Au cours des prochaines semaines, nous vous offrirons une analyse détaillée des 31 clubs de la LNH : le travail du directeur général, le repêchage, les échanges, les joueurs autonomes, les perspectives d’avenir. Aujourd’hui, le Wild du Minnesota.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

SITUATION ACTUELLE

À la surprise générale, le Wild était au cœur de la lutte pour une place en séries éliminatoires au moment de l’interruption de la saison. Ce club devait pourtant entamer un cycle de reconstruction ou de réinitialisation. Mais le nouveau DG, Bill Guerin, a préféré donner une dernière chance de gagner à ce groupe de vétérans. Il a pourtant fait quelques transactions résolument tournées l’avenir. Comme échanger aux Penguins Jason Zucker, 28 ans, pour un choix de première ronde et le bel espoir en défense Calen Addison. Avec l’addition d’Alex Galchenyuk pour libérer les Penguins de quelques centaines de milliers de dollars sur la masse salariale en fin de saison. Guerin avait aussi réussi à se départir de Zach Parise et de ses cinq dernières années de contrat à 7,5 M$ en moyenne par saison, mais la transaction avec les Islanders a avorté au dernier instant le jour de la date limite des échanges. Le Wild aurait reçu en retour Andrew Ladd, dont le contrat prendra fin deux ans plus tôt à un salaire de 5 M$ par année. Guerin maintient donc l’équipe compétitive tout en gardant un œil sur l’avenir. Parmi ses coups d’éclat, il y a le congédiement de Bruce Boudreau, le 14 février. Le Wild a une fiche de 8-4-0 depuis l’arrivée de son successeur Dean Evason. Guerin a plusieurs pots à casser après le passage bref, mais tumultueux, de son prédécesseur Paul Fenton. Celui-ci a foutu le bordel dans les bureaux comme sur la glace. Dégommer le recruteur Brent Flahr de son poste de directeur du recrutement amateur pour nommer son fils, P. J. Fenton, 34 ans, encore très peu expérimenté dans le domaine, a sonné l’arrêt de mort de Paul Fenton après seulement 14 mois. Fenton entamait un nouveau cycle après le règne de neuf ans de Chuck Fletcher. Celui-ci a donné le ton trois ans après son arrivée en octroyant de monstrueux contrats de 98 M$ chacun pour 12 ans à Zach Parise et Ryan Suter, les joueurs autonomes les plus convoités sur le marché en 2012. Le Wild a été compétitif en saison régulière au cours de l’ère Fletcher. Mais au final, ils ont remporté seulement deux rondes en dix ans. Fletcher tente désormais de réussir à Philadelphie là où il a échoué au Minnesota.

REPÊCHAGE (2009-2019)

Le bras droit de Chuck Fletcher, Brent Flahr, a dirigé les opérations pendant presque tout le règne de son patron. Le Wild n’a pas fait un vilain travail au chapitre de repêchage depuis dix ans malgré la perte de leurs choix de première ronde en 2013 et 2017. Les premiers choix de 2011 et 2012, Matt Dumba et Jonas Brodin, sont devenus des joueurs importants. Le premier choix de 2010, Mikael Granlund, a connu de belles années avant d’être échangé par Paul Fenton pour Kevin Fiala. Cette transaction a tourné à l’avantage du Wild. Fiala, 23 ans, avait 54 points en 64 matchs cette saison. Malheureusement, de nombreux joueurs repêchés par l’équipe ont été perdu au fil des années : Nick Leddy, échangé par Fletcher en retour de Cam Barker, un échange épouvantable ; Erik Haula, perdu au repêchage de l’élargissement des cadres ; Darcy Kuemper, abandonné par l’équipe ; Alex Tuch, échangé aux Golden Knights en marge du repêchage de l’élargissement des cadres. Deux des plus récents premiers choix de l’équipe, Joel Eriksson Ek (2015) et Luke Kunin (2016), commencent à sortir de leur coquille. Kunin et Eriksson Ek jouaient ensemble au sein du deuxième trio avec Parise au moment de l’interruption de la saison. Kunin avait cinq points à ses six derniers matchs et Eriksson Ek a vu son temps d’utilisation augmenter à 18 minutes sous Evason. On espère encore chez le Wild voir arriver dès l’an prochain le choix de cinquième ronde en 2015, Kiril Kaprizov, fumant depuis quatre ans dans la KHL. Le premier choix du Wild en 2019, 12e au total, l’ailier Matthew Boldy, a commencé sa carrière dans la NCAA très timidement avec deux points à ses 14 premiers matchs, mais il en a obtenu 24 à ses 20 derniers à Boston College.

Meilleur coup

Kiril Kaprizov, ailier, cinquième ronde, 135e au total en 2015. Kaprisov refuse depuis trois ans de signer un contrat avec le Wild pour demeurer avec le CSKA Moscou, mais il pourrait finalement se laisser convaincre de traverser l’Atlantique. Il a obtenu 62 points, dont 33 buts, en 57 matchs cet hiver dans la KHL.

