Le mois de juillet qui s'achève aura été marqué par deux grandes périodes pour l'Impact. Après le déluge de buts encaissés et les débuts de matchs pénibles, le onze montréalais a retrouvé sa sérénité défensive sous l'impulsion du nouveau schéma tactique. Cela lui a permis de stopper le Sporting Kansas City, samedi, en l'emportant 1-0 au stade Saputo.

Pascal Milano LA PRESSE

Dans le 4-4-2 utilisé pendant une dizaine de matchs, l'efficacité offensive a longtemps masqué les carences défensives, ainsi que le déséquilibre à la perte du ballon. Avec le 4-3-3, Patrice Bernier peut au moins compter sur l'aide de Davy Arnaud qui, à défaut d'être efficace en possession, ne ménage jamais ses efforts. Cette nouvelle structure et une prise de conscience ont donc permis à l'Impact de ne pas encaisser de buts contre le FC Dallas et le Sporting. C'est la première fois de la saison que l'Impact ne cède pas lors de deux matchs consécutifs.

«C'était important d'avoir toujours quelqu'un au milieu et qu'il n'y ait plus ces grands espaces comme on l'a vu dans le 4-4-2, a indiqué l'entraîneur adjoint Mauro Biello à propos du nouveau schéma. Quand les deux milieux [axiaux] étaient hors position, il y avait trop d'espace que l'adversaire pouvait utiliser pour nous faire mal. En retournant à ce schéma, on ferme mieux le milieu, tout en donnant plus d'appui aux défenseurs centraux.»

Cette nouvelle organisation a donc permis à l'Impact d'amasser quatre points en deux matchs. Ce renouveau est particulièrement important, puisque les Red Bulls de New York, l'Union de Philadelphie et le Revolution de la Nouvelle-Angleterre l'ont emporté ce week-end. Cela permet aussi d'attaquer la Ligue des champions et un mois d'août très chargé avec plus de confiance.

Il reste cependant plusieurs problèmes à régler, notamment sur le plan offensif. Comme en début d'année, l'Impact ne s'est pas montré suffisamment tranchant en possession, même si les entrées d'Andres Romero, puis de Blake Smith, auteur du but, ont apporté un peu de vigueur en milieu de terrain et sur le côté gauche. Contre le Sporting, l'Impact n'a réussi que 67% de ses passes et, après 65 minutes, il n'en avait complété que 13 dans le tiers offensif.

Il n'est donc pas étonnant que Marco Di Vaio ait connu un match plutôt calme. Si son décalage sur le but de Smith a été parfait, le joueur désigné italien n'a pas cadré la moindre frappe durant le match. À Montréal, cela ne lui était plus arrivé depuis le 22 septembre dernier, déjà contre Kansas City. Bref, le bloc montréalais est plus solide, les ailiers sont plus libres, mais Di Vaio est aussi plus isolé sans Daniele Paponi, qui peut servir de point d'ancrage. Il faut aussi dire que le numéro 9 montréalais n'était lui-même pas dans un très grand soir, samedi.

«À Bologne, il a déjà joué seul dans une attaque à trois et il était à ce poste l'an dernier et en début d'année avec nous. Ce n'est pas un grand changement pour Marco, mais il faut peut-être que l'on travaille davantage sur l'appui. Les milieux et les deux ailiers devraient jouer un peu plus près de lui pour mieux le servir et l'appuyer», a expliqué Biello.

Première séance pour les nouveaux

Adrián López Rodriguez, dit «Piscu», et Hernán Bernardello ont foulé le pré du stade Saputo pour la première fois, samedi. Pas lors du match, mais durant la mi-temps, au cours de laquelle ils ont reçu un accueil chaleureux de la part du public montréalais. La question est maintenant de savoir quand les deux embauches seront prêtes à enfiler le maillot de l'Impact. Ils ont participé à une première séance d'entraînement, hier, mais l'Impact ne précipitera pas les choses.

«C'est un peu comme la situation de l'année passée avec Di Vaio et Alessandro Nesta, a rappelé Biello. Ils sont arrivés après avoir fait une saison complète. On discute de la gestion de leur travail afin de bien les préparer et qu'ils nous aident le plus vite possible. [...] On fera des tests demain pour voir à quel niveau physique ils sont.»

Le rôle de Piscu est limpide. En plus d'aider la paire Nesta-Matteo Ferrari lors de l'enchaînement de matchs à venir, il est aussi considéré comme un titulaire en vue de la saison 2014. De son côté, le milieu défensif Bernardello contribuera autant à la récupération qu'à la relance. Il devrait aussi tirer les coups francs de l'Impact, l'une des grandes faiblesses depuis une saison et demie.

Là encore, Marco Schällibaum aura des choix à faire sur le milieu qui laissera sa place au joueur désigné argentin. Mais voilà le genre de problèmes que les entraîneurs adorent avoir.