Le verdict nul in extremis de D.C. United contre le Toronto FC grâce à deux buts tardifs, lundi, représente un scénario idéal pour l’Impact de Montréal en vue du reste du tournoi de relance de la MLS.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

C’est du moins ce qu’a estimé le vétéran Rod Fanni, défenseur, lors d’une vidéoconférence.

« On n’a pas encore eu beaucoup l’occasion d’en débattre, mais ayant vu un petit peu ce match-là, on a vu une équipe de Toronto qui avait de l’allant vers le début et qui s’est un peu plus relâchée vers la fin. Quelque part pour nous, c’est le résultat parfait. C’est ce qui permet à ces deux équipes de ne pas s’éloigner, et de pouvoir avoir toutes les cartes dans nos mains pour la suite », estime Fanni.

Pas plus tard que jeudi, les joueurs de l’Impact auront une idée si ce score final de 2-2 laissera des traces psychologiques chez le Toronto FC. Les deux formations canadiennes croiseront alors le fer pour la première fois depuis la finale du Championnat canadien, en septembre dernier.

À cet égard, Fanni voit deux réactions possibles chez ses adversaires.

« Je pense que j’aurais une certaine frustration d’avoir pris ces deux buts à la fin. Moralement, c’est très difficile, surtout que c’est beaucoup d’efforts dans ces chaleurs. Ce n’est vraiment pas facile », a-t-il d’abord observé.

« À côté de ça, a-t-il noté en contrepartie, ils vont faire beaucoup plus attention contre nous, ils vont être beaucoup plus vigilants. Il y a du bon, il y a du moins bon. C’est sur le moment que l’on va vraiment déterminer ce qu’il en est. »

Outre l’aspect psychologique, il y a aussi les conséquences physiques pour la troupe de Greg Vanney, qui a vu ce match contre D.C. United reporté non pas une, mais deux fois.

Le duel devait d’abord avoir lieu vendredi soir, mais a été déplacé à dimanche matin parce que le Toronto FC était arrivé plus tard que prévu en Floride. Des résultats de tests de dépistage de la COVID-19 dévoilés dimanche ont retardé le match de 24 heures additionnelles.

Ce dernier report a incité les dirigeants de la MLS à déplacer le match entre l’Impact et le Toronto FC de mercredi à jeudi (20 h). Ainsi, la troupe torontoise aura eu un peu plus de 72 heures pour récupérer tandis que les joueurs de Thierry Henry auront profité d’une semaine complète pour se préparer.

« Je pense que ça nous donne un avantage, pour l’instant, mais on ne sait jamais », a observé Fanni, avec sagesse.

Parfois, vous pensez avoir l’avantage et vous vous faites surprendre. Nous allons devoir demeurer concentrés et prendre ce match très sérieusement.

Rod Fanni

Ce dernier aspect est d’autant plus important que l’Impact s’est placé dans une position désagréable dans le groupe C en s’inclinant 1-0 contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre jeudi dernier. Dans les minutes qui ont suivi, Henry n’a pas caché sa déception et a pointé un manque de volonté chez ses joueurs.

« On sait qu’on est capables de beaucoup mieux que ça. On a montré beaucoup mieux que ça quand on a repris la saison avant cet épisode de COVID-19 », a admis Fanni.

« On a vraiment envie de prendre les choses en main. On tient à faire du jeu, on tient à afficher une identité. C’est sûr que Toronto, pour nous, ça a toujours une saveur spéciale. On connaît la rivalité entre Toronto et Montréal. C’est sûr qu’on les attend de pied ferme. Je pense qu’eux aussi, de leur côté, et ça laisse présager un match engagé », a ajouté Fanni.

« L’approche est toujours la même, a fait remarquer Maximiliano Urruti. Ce qui importe le plus, c’est le groupe et de s’entraîner avec ardeur. Ce sera un match très important, et nous avons besoin de jouer avec concentration lors de ce match et le suivant. »

Saba opéré

Par ailleurs, le milieu de terrain Steeven Saba a été opéré au pied gauche la semaine dernière et sera absent pendant une période minimale de trois ou quatre mois, selon ce qu’a appris La Presse canadienne.

Saba a lui-même annoncé sur Twitter, mercredi, qu’il avait été opéré avec succès.

Il s’était blessé lors d’une séance de course à pied à Montréal le printemps dernier. Le président de l’Impact, Kevin Gilmore, avait éventuellement ébruité la nouvelle en mai, au moment où l’équipe attendait toujours la permission des autorités de santé publique pour amorcer les entraînements individuels en plein air.

L’équipe avait alors fait savoir que la période de convalescence de Saba serait de 8 à 12 semaines. Cependant, la blessure tardait à guérir, et c’est ce qui a incité les médecins à procéder à l’opération.