Ignacio Piatti se savait attendu. Sans même que la première question ne soit posée, le joueur désigné s’est lancé dans un petit état de la situation, mardi, lors de l'ouverture du camp d'entraînement de l'Impact. « Je suis ici parce que j’ai un contrat avec l’Impact. Tout va bien. Aujourd’hui, c’est le premier entraînement et on va continuer. »

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Comme c’est désormais une habitude depuis ses débuts à Montréal, la situation de l’Argentin, qui fêtera ses 35 ans le mois prochain, suscite bien des interrogations. Il y a les éternelles rumeurs d’un retour en première division argentine, son absence lors du bilan de fin de saison ou encore l’évolution de sa blessure au genou droit qui l’avait limité à une poignée de matchs en 2019.

D’un point de vue physique, il s’est fait très rassurant. « Mon genou va bien. Il est à 100 %. » Pour le reste, les zones grises sont toujours aussi nombreuses. S’il ne s’est pas présenté devant la presse, en octobre dernier, c’est par pure étourderie... « J’ai parlé avec Olivier [Renard] et, quand on a fini, j’avais des choses à faire et j’ai oublié qu’il y avait les médias. Il n’y a pas de problème. »

Cet épisode a relancé le débat sur la volonté de Piatti de rester avec l’Impact en 2020. Si le numéro 10 aime profondément l’environnement montréalais depuis le premier jour, souhaitait-il y poursuivre l’aventure alors que sa situation familiale évolue ? Aurait-il aimé être fixé sur son sort plus tôt ? C’est ce qu’il semble indiquer même si certains propos du président Kevin Gilmore laissaient deviner, dès le mois de juillet, que son année d’option allait être exercée.

« En juin, juillet, je devais prendre une décision pour l’inscription de ma fille à l'école ici et ma femme était enceinte. Je suis arrivé en octobre et je ne savais pas. Maintenant, la famille est en Argentine et c’est une année difficile. Mais comme j’ai un contrat ici, je suis ici. »

Il restera maintenant à voir si Piatti ira au bout de la saison. Mardi, il n’a rien garanti en plaidant l’incertitude qui règne dans le milieu du ballon rond. S’il s’est dit heureux de retrouver ses coéquipiers et de participer à un premier entraînement sous les ordres de Thierry Henry (« C’était un grand joueur que je regardais à la télévision »), il ne s’est donc pas avancé sur son avenir.

« C’est comme ça chaque année, tu ne peux pas dire ce qui va se passer. C’est vrai pour tout le monde. Par exemple, Saphir [Taïder] est ici, mais il peut arriver un club qui va payer pour un transfert. Maintenant, je suis ici et j’ai la tête ici. Je ne sais pas ce qui va se passer demain ou après-demain.

« Tout le monde parle en Argentine, c’est comme ça, a-t-il ajouté sur les rumeurs qui pullulent dans son pays natal. Quand je suis arrivé en 2014, ils disaient, dès la saison suivante, que j’allais retourner à San Lorenzo. Toutes les années, ça parle de ça. J’ai un contrat à Montréal et je pense à Montréal. »

Piatti n’a disputé que 11 rencontres de saison régulière en 2019. Son année a vite pris une mauvaise trajectoire à la suite d’un tacle du défenseur d’Orlando City, Ruan. Il a effectué quelques apparitions par la suite, mais sans grand impact.

«J’ai tout fait pour jouer, a-t-il indiqué. J’ai fait deux fois des infiltrations et j’ai même joué avec beaucoup de douleur. Je voulais aider l’équipe, j’ai essayé jusqu’à la fin, mais mon genou n’était pas bien. »

« Nacho est bien mentalement et physiquement. On a fait les tests et il était devant, a révélé Henry. Depuis mon arrivée, j'entends pas mal de bruit par rapport à lui. Il y en aura toujours parce que c'est un joueur extraordinaire et qu'on parlera toujours de lui quoi qu'il arrive. Pour moi, il est là et c'est le plus important. On verra ce qui se passera après. »