Ce n’est sans doute pas le moment de voir le verre à moitié plein, mais plutôt de le voir à moitié vide.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

C’est d’ailleurs un peu l’ennui avec ces résultats en prolongation ou en tirs de barrage : on peut voir des bons côtés, des moins bons aussi. Mais dans ce cas-ci, dans le cas de cette défaite de 2-1 en tirs de barrage, subie lundi soir à Vancouver contre des Canucks qui ont paru souvent amorphes, c’est surtout le mauvais côté qui ressort pour le Canadien.

C’est-à-dire ce point bêtement perdu là, à la fin.

« On aurait mérité mieux, mais si on joue de même à chaque match, on va avoir des chances de gagner », a expliqué Phillip Danault en fin de soirée (ou en début de journée, c’est selon).

Il convient de rappeler que le Canadien s’est mis à vouloir protéger son avance d’un seul but en troisième période en jouant pour ne pas perdre, essentiellement, et qu’Adam Gaudette, des Canucks, a fini par déjouer Carey Price d’un tir parfait avec 41 secondes à faire, avant que les locaux volent le match lors des tirs de barrage.

Il convient aussi de rappeler qu’à son tour lors de ces tirs de barrage, Tomas Tatar a tenté de faire dans la dentelle avec une feinte entre les patins, alors que ce n’était probablement pas le moment pour ça.

Mais passons car ce n’est pas ça, le pire. Le pire, c’est que cette autre défaite après 60 minutes de jeu vient porter la fiche du Canadien à 0-7 cette saison dans de telles circonstances. Bien sûr que c’est un point de récolté, mais c’est surtout un point de perdu, un autre, et puis faites le calcul. Dans une division toute canadienne où tous les matchs tombent dans la catégorie des matchs « de quatre points », ces points échappés çà et là vont finir par faire mal au mois de mai. C’est inévitable.

Dominique Ducharme a admis que le présent calendrier ne permet pas trop de travailler sur les situations de trois contre trois, et qu’il faut avant tout se fier sur la vidéo et discuter de la stratégie à adopter avec les joueurs, ce qui est loin d’être idéal.

On a quand même remarqué certains points intéressants, comme l’utilisation d’une formation à trois attaquants lors de la prolongation.

Enfin.

« C’était mieux par moments, a expliqué Ducharme. Ce ne fut pas tout à fait ce qu’on voulait, on aurait dû garder un peu plus la rondelle, mais on va continuer à travailler là-dessus. À trois contre trois, c’est certain qu’il y a un bout du jeu qui devient mental. »

En effet, et c’est justement ce bout-là, celui du « mental », qui semble trop souvent couler le Canadien cette saison. C’est encore arrivé lundi soir quand Ben Chiarot, pour une raison que la raison ignore, a choisi de se déplacer de l’autre côté du jeu juste avant le but gagnant. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois cette saison qu’un défenseur de ce club a des ennuis avec le sens de la circulation. Peut-être que des gros panneaux jaunes devraient être installés dans le territoire du Canadien, comme sur les routes ? Ça ne pourrait pas nuire.

En attendant, il va falloir que ce club apprenne à jouer à trois contre trois. En tirs de barrage aussi. À moins qu’il apprenne à ne pas avoir à en arriver là ? Ce serait encore mieux.

Dans le détail

PHOTO BOB FRID, USA TODAY SPORTS

Jesperi Kotkaniemi et Tyler Myers

Des matchs un peu tardifs… ou tôt, c’est selon

Ce n’est certes pas l’idéal, mais c’est comme ça. Ainsi, le Canadien a voyagé dimanche en direction de Vancouver, a disputé le match de lundi soir à 22 h, heure de l’Est, et va disputer un match au même endroit à 23 h, heure de l’Est, mercredi. Pourquoi ces heures de fou ? Pour faire plaisir aux diffuseurs de la télé, qui tentent de présenter un maximum de matchs dans une même soirée. « C’est quelque chose avec lequel on doit composer, s’est contenté de répondre l’entraîneur-chef Dominique Ducharme à ce sujet. On va se préparer en conséquence. »

Les Canucks sans Pettersson

L’occasion était belle pour le Canadien, lundi soir à Vancouver : les Canucks ont dû se présenter à l’aréna sans leur attaquant vedette Elias Pettersson, blessé. Celui qui a récolté 21 points en 26 matchs depuis le début de la saison n’a pu enfiler les patins en raison d’une blessure. Bizarrement, les Canucks ne s’ennuient pas trop du jeune Suédois lorsqu’il n’est pas dans la formation. Pas à Vancouver en tout cas. Depuis son arrivée dans la LNH en 2018, Pettersson a dû rater 9 matchs à la maison, et les Canucks ont un dossier de 6-1-2 lorsqu’ils doivent se débrouiller sans lui.

La même formation pour le Canadien

C’est bien connu, on ne touche à rien quand on gagne, et c’est en plein ce que le Canadien a choisi de faire à la suite de sa grosse victoire de 7-1 contre les Jets de Winnipeg, samedi soir au Centre Bell. Ainsi, la formation de lundi soir a été inchangée, ce qui signifie bien sûr que Carey Price était de retour devant le filet montréalais. Le gardien vedette a repoussé 28 tirs des Canucks et il a accordé seulement un but en temps règlementaire à chacun de ses trois derniers départs.

Ils ont dit

PHOTO BOB FRID, USA TODAY SPORTS

Carey Price et Bo Horvat lors des tirs de barrage

Je me sens mieux, et l’équipe joue du hockey solide devant moi… Que faire de plus en prolongation ? Marquer en premier, j’imagine…

Carey Price

On a eu nos chances pour ajouter à notre avance, mais leur gardien a fait des gros arrêts… Nous n’étions pas fatigués, L’effort était là et c’est comme ça qu’on veut jouer. Les deux gardiens ont bien joué. À trois contre trois, on a un plan… on doit les épuiser et c’est là qu’on doit frapper. Ce n’est pas quelque chose qu’on pratique très souvent, on regarde les vidéos et on discute de nos options. Ces points en prolongation sont immenses.

Jeff Petry

En prolongation, on fonce dans le tas à toutes les fois. Faut trouver un moyen. On ne peut pas arriver en prolongation et se poser trop de questions…

Phillip Danault

Je n’avais jamais récolté un seul point [en 7 matchs] contre le Canadien avant la saison dernière. C’est bizarre de voir comment les choses arrivent. J’essaie de ne pas changer mon jeu, de jouer à ma manière.

Bo Horvat

Je voulais juste tirer sur le but. Je ne décoche presque jamais de tir frappé, mais pour une raison ou une autre, c’est ce que j’ai fait, et la rondelle a pu aller dans le but.

Adam Gaudette

[Tomas Tatar] peut être sournois, ça fait longtemps qu’il joue dans cette ligue. J’avais regardé des vidéos, et il essaie toujours des jeux surprenants. Je voulais être certain de le suivre pour me donner une chance.

Thatcher Demko

Le match en un coup d’œil

En hausse

Phillip Danault : oui, il demeure à la recherche de ce premier but qui continue de lui échapper, mais personne ne peut remettre en doute tout le reste dans son cas, et surtout pas son jeu en défense.

En baisse

Ben Chiarot : quelqu’un sait où il s’en allait sur le but d’Adam Gaudette ?

Le chiffre du match

6 : c’est le nombre de tirs réussis par Josh Anderson, un sommet parmi les joueurs des deux équipes.