(Boston) Pendant qu’à Montréal, il y a un gardien de but qui doit se taper tout le travail tout seul, chez les Bruins de Boston, on préfère de loin le principe de la garde du but partagée.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

C’est ainsi que pour une deuxième saison de suite, Tuukka Rask et Jaroslav Halak, les deux gardiens des Bruins, se divisent le travail de manière égale, ou presque. Rask a pris part à 32 matchs cette saison, contre 26 pour son coéquipier slovaque. Les deux gardiens des Bruins avancent à peu près au même rythme qu’en 2018-19, alors que Rask avait été employé pendant 46 matchs, et Halak pendant 40 matchs.

Les Bruins ne sont pas les seuls à privilégier l’approche de la garde partagée, et selon Halak, il s’agit là d’une tendance qui ne se dément pas… et qui est appelée à grossir dans un futur immédiat.

« C’est certain que le hockey a changé depuis que je suis arrivé dans cette ligue (en 2006-07 avec le Canadien), a répondu Halak après l’entraînement de mardi à Boston. Les équipes qui préfèrent se fier à deux gardiens sont plus nombreuses. Je pense que ça tombe sous le sens, avec tous les clubs qui doivent voyager beaucoup et aussi souvent plus loin. De nos jours, on arrive très tard à l’hôtel sur la route, et on doit composer avec un style de jeu qui est de plus en plus rapide. À mes yeux, un système à deux gardiens, c’est bénéfique. »

PHOTO GREG M. COOPER, USA TODAY SPORTS

Jaroslav Halak

Les équipes à deux gardiens qui se divisent le boulot de manière presque égale sont assez nombreuses cette saison dans la LNH. Les Bruins le font avec succès, eux qui occupent le premier rang au classement général du circuit, et ils sont loin d’être les seuls ; les Penguins de Pittsburgh, les Predators de Nashville et les Oilers d’Edmonton, pour ne nommer que ceux-là, sont parmi les formations qui sont des adeptes du système de partage devant le but.

Patrice Bergeron n’y voit que du bon.

« C’est vrai qu’on remarque cette tendance au cours des dernières saisons, a répondu l’attaquant québécois mardi. De plus en plus, on remarque qu’il y a des équipes qui dénichent de très bons gardiens réservistes. Pour nous, avec un gars comme Jaroslav, qui a disputé plus de 500 matchs dans la ligue, c’est avant tout une affaire d’expérience. Il sait se préparer et il sait être fin prêt quand on fait appel à lui. C’est une stabilité qu’on aime avoir, parce que ça devient une question de confiance ; peu importe qui va être devant notre filet, on sait que notre gardien va être capable de faire les arrêts qui sont nécessaires. »

Les adeptes de cette façon de faire le font pour des raisons stratégiques : l’idée, bien sûr, c’est de pouvoir miser sur un gardien qui est encore frais comme une rose au moment d’amorcer les séries, en avril. Pour les Bruins, la stratégie à deux a mené à d’excellents résultats la saison dernière, puisque le club de Boston s’est retrouvé en grande finale, avant de perdre contre les Blues de St. Louis.

C’est tout un contraste avec les adversaires de mercredi soir au TD Garden de Boston, et si la tendance se maintient, Carey Price, le gardien des adversaires en question, va une fois de plus fracasser la barre des 60 matchs disputés au cours d’une saison.

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Carey Price

« Je vois que Carey est tout aussi occupé cette saison, et tout dépend de comment il se sent avec cette charge de travail, de répondre Jaroslav Halak. Mais à mon avis, de tous les joueurs qui font partie d’une équipe de hockey, c’est le gardien qui doit être celui qui est le plus frais et dispo mentalement. C’est très important à mon avis. »

Il se trouve que les Bruins ont ce luxe. Le Canadien ? Pas tant.

Halak et le souvenir de 2010

Mine de rien, nous approchons du 10e anniversaire du printemps Halak. Résumons un peu, pour les plus jeunes : au printemps 2010, le Canadien était sorti de nulle part pour surprendre coup sur coup les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh lors des deux premiers tours des séries. Jaroslav Halak était devant le filet, bien sûr. « Je ne suis pas du genre à m’attarder au passé, a-t-il expliqué mardi à Boston. Mais il y a toujours des gens pour me rappeler ce qui est arrivé en 2010, surtout des gens de Montréal ou du Québec ! Ce que l’équipe a fait en 2010, je pense que ce fut amusant pour tout le monde, les joueurs, les fans, toute la ville. Dommage qu’on ait manqué d’essence en arrivant à la finale d’Association (contre les Flyers de Philadelphie). C’est pour des moments comme ça qu’on joue au hockey. »

Les Bruins sont là, encore

Les Bruins ne veulent pas ralentir, et après avoir atteint la grande finale la saison dernière, les voici au sommet du classement dans la LNH. Patrice Bergeron l’avoue : il ne se souvient pas d’avoir raté les séries bien souvent en 16 ans de carrière (la réponse : il a raté les séries cinq fois). « Pourquoi on a du succès depuis si longtemps à Boston ? C’est une bonne question… Au chapitre du développement des joueurs, l’accent a été mis sur la force de caractère. Il y a une ligne directrice par rapport aux joueurs qui arrivent ici, que ce soit au repêchage ou sur le marché des transactions ou des joueurs autonomes. C’est une culture qui a été installée chez les Bruins, je dirais, et on voit que ça rapporte. »