C’était particulier dans le vestiaire de l’équipe visiteuse jeudi matin au Centre Bell. Les journalistes faisaient le pied de grue en attendant Chris Kreider, le sujet d’intérêt du jour, après qu’il eut signé une entente de 7 ans et 45,5 millions de dollars pour rester chez les Rangers de New York.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Les journalistes québécois se sont aussi entretenus avec Julien Gauthier, ancien choix de premier tour, fraîchement acquis des Hurricanes la semaine dernière.

Puis, quand Henrik Lundqvist est arrivé à son casier, personne n’a été le voir. Le vétéran gardien, visage des Rangers depuis bientôt 15 ans, est coincé dans un ménage à trois devant le filet. Avec leurs résultats supérieurs aux siens, les jeunes Igor Shesterkin et Alexandar Georgiev, 24 ans chacun, lui ont ravi son poste. Ajoutez le fait que Lundqvist a une autre année de contrat à écouler, à 8,5 millions de dollars, et vous comprenez les collègues new-yorkais de trouver la situation inconfortable.

Le Suédois a toujours été un des joueurs les plus accessibles de la LNH, cependant, et a tout de même accepté de parler de sa situation, ce que plusieurs de ses semblables n’auraient pas fait.

« Ce n’est pas un secret : les derniers mois ont été éprouvants, a admis Lundqvist. Je n’ai presque pas joué. Comme tout le monde, je veux jouer ! Mais Igor et Alexandar ont très bien joué. Souvent, c’est du timing. J’essaie de penser à court terme et soutenir mes coéquipiers. »

Presque pas joué ? Lundqvist n’exagère pas. Encore jeudi, le filet sera confié à Georgiev. Ce sera donc un huitième match de suite où il sera confiné au rôle de spectateur. La dernière fois qu’il a joué, c’était le 11 février, quand il est venu en relève à Shesterkin pendant six grosses minutes, après que le Russe eut été ébranlé. Pour son dernier départ, il faut reculer au 3 février. Ce soir-là, Lundqvist avait accordé 4 buts sur 15 tirs après deux périodes ; il a regardé la troisième du bout du banc.

Voilà que Shesterkin sera absent pour deux semaines en raison de blessures subies dans un accident de la route. Les Rangers disputent jeudi le premier de deux matchs en deux soirs et malgré tout, l’entraîneur-chef David Quinn n’a pas voulu confirmer si Lundqvist jouerait vendredi contre les Flyers. Craint-il que le vétéran soit rouillé ? « On en a parlé. Ça fera partie de l’équation quand on décidera qui jouera. »

On a déjà vu plus d’amour dans une réponse !

La reconstruction

Le 8 février 2018, Glen Sather et Jeff Gorton, le directeur général des Rangers, envoyaient une lettre à leurs détenteurs d’abonnements de saison, annonçant que l’équipe se lançait dans une phase de rajeunissement. Essentiellement, ils admettaient que les Rangers étaient en reconstruction.

Les New-Yorkais ont raté les séries lors des deux dernières saisons, mais ils sont maintenant à quatre points de la dernière place donnant accès aux éliminatoires, avec trois matchs en main sur ceux qui occupent cette place, les Blue Jackets.

« C’était dur de savoir à quoi s’attendre, avoue Lundqvist. J’avais une vision, un but. Pendant 13 ans, j’avais une certaine mentalité tous les jours, en arrivant à l’aréna. Après cette lettre, le but a changé. Aujourd’hui, on est de retour dans la lutte, mais mon rôle a grandement changé, surtout dans les trois derniers mois. Ça avait commencé à changer l’an dernier. C’est important que je m’y ajuste.

« Mais encore à la mi-saison, j’analysais mon jeu, et quand je regardais les chances de marquer, je faisais beaucoup de bonnes choses. C’est important de ne pas réagir exagérément, de rester positif et d’être prêt, même si c’est difficile par moments. »

En 28 matchs cette saison, Lundvqist présente une moyenne de 3,12, la pire de sa carrière. Son efficacité (,907) est la même que l’an passé, qui était aussi la pire de sa carrière. En 29 matchs, Georgiev montre quant à lui une moyenne de 2,98 et une efficacité de, 913, tandis que Shesterkin présente des indicateurs sensationnels (2,23 et ,940) mais en seulement 10 matchs.

Celui que l’on surnomme « Hank » aura 38 ans lundi. Craint-il pour son avenir dans la LNH ?

« Je ne peux pas penser trop loin. Je veux finir la saison en force. On est dans la course, je ne sais pas combien de matchs je jouerai. Je vais essayer d’être prêt quand ça arrivera. Quant à mon rôle ici avec les Rangers, on en parlera une fois la saison terminée. »

La formation probable des Rangers

Kreider-Zibanejad-Chytil
Panarin-Strome-Fast
Di Giuseppe-Howden-Kakko
Lemieux-McKegg-Gauthier

Smith-Trouba
Staal-DeAngelo
Lindgren-Fox

Georgiev