On peut, sans trop de risque de se tromper, affirmer que Brendan Gallagher et Carey Price ont tout vécu ensemble.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Depuis ses débuts dans la LNH, en 2012-2013, l’attaquant n’a connu aucun autre gardien numéro 1. Dans l’intervalle, les deux ont connu l’enivrement des sommets, jusqu’en finale de la Coupe Stanley l’été dernier, ainsi que les sombres déceptions au fond du classement.

C’est donc bien sûr comme coéquipier et leader de cette équipe, mais encore davantage comme « ami », que Gallagher a pris la parole après la rencontre, avant même que les journalistes n’aient le temps de poser une première question.

« Je ne peux pas penser à un meilleur coéquipier, à un meilleur modèle pour les jeunes joueurs, pour les jeunes partisans, pour les communautés autochtones », a-t-il énuméré, évoquant « un bon père, un homme de famille ».

Comme d’autres avant lui, le numéro 11 a vanté le « courage » de son gardien devant la décision « difficile à prendre » qu’était celle de s’éloigner des projecteurs et de demander de l’aide.

Comme ses coéquipiers, Gallagher a été « surpris » d’apprendre la nouvelle jeudi matin à l’entraînement. Mais il a rapidement expliqué avoir été « déçu » par sa propre réaction.

Ça fait plus de 10 ans qu’on se connaît, et chaque fois que j’ai vécu quelque chose de difficile, il a été là pour moi. J’aurais aimé être là pour lui. Je suis navré de ne pas avoir compris ce qu’il traversait, de ne pas l’avoir aidé.

Brendan Gallagher

Il a raconté à quel point Price incarnait la figure de « Superman » dans le vestiaire. Impassible, maître de lui-même, inspirant le respect tant chez ses coéquipiers que chez ses adversaires. « On le voyait chaque fois qu’un gars se faisait échanger à notre équipe et le rencontrait. »

Faire de cette perception la norme était « injuste », constate aujourd’hui Gallagher. « Mais il fait tellement de choses bien », a-t-il nuancé.

À la suite de cet évènement, l’ailier compte être plus présent auprès de Price, comme auprès des personnes autour de lui qui seraient dans le besoin. De la même manière, « beaucoup de gens ont éprouvé des problèmes de santé mentale avec le confinement qu’on a traversé depuis deux ans », a-t-il rappelé. L’appel est donc lancé à « tout le monde de saisir la chance de se rendre disponible, de veiller sur un ami qui vit des choses difficiles ».

« Pricey est tellement un bon modèle, [son histoire] va toucher beaucoup de monde », a-t-il conclu.

« Choc »

PHOTO JEAN-YVES AHERN, USA TODAY SPORTS

Jeff Petry

Jeff Petry, dont la famille est proche de celle de Price, a lui aussi parlé d’un « choc », et d’un rappel de l’importance de « ne pas juger un livre à sa couverture ».

Père de trois enfants comme son gardien, Jeff Petry a parlé de l’importance de tracer une ligne entre sa vie de hockeyeur et sa vie de père ou de mari, après que Gallagher eut parlé du fait que Price devait jongler entre plusieurs aspects de sa vie, notamment sur le plan personnel.

On vit des choses ici, à l’aréna, qui ne sont pas toujours faciles, a fait remarquer le défenseur. Il y a des hauts et des bas, mais j’essaie toujours de laisser ça derrière moi dès que je quitte cette pièce. Mes enfants savent ce que je fais, mais ne savent rien de la pression que ça implique. C’est un monde complètement différent.

Jeff Petry

Jake Allen, dans la même veine, a rappelé que le hockey était aujourd’hui « secondaire » lorsqu’il pensait à Carey Price.

« Je suis fier de lui, a dit le gardien auxiliaire. Il est allé chercher de l’aide, ce n’est pas facile. »

« Il fera ce qu’il a à faire pour sa famille. Et on le reverra bientôt », a-t-il prédit.