, mais le jour officiel marque la fin d’une époque. Et c’est sûr qu’il s’agit d’une triste journée, triste pour le club, triste pour les joueurs dans le vestiaire. Nacho est l’une des meilleures personnes que vous pouvez rencontrer. Nous lui souhaitons tout ce qu’il y a de mieux. Son dernier enfant n’a que quatre mois je pense, et vous ne pouvez pas manquer les premières années de la vie de votre enfant. Nous le comprenons très bien. »

Urruti était bien sûr triste de perdre un compatriote et un ami proche.

« Nacho est très important pour l’équipe, pour les partisans. Lorsque je suis arrivé à Montréal, Nacho et moi avons demeuré ensemble. La chose la plus importante, c’est qu’il soit heureux. »