Marc Bergevin a souvent répété que les centres de qualité ne couraient pas les rues.

Publié le 11 déc. 2018
MATHIAS BRUNET LA PRESSE

La ronde d'interviews accordées par l'espoir Ryan Poehling hier, à l'occasion de la visite du Canadien au Minnesota (Poehling joue à l'Université St. Cloud State, située dans le Minnesota), rappelle à quel point le CH est désormais bien nanti à cette position, peut-être même trop, pourriez-vous croire.

Le portrait a changé complètement en moins de deux semaines, cet été. Alex Galchenyuk, incapable de jouer à cette position malgré maints essais, a été échangé pour Max Domi le 15 juin.

Les Coyotes de l'Arizona ont annoncé en grande pompe que Galchenyuk allait devenir leur centre numéro un. Le Canadien a été plus prudent et n'a pas dévoilé ses intentions avant le début du camp d'entraînement.

Une trentaine de matchs plus tard, Galchenyuk est de retour à l'aile chez les Coyotes. La nouvelle acquisition Nick Schmaltz et Derek Stepan occupent les postes de centres offensifs.

Chez le Canadien, Max Domi a prouvé hors de tout doute qu'il pouvait être un centre de premier plan dans la LNH. Il avait déjà occupé d'ailleurs cette position dans les rangs juniors.

Huit jours après l'acquisition de Domi, le Canadien repêchait au troisième rang Jesperi Kotkaniemi, un projet à long terme, disait-on.

Non seulement Kotkaniemi a-t-il atteint la LNH à 18 ans seulement, mais il a un impact certain sur les succès du Canadien au centre du troisième trio et il semble s'améliorer au fil des semaines. Au point où Marc Bergevin n'entend pas le prêter à l'équipe nationale junior finlandaise en prévision du Championnat mondial.

Max Domi a 23 ans. Kotkaniemi n'aura pas 19 ans avant juillet. Le troisième centre dans un schéma à long terme, Phillip Danault, a 25 ans.

Et on dit désormais Poehling, 19 ans, fort comme un boeuf à 6 pieds 2 pouces et 200 livres, responsable défensivement, proche de la Ligue nationale en raison de sa maturité physique. Poehling a plus d'un point par match dans la NCAA et s'apprête à jouer à nouveau pour les États-Unis au Championnat mondial junior.

Et on ne parle même pas de Nick Suzuki, qui joue au centre avec Owen Sound, dans la Ligue junior de l'Ontario, et amassé 43 points en 28 matchs à l'aube du Championnat mondial junior. Suzuki pourra, à la limite, jouer à droite au besoin chez le Canadien.

Mais il y aura encore congestion l'an prochain ou la saison suivante. On est déjà loin de la période où Jonathan Drouin, ou Galchenyuk, jouaient au centre par défaut et que le premier véritable centre s'appelait Philip Danault, après le vide créé par le départ de David Desharnais.

Celui-ci a été reconnu comme le centre numéro un de l'équipe pendant quelques années, mais il a franchi le seuil des 52 points par saison une seule fois en carrière.

Max Domi pourrait toujours retourner à l'aile dans quelques années si jamais les jeunes Poehling et Suzuki se développent comme prévu. Mais la chimie est telle entre Domi et Drouin, et le premier joue avec une telle efficacité en zone défensive qu'il serait étonnant qu'on brise une formule gagnante.

Un surplus de jeunes de talent donne une belle marge de manoeuvre aux entraîneurs. À Edmonton, on a utilisé tantôt Ryan Nugent-Hopkins, tantôt Leon Draisaitl sur les flancs avec Connor McDavid. À Tampa, Tyler Johnson a été muté à l'aile avec l'éclosion de Brayden Point.

Mais, on l'a déjà écrit ici, le scénario le plus intéressant demeure un échange pour renforcer la défense. À Columbus, on s'est servi du centre Ryan Johansen pour acquérir son éventuel défenseur numéro un, Seth Jones. Les Oilers ont eu la main moins heureuse en échangeant son meilleur ailier Taylor Hall, pour un défenseur, Adam Larsson, dont le plafond offensif a vite été atteint.

Le Canadien n'a pas de soucis au centre ni à l'aile. Devant le filet non plus, avec Carey Price sous contrat pour longtemps. Le côté droit de la défense est solide à court, moyen et long terme. Shea Weber et Jeff Petry assurent une belle stabilité pour les prochaines années, Noah Juulsen montre une belle progression tandis que Josh Brook, 19 ans, défenseur droitier lui aussi, constitue l'un des plus beaux espoirs de l'organisation. Il a déjà 33 points en 25 matchs à Moose Jaw.

Bergevin a le temps de mûrir ses options. Mais il a de jolis atouts dans sa manche avec Poehling, Suzuki ou Brook pour dénicher un jeune défenseur gaucher de premier plan tant souhaité.

Si le DG du Canadien est touché par la même grâce que lors des échanges de Pacioretty et Galchenyuk, le retour pourrait s'avérer intéressant.

À LIRE !

Mon estimé collègue Guillaume Lefrançois a discuté avec le défenseur Ryan Suter, du Wild du Minnesota, à la veille du match de ce soir entre le Canadien et le Wild. Suter revient sur sa relation privilégiée avec Shea Weber. Guillaume nous a préparé une analyse du temps d'utilisation des deux hommes au fil des ans. De l'excellent journalisme.