À voir Diego Maradona jongler sur le bord du terrain lors des matchs de la Coupe du monde, on comprend qu'il n'est pas facile pour un ancien joueur de rester sagement sur le bord d'un terrain.

Pascal Milano LA PRESSE

Neuf mois après l'annonce de sa retraite, l'entraîneur-adjoint de l'Impact Mauro Biello n'échappe pas à ce syndrome. Il a parfois des fourmis dans les jambes lors de certains matchs.

«Des fois, oui, je ne peux pas mentir. Mais j'ai terminé il y a neuf mois et c'est normal pour un joueur qui a eu une carrière de presque 20 ans. Par contre, je suis 100% satisfait d'avoir arrêté et de faire face à un nouveau défi.»

Le nouveau défi du célèbre numéro 20 est quotidien. Après autant d'années passées dans le vestiaire de l'Impact, il occupe maintenant celui - plus exigu- des entraîneurs.

Quelques pas seulement séparent les deux pièces, mais le rapport et le regard avec les autres changent forcément. Surtout avec certains joueurs qu'il a côtoyés au cours de nombreuses saisons.

«C'est sûr que je ne peux avoir la même relation qu'avant. Il y a une ligne que je ne peux pas traverser. Je peux le faire de temps en temps, mais ça doit être contrôlé. J'ai un boss, qui est l'entraîneur-chef. Les joueurs comprennent ça, ils savent que je suis de l'autre côté.»

Après avoir fait ses débuts au club en 1993, Biello a occupé la fonction de capitaine entre 2001 et 2009. Grâce à une telle longévité, l'ex-milieu offensif a inscrit certaines des plus belles pages du livre de l'Impact.

En plus d'être celui qui a disputé le plus de matchs (389) et de minutes (28 076) dans le maillot montréalais, il en est également le meilleur buteur grâce à 77 réalisations.

Fort de telles statistiques, il a logiquement une tonne d'expérience à apporter. Et s'il était déjà le lien entre les entraîneurs et les joueurs en raison de son statut de capitaine, il l'est encore davantage cette saison.

«Comme ça ne fait pas très longtemps qu'il nous a quittés, il sent bien l'atmosphère du groupe, souligne Patrick Leduc, son coéquipier pendant neuf saisons. Il est là pour nous apporter une bonne énergie et nous aider moralement. Il est passé par les mêmes épreuves que nous et connaît bien notre ligue.»

Même son de cloche de la part de l'entraîneur-chef Marc Dos Santos, avec qui il partage une belle complicité. Si Biello est plutôt effacé lors des entraînements, il est notamment responsable d'étudier les équipes adverses et de produire des rapports d'avant-match. Mais son rôle ne s'arrête pas là.

«En plus d'être un excellent lien les joueurs et nous, il apporte beaucoup de passion, explique Dos Santos. Il sent certaines situations avant qu'elles arrivent. Il vient me voir et me dit: "Si on prend cette décision, ça peut amener ça." Deux jours après, ça arrive.

«Il a encore à apprendre sur le plan des entraînements, mais il est très ouvert. Il pose beaucoup de questions et reste très humble malgré tout ce qu'il a accompli avec l'Impact.»

Une reconversion logique

Après 31 513 minutes passées sur les terrains à Montréal et Rochester, Biello ne se voyait pas tourner le dos au soccer tout à coup. L'idée de devenir entraîneur a alors germé dans l'esprit du Montréalais vers la fin de sa carrière.

«J'animais déjà des écoles de soccer, indique-t-il. Ce n'est pas la même chose de travailler avec des enfants et des adultes, mais ça me plaisait de rester dans le milieu. Cette saison, je me concentre à apprendre le métier et voir comment un entraîneur-chef travaille. Je suis très content d'assister Marc et Gil (Orriols Jansana) et j'espère apporter mon expérience de joueur et la transmettre au groupe.»

Bien entendu, la transition n'est jamais facile. S'il n'a pas été surpris par les exigences de sa nouvelle tâche, il reconnaît la mission délicate de s'occuper d'un vestiaire au quotidien.

«Il faut gérer 25 joueurs, il faut gérer tout le monde dans l'organisation. Ce n'est pas facile, il y a toujours quelque chose. L'important, c'est de sortir le meilleur de chaque joueur. C'est une qualité qu'un entraîneur doit avoir.»

Et le poste d'entraîneur-chef? «Un jour peut-être», répond celui qui passe ses premiers diplômes d'entraîneur cette année. Tout en apprenant aux côtés de Dos Santos, il ajoute puiser ses inspirations auprès de chacun de ses entraîneurs passés.

«Chaque entraîneur a son style dans sa gestion et sa communication. J'ai pris un peu de chacun et j'espère que ça peut m'aider dans l'avenir.»

Alors, quel sera le prochain défi de Mauro Biello?