Pire coup

Le Wild repêche des joueurs de la LNH en première ronde, mais ne frappe pas de coups de circuit. Alex Tuch a été repêché au 18e rang en 2014, il a été perdu pour un choix de troisième ronde en marge du repêchage de l’élargissement des cadres et a été repêché avant Tony DeAngelo, Nick Schmaltz et surtout David Pastrnak.

Meilleur espoir

Kaprisov demeure le meilleur espoir même s’il aura bientôt 23 ans. Parmi les plus jeunes, Matthew Boldy vient en tête de liste.

ÉCHANGES

Chuck Fletcher a multiplié les échanges lors des neuf ans de son règne. L’un de ses premiers d’importances en 2010, après Benoit Pouliot pour Guillaume Latendresse, en envoyé le jeune défenseur de 20 ans Nick Leddy aux Blackhawks pour Cam Barker, 23 ans, et Kim Johnsson, 33 ans. Un raccourci qui a tourné à la catastrophe. Leddy est devenu l’un des bons défenseurs de la LNH. Les deux autres n’ont pas eu un gros impact au Minnesota. Aucune transaction de Fletcher n’a fait plus mal que Brent Burns et un choix de deuxième ronde au Sharks en juin 2011 pour Charlie Coyle, Devin Setoguchi et un choix de première ronde. Burns est devenu l’un, sinon le meilleur défenseur offensif de la Ligue. Le choix de première ronde se situait au 28e rang. Le Wild a repêché Zack Phillips. Celui-ci n’a pas disputé le moindre match dans la LNH. L’écart entre le choix de première ronde en 2011 reçu par le Wild et le choix de deuxième ronde de 2012 obtenu par les Sharks était de seulement neuf rangs. Les Sharks se sont servis ultérieurement de ce choix pour acquérir Dominic Moore. Coyle a été bon pour le Wild, mais il a connu une seule saison de plus de 42 points. Il a été échangé aux Bruins l’an dernier pour Ryan Donato. Setoguchi a joué deux ans pour le Wild, avant d’être échangé aux Jets de Winnipeg pour un choix de deuxième ronde.

Meilleur coup (Chuck Fletcher)

Le gardien Devan Dubnyk obtenu des Coyotes de l’Arizona pour un choix de troisième ronde en 2015. Dubnyk est devenu un gardien dominant au Minnesota.

Pire coup (Chuck Fletcher)

Outre Brent Burns, Fletcher a cédé en février 2017 des choix de première ronde en 2017 et de deuxième ronde en 2018 aux Coyotes de l’Arizona pour les joueurs de location Martin Hanzal et Ryan White. Les deux n’ont pas eu d’impact et le Wild a été éliminé en cinq matchs lors de la première ronde.

JOUEURS AUTONOMES

Avant d’être congédié début août 2019, Paul Fenton a eu le temps d’offrir un énorme contrat de 30 M$ pour cinq ans à l’attaquant Mats Zuccarello, 31 ans. Zuccarello a obtenu 37 points en 65 matchs cet hiver, au cinquième rang des compteurs de l’équipe. Au moment de l’interruption de la saison, il jouait à la droite d’un troisième trio avec Alex Galchenyuk et Marcus Foligno. Ce contrat risque d’embêter Bill Guerin. Zuccarello est l’attaquant le mieux payé du Wild après Parise. Sinon, les grosses dépenses proviennent de Fletcher dans les premières années de son règne. Les contrats monstrueux offerts à Parise et Suter l’ont empêché de dépenser à outrance lors des années suivantes.

Meilleur coup

Eric Staal, 10,5 M$ pour trois ans en juillet 2016. Staal avait encore de l’essence dans le réservoir à 32 ans. Il est depuis trois ans le centre numéro un du Wild et son salaire annuel constitue une aubaine. Il a obtenu en moyenne 65 points par saison.

Pire coup

Zach Parise est trop cher payé à 7,5 M$ par année pour douze saisons. Il n’a jamais amassé plus de 62 points par année depuis son arrivée au Minnesota. Parise a 36 ans cet été et il lui restera cinq ans de contrat. On comprend pourquoi Bill Guerin cherche à l’échanger.

Dix saisons (deux rondes remportées, trois exclusions)

2010-2011 : 35-39-8, 12e Ouest, OUT.

2011-2012 : 35-36-11, 12e Ouest, OUT.

2012-2013 : 26-19-3, 8e Ouest, première ronde.

2013-2014 : 43-27-12, 7e Ouest, deuxième ronde.

2014-2015 : 46-28-8, 6e Ouest, deuxième ronde.

2015-2016 : 38-33-11, 8e Ouest, défaite première ronde.

2016-2017 : 49-25-8, 2e Ouest, défaite première ronde.

2017-2018 : 45-26-11, 4e Ouest, défaite première ronde.

2018-2019 : 37-36-9, 11e Ouest, OUT.

2019-2020 : 35-26-8, 10e Ouest, (à un point de la dernière place donnant accès aux séries).

(Demain : le Canadien de Montréal)

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