Walter Gretzky, figure emblématique d’un papa de hockey au Canada et père de la Merveille, est mort à l’âge de 82 ans.

Neil Davidson
La Presse Canadienne

Repère constant dans l’univers de son fils Wayne, Walter est resté l’incarnation d’un col bleu dévoué au sport de son enfant, dans un pays qui en compte une multitude.

Wayne Gretzky a confirmé le décès de son père jeudi soir, sur les médias sociaux.

« C’est avec une profonde tristesse que Janet et moi partageons que mon père n’est plus avec nous, a écrit Wayne. Il a bravement combattu le Parkinson et d’autres problèmes de santé, ces dernières années, mais il ne s’est jamais laissé abattre.

« C’est grâce à lui que je suis tombé en amour avec le hockey. Il m’a inspiré à être le meilleur que je puisse être non seulement au hockey, mais dans la vie. »

Père et fils ont pris part ensemble à des publicités de Tim Hortons et Coca-Cola. Ils ont rendu célèbre Brantford, en Ontario.

La nature simple et sincère de Walter a résonné auprès des Canadiens.

Il a aussi récupéré d’une crise cardiaque, subie en 1991.

Fils d’immigrants (une mère polonaise et un père russe), Walter Gretzky s’est lancé dans la culture de légumes en 1932 à Canning, tout près de Brantford.

C’est là, sur la rivière Nith, que Wayne a commencé à apprendre à patiner, à deux ans.

Le père de Walter, Tony, dont les parents avaient émigré aux États-Unis, est arrivé au Canada de Chicago pour s’enrôler dans l’armée, en lien à la Première Guerre mondiale.

Sa mère Mary est arrivée au pays par elle-même en 1921, à 18 ans.

Ses parents se sont rencontrés à Toronto, dans les années 1930. Walter a été le cinquième de sept enfants.

Walter a joué au hockey mineur à Paris en Ontario, puis dans le junior B pendant quatre ans, à Woodstock.

Il a un peu joué dans le hockey senior, tout en disant ne pas avoir les habiletés pour passer chez les pros.

Walter a rencontré Phyllis, qui allait devenir sa femme, à une fête à la ferme familiale. Elle avait alors 15 ans. Ils se sont mariés trois ans plus tard.

Wayne est né le premier en 1961, suivi de Kim, Keith, Glen et Brent. Keith et Brent ont eux aussi joué au hockey professionnel.

En 1961, Walter s’est fracturé le crâne dans un accident de travail à l’emploi de Bell, comme monteur de ligne. Il a été dans le coma et n’a pas travaillé durant un an et demi.

Rendu sourd de l’oreille droite, il a été transféré à un autre département de l’entreprise, devant installateur-réparateur.

Quand Wayne avait quatre ans, son père a transformé leur cour arrière en patinoire, à Brantford. Chez Wayne, une passion était née.

Walter a fait cette patinoire pour ne pas avoir à geler ailleurs, ou devoir attendre dans une auto avec le chauffage, pendant que Wayne patinait. Le gaz coûtait trop cher, disait-il.

« C’était vraiment pour sauver ma peau », a-t-il expliqué.

Walter a trouvé à Wayne une place dans une équipe de garçons de 10 ans quand son fils n’avait que six ans.

« Ça se voyait qu’il était déjà bon, a confié Walter, en 2016. Mais de dire qu’un jour il ferait ce qu’il a fait, non. Personne n’aurait pu dire ça. »

Walter a mis de l’avant une mentalité à l’ancienne voulant que travailler fort, ça rapporte.

Dans son autobiographie, Wayne raconte, « Je ne sais pas où je me trouverais sans lui, mais je sais que ce ne serait pas dans la Ligue nationale. »

Walter a vécu sa bonne part de voyages incluant l’Europe, pour voir ses garçons jouer au hockey.

Il a souvent fait un tour à Phoenix après que Wayne ait été engagé pour diriger les Coyotes, en 2005.

Conférencier en demande auprès d’organismes sportifs, il a aussi travaillé sans relâche à sensibiliser aux maladies du cœur. Il a été nommé à l’Ordre du Canada en 2007.

En 2010, Walter a porté le flambeau olympique lors du dernier jour du relais menant à la cérémonie d’ouverture à Vancouver, où Wayne a allumé la vasque.

Il avait 53 ans au moment de sa crise cardiaque, survenue quelques mois après qu’il ait pris sa retraite de Bell, où il a travaillé pendant 34 ans.

On a craint pour sa vie, mais il a survécu. Il a toutefois perdu beaucoup de sa mémoire, et cela a pris du temps pour qu’il en retrouve des fragments.

« C’était une période sombre, a-t-il écrit au sujet des jours suivant la crise cardiaque. Je ne voudrais y retourner pour rien au monde.

« C’est terrible de ne pas savoir qui vous êtes ou l’endroit où vous vous trouvez. C’est terrible d’être confus et désespéré, de ne pas savoir si vous pourrez refaire tout ce à quoi vous étiez habitué. »

Le hockey l’a aidé à reprendre le dessus, notamment son travail dans le hockey mineur à Brantford. Les enfants de quatre et cinq ans l’appelaient Wally.

Fumeur à une fréquence très élevée avant son arrêt cardiaque, il a finalement délaissé cette habitude.

Walter laisse dans le deuil plusieurs petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Phyllis a succombé à un cancer des poumons en 2005.