Comme le reste de la planète, Claude Julien ne connaît pas la date du retour à la normalité, mais quand ça arrivera, il sera prêt à reprendre le collier à la tête de son équipe.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Ces jours-ci, l’entraîneur du Canadien ne passe évidemment pas ses jours dans un aréna. En lieu et place, il les passe dans la maison familiale, en Ontario, avec les membres de sa famille… mais aussi avec son ordinateur. Parce qu’un jour, la LNH va reprendre ses activités, et quand elle le fera, Claude Julien sera prêt.

« Je me tiens prêt parce qu’on ne sait pas quand ça va recommencer, et je ne veux pas être pris de court, a-t-il expliqué en conférence téléphonique mardi matin. Alors il faut se préparer et c’est ce que je fais : je regarde du vidéo, je parle à mes assistants, à nos joueurs aussi. »

Comme la plupart des mortels, Claude Julien est incapable de prédire le futur, mais il se prépare dans le but de conclure la présente saison, et il n’a pas encore commencé à penser à la saison suivante. Dans l’immédiat, ce qui le préoccupe professionnellement, c’est la fin de 2019-20.

Ainsi, selon lui, Tomas Tatar et Victor Mete, blessés au moment où la vie normale s’est arrêtée, seront prêts si jamais tout le monde revient dans les arénas. Jesperi Kotkaniemi, un autre blessé en fin de saison, est retourné chez lui afin de récupérer en Finlande. Claude Julien a d’ailleurs rappelé que les blessures ont un peu gâché la saison chez le Canadien, comme la fiche du club à domicile.

« On a subi des blessures importantes et ça nous a fait perdre du terrain… Quand tu as des joueurs qui doivent occuper des rôles différents, ça finit par te rattraper. »

Et puis pourtant, si la LNH revient dans un futur plus ou moins rapproché, si par exemple le scénario d’un tournoi éliminatoire de 24 équipes présenté dans une ville différente devait se concrétiser à l’été, selon le classement qui prévaut, le Canadien serait qualifié.

Mais en premier, aux yeux de l’entraîneur du CH, il y a les questions de sécurité.

Je ne veux pas revenir s’il y a un risque en rapport avec le virus, a-t-il ajouté. Si on nous dit que le risque est disparu, est-ce qu’on reviendra en juin, en juillet ? Il faut se préparer à tous les scénarios. Si on est réalistes, on peut penser que le hockey ne sera pas de retour avant au moins deux mois.

Claude Julien

« Une chose qui va aider les gens à revenir à la normale, c’est le sport, peu importe lequel. On voit que ça manque aux gens. Mais si la situation actuelle n’est pas entièrement sous contrôle, comment un partisan se sentira-t-il s’il doit aller s’assoir dans un aréna à côté d’un étranger ? »

En attendant, Claude Julien tente de garder une routine similaire à celle d’un entraîneur à l’été, qui se prépare avant l’ouverture des camps d’entraînement. Il affirme tenir des appels-conférence une fois semaine avec d’autres entraîneurs de hockey, parmi lesquels Barry Trotz et Jon Cooper, histoire de se tenir informé.

Il regarde les points de presse des leaders politiques, Justin Trudeau, François Legault, « qui savent parler aux gens sans semer la panique, et qui donnent de l’espoir. »

Et il travaille. Parce qu’il le faut. Parce qu’un jour, on va bien finir par entendre de nouveau le bruit des lames sur la glace.

« Je ne travaille pas 12 heures par jour, mais je me tiens prêt, a-t-il ajouté. On se retrouve dans une situation qui est inédite, et ça peut mener à des scénarios différents, comme du hockey en été, ce que je n’ai jamais connu. Alors on travaille comme on le ferait à l’été, les joueurs aussi. On ne peut pas les obliger à se tenir en forme à la maison, mais par contre, ils ont l’obligation de se présenter en forme la prochaine fois. »

Enfin, s’il y a du bon dans tout ça, c’est la famille. Une famille que Claude Julien peut enfin côtoyer de manière régulière.

« Ma priorité, c’est ma famille… On fait tout ce qu’on peut pour s’assurer de rester en santé. Ce qui est positif de cette situation négative, c’est que j’ai la chance de prendre du temps en famille… je ne me souviens pas de la dernière fois où on a pu souper tous ensemble aussi souvent! »