Cette fois, la combativité n’a pas fait défaut, mais l’Impact, coupable de plusieurs erreurs défensives, a chuté par la marque de 4-3 face au Toronto FC, dans le cadre du tournoi de relance de la MLS.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Même à Orlando, dans le contexte particulier que l’on connaît, un match entre Montréalais et Torontois a toujours ce petit quelque chose en plus. Hier soir, on a vu 7 buts, dont 5 dans les 37 premières minutes, des occasions et des erreurs défensives de chaque côté. Beaucoup d’erreurs.

« Dans ce tournoi, celui qui va faire le moins d’erreurs va gagner, a tranché Thierry Henry. Malheureusement, on fait plus d’erreurs qu’eux, notamment sur le plan défensif. Sur les buts, ce sont des erreurs d’école, des choses qui ont été travaillées, retravaillées et re-retravaillées. […] Si on donne des buts comme on l’a fait en première mi-temps, ça devient difficile. »

Malgré le résultat, la copie rendue a été meilleure que face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre. Outre qu’il a fait preuve de combativité, l’Impact a mieux tenu le ballon et s’est davantage approché du but adverse. Cette fois, ce sont donc des absences défensives, dans le positionnement, la concentration – avec ce but concédé tout juste après avoir égalisé – ou le défi physique, qui ont causé sa perte. Son adversaire, efficace en contre-attaque, n’avait pourtant eu que trois jours de repos depuis son dernier match.

Henry a conservé la même formule en 3-5-2 utilisée en deuxième mi-temps face au Revolution, mais il a changé pas mal de pièces à l’intérieur de son casse-tête. « Pour rectifier certaines choses sur le plan défensif », a-t-il concédé, mais aussi parce que Joel Waterman et Rudy Camacho n’étaient pas disponibles.

On a longtemps vu Victor Wanyama en défenseur central. S’il a été à la hauteur, ce positionnement a eu pour fâcheuse conséquence de limiter son empreinte dans le jeu. Selon Henry, le Kényan a rattrapé « pas mal de coups sur des ballons en profondeur. » Il le fallait bien, tant ses partenaires défensifs, comme Jukka Raitala et Shamit Shome, ont connu une soirée pénible. Signe du mécontentement vis-à-vis de la défense, Shome et Luis Binks ont d’ailleurs été sortis à la mi-temps.

Comme Samuel Piette la semaine dernière, Shome s’est retrouvé dans un poste inhabituel de latéral droit où il n’a pas fait le poids défensivement et a peu apporté offensivement. Encore une fois, Zachary Brault-Guillard, plus adapté aux exigences du poste, a repris cette position à la mi-temps. « Shamit a joué 45 minutes et Zach a joué 45 minutes. On a créé bien plus de choses du côté gauche que du côté droit, même si Zach a eu quelques occasions à la fin. On essaie de trouver une façon d’être solides défensivement, mais ça n’a pas fonctionné », a regretté Henry.

On ne peut pas reprocher à Henry de ne pas s’adapter, en cours de match, lorsque les individualités déçoivent ou que la copie collective s’essouffle. Outre les deux changements de la mi-temps, il s’est tourné vers un 4-3-3 dans le dernier quart d’heure en remplaçant Emanuel Maciel par Anthony Jackson-Hamel, auteur d’une entrée intéressante. C’est à ce moment que Wanyama a retrouvé sa place au milieu de terrain.

Maciel et Quioto s’illustrent

La rotation de l’effectif a permis à Maciel de faire ses débuts avec l’Impact. Acquis cet hiver de San Lorenzo, le milieu de terrain argentin s’est vite fait remarquer par sa qualité dans le jeu court et dans le jeu long. C’est lui qui a adressé le ballon en profondeur à Romell Quioto lors de la première égalisation montréalaise.

Quioto, déjà décisif avant la pause causée par la pandémie, a de nouveau fait des étincelles. La qualité de ses appels et son calme dans la surface feront énormément de bien à l’Impact cette saison. Hier, en tout cas, il a marqué et provoqué le premier penalty transformé par Saphir Taïder (36e). Maciel et Quioto ont logiquement montré des signes de fatigue par la suite, mais l’impression reste très bonne.

« Les deux ont fait un match énorme. Maciel a été immense. Les gens ne le connaissent pas beaucoup, mais il a été bon à l’entraînement et on attendait de voir quand on allait pouvoir le faire jouer », a expliqué Henry.

Ce deuxième revers en deux matchs place le onze montréalais dans une situation précaire pour la suite de la compétition. Une victoire contre D.C. United sera nécessaire, mardi à 22 h 30, pour qu’il espère poursuivre le séjour à Orlando. Les deux premiers de chaque groupe et les quatre meilleurs troisièmes accéderont aux matchs à élimination directe.

Le Toronto FC, lui, compte 4 points au compteur. La principale histoire de son tournoi concerne Ayo Akinola (3 buts), un natif du Michigan qui a grandi en Ontario. Il a inscrit un triplé, hier, pour un total de 5 buts en 2 matchs.

Au niveau de la sélection nationale, l’attaquant, issu de l’Académie du TFC, pourrait représenter les États-Unis, le Canada ou encore le Nigeria, le pays de ses parents. Ce nouvel acteur de la rivalité entre l’Impact et le TFC sera à surveiller…