Carey Price n’a pas l’habitude de céder son filet bien souvent, mais cette fois, à la veille d’une saison qui ne sera pas comme les autres, il admet qu’il devra revoir ses habitudes.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Les gardiens qui se partagent le filet dans cette ligue, c’est certes une tendance, a-t-il répondu lors d’une entrevue vidéo, lundi midi, du centre d’entraînement de Brossard. Je n’en doute pas, plusieurs équipes vont vouloir que leurs gardiens partagent le filet. Ça n’a jamais été mon genre de vouloir donner mon filet, mais ça ressemble à une formule gagnante. »

Les camps d’entraînement viennent à peine de s’ouvrir dans la LNH, et bien sûr, il est encore un peu tôt pour savoir le nombre de matchs que Price pourra disputer cette saison – cette discussion avec la direction du club n’a pas encore eu lieu, a-t-il tenu à dire –, mais le gardien numéro un du Canadien n’est pas dupe. Il sait très bien qu’il ne va pas disputer la presque totalité des matchs de son club cette fois-ci.

Et puis de toute façon, Jake Allen, le réserviste, n’a pas été obtenu pour se contenter d’un rôle de simple figurant et de faire-valoir lors des entraînements à Brossard.

« Il est une acquisition solide pour nous, a ajouté le gardien au numéro 31. Il va nous donner des matchs de qualité. »

L’an passé, au moment où tout s’est arrêté au mois de mars, Price avait déjà pris part à 58 rencontres, lui qui devait pourtant se contenter d’une charge de travail moins grande, selon ce que la direction du club avait déclaré l’été précédent. On avait voulu le ménager aussi la saison précédente, celle de 2018-2019, mais encore là, Price avait fini par disputer 66 matchs.

Peu importe le nombre de fois, il se dit déjà prêt, lui qui a pu sauter sur la glace au cours des derniers mois pour garder la forme, entre autres avec l’aide de quelques amis de son club junior, les Americans de Tri-City. C’est pourquoi il affirme que la rouille, bien qu’inévitable, ne sera pas un problème cette saison.

Il y a des défis pour un gardien de but à ce moment-ci, ça ne fait aucun doute. Mais c’est tout le monde qui va être dans le même bateau.

Carey Price

C’est tout le monde, oui, mais ce n’est peut-être pas tout le monde dans cette ligue qui va aborder cette nouvelle saison avec autant de nouveaux visages. Pour le Canadien, le gros du défi se trouve sans doute un peu là : s’arranger pour que la colle prenne très rapidement, parce qu’il n’y a déjà pas de temps à perdre.

Ça n’a pas l’air de faire peur à Shea Weber.

« On l’a vu cet été, c’est possible de reprendre le collier sans que les joueurs soient trop rouillés, a expliqué le défenseur, par vidéo lui aussi. Probablement que la qualité du jeu sera un peu tout croche pour commencer, mais ça va être mieux par la suite. »

En temps de pandémie, évidemment, le capitaine du Canadien ne pourra pas tenter de cimenter le groupe comme par le passé. Ainsi, les belles activités de jadis, comme les soupers d’équipe ou encore les soirées passées au musée à discuter des plus grands tableaux du mouvement impressionniste, devront être remplacées par autre chose.

« On ne pourra pas organiser des soupers ou des activités de groupe, et je devrai mettre l’accent sur mon rôle dans le vestiaire et sur la patinoire, a ajouté Weber. Je trouverai bien une façon. »