La Major League Soccer et ses joueurs avaient l’impression d’avoir accompli quelque chose après avoir conclu une entente de principe concernant la nouvelle convention collective en février, alors que la ligue se dirigeait vers sa 25e saison.

Tim Booth
Associated Press

« Je crois que nous étions satisfaits en février, a commenté le représentant des joueurs des Sounders de Seattle Harry Shipp. C’était un partenariat constructif, au cours duquel nous avons pris 18 mois pour comprendre où se dirigeait la ligue, ce que les deux parties convoitaient, et nous sommes véritablement parvenus à trouver un terrain d’entente. »

Tout ça a cependant été jeté à la poubelle à la suite de la pandémie du coronavirus, du moins au sujet du sentiment de satisfaction que les joueurs ressentaient par rapport à la ligue et aux dirigeants.

L’Association des joueurs de la MLS a ratifié une convention collective remodelée cette semaine qui permettra au circuit Garber de relancer ses activités cet été avec un tournoi en Floride — ils s’y plieront, mais une certaine amertume par rapport aux tactiques de négociation utilisées par la MLS. Ils sont surtout frustrés par la position de la MLS, et sa menace de déclarer un lock-out qui aurait empêché les joueurs de toucher leur salaire et les avantages sociaux en pleine pandémie de COVID-19.

« Nous étions à l’écoute. Nous voulions collaborer. Nous voulions une entente qui soit bénéfique pour tout le monde, à un moment très difficile de l’histoire, a évoqué le défenseur d’Atlanta United, Jeff Larentowicz, qui est membre du comité exécutif du syndicat des joueurs. Proférer ce genre de menace, alors qu’ils nous demandent de collaborer afin de trouver des solutions pour se sortir de la situation actuelle, ça ne me plaît guère. Je ne suis pas le genre de gars à garder une certaine rancœur, même si c’est difficile à avaler, mais ça va me prendre un certain temps pour digérer tout cela. »

Larentowicz n’est pas le seul à avoir de la difficulté à encaisser la menace. Les joueurs étaient déjà préoccupés par la possibilité de devoir quitter leurs proches pour se rendre en Floride — pour la majeure partie du mois de juillet — pour prendre part à un tournoi qui relancera les activités de la MLS, après seulement deux parties régulières. Et on ne parle pas des préoccupations associées au coronavirus et aux mesures que les joueurs et la ligue devront adopter pour se protéger contre la COVID-19 alors qu’ils seront en Floride.

Néanmoins, Shipp estime qu’il était préférable pour les deux parties de s’entendre à long terme. La nouvelle convention collective arrivera à échéance en 2025, et elle comprend des réductions salariales de l’ordre de 7,5 % pour la saison en cours, afin de compenser les pertes financières associées à la pandémie.

« S’il faut tirer du positif, c’est que les joueurs ont vraiment pris le temps de comprendre les enjeux, toutes les nuances qui découlent de ceux-ci, et que les leçons apprises ici nous permettront de mieux nous préparer pour la prochaine ronde de négociations, a évoqué Shipp. Je crois cependant que la ligue devra travailler fort afin de rétablir le lien de confiance avec les joueurs. »