Depuis qu’Ilya Kovalchuk est arrivé chez le Canadien, les partisans et les journalistes ont découvert chez lui un joueur particulièrement enclin à décrire les choses telles qu’elles sont. Sans détour.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Si bien que dimanche après-midi, quand il a dit que ses coéquipiers et lui, reposés après une semaine de congé, n’avaient « pas d’excuse » pour justifier quelque contre-performance que ce soit, on a vite compris qu’il n’entendait pas à rire.

Même constat quand il a évoqué, le plus sérieusement du monde, la grande quantité de « matchs de quatre points » qui se succéderont pour le CH au cours des prochaines semaines.

« Il faut les aborder un par un, a-t-il encore dit. Nous devons croire en nous et profiter de l’appui de la foule. On va donner tout ce qu’on a. »

Visiblement, Kovalchuk avait étudié le calendrier du Canadien avec soin. Et, cela va sans dire, le classement. Les 10 points de retard du Tricolore sur le dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires ne lui ont pas échappé, pas plus que la présence des quatre autres équipes dont les aspirations sont identiques à celles des Montréalais.

Le refrain commence à être connu : s’il rêve encore d’étirer sa saison de hockey en avril prochain, le Canadien devra remonter une pente très, très abrupte. Ses chances de rater les séries sont de 96,6 %, selon le site Sports Club Stats.

En fait, ce n’est pas bien compliqué. Pour arriver à son improbable but, le Tricolore dispose de 32 matchs pour devenir un spécialiste dans quatre départements où il traîne de la patte :

1. Mettre beaucoup de points en banque

Si la saison se terminait immédiatement, les Hurricanes de la Caroline seraient la dernière équipe repêchée pour les séries. Or, ils se dirigent vers une récolte de 100 points. Jamais le billet d’entrée pour les séries n’a coûté si cher. Pour atteindre 100 points, le Canadien devrait mettre la main sur 49 des 64 points à sa disposition, soit un rendement de 76,5 %. Disons que c’est un rythme passablement supérieur aux 51 % de ses 50 premiers matchs.

2. Gagner à la maison

Un peu moins de la moitié (15) des 32 derniers matchs du Tricolore sera disputée au Centre Bell. Le Canadien n’a remporté que 10 de ses 26 matchs à domicile cette saison. Seulement deux formations, les pauvres Devils du New Jersey et les horribles Red Wings de Detroit, ont fait pire.

3. Battre des équipes de l’Est

On l’a déjà écrit, et la tendance ne se dément pas : le Canadien a beaucoup plus de succès contre des équipes de l’Ouest (11-8-0) cette saison que contre des adversaires de l’Est (11-13-7). Il faudra que ça change… immédiatement. Les cinq prochaines rencontres du CH l’opposeront à des équipes de sa conférence. Au total, on parle de 21 des 32 derniers matchs du calendrier.

4. Battre des rivaux directs

Ils sont là, les « matchs de quatre points » de Kovalchuk : il reste pas moins de 14 duels au Canadien à disputer contre les huit équipes qu’il aspire à rejoindre (les Panthers de la Floride trois fois, le Lightning de Tampa Bay, les Blue Jackets de Columbus et les Hurricanes de la Caroline) ou contre des formations qui sont impliquées dans la course pour les dernières places disponibles (les Sabres de Buffalo trois fois, les Maple Leafs de Toronto deux fois et les Rangers de New York). On inclut dans cette liste les Islanders de New York, présentement troisièmes de la division Métropolitaine, mais qui pourraient être impliqués dans la lutte aux clubs repêchés. La fiche du Canadien contre ces huit équipes cette saison : 5-7-2. Une autre tendance à renverser.

Dans le vestiaire, le mot d’ordre est clair.

Un match à la fois. Si on regarde le portrait global, ça va être vraiment difficile.

Phillip Danault

Le portrait global, en effet, est peu emballant. Cela ne semble toutefois pas nuire au moral de l’équipe. À l’entraînement, dimanche, la bonne humeur et l’ardeur au travail étaient au rendez-vous.

« La motivation n’est pas un problème, a assuré l’entraîneur-chef Claude Julien. Les gars veulent continuer à bien jouer. Depuis le début de l’année, en général, ils compétitionnent fort. »

Son équipe, a-t-il rappelé, n’a de contrôle que sur ses propres performances, malgré que l’entraîneur ne dirait pas non à « un peu d’aide en cours de route ». Autrement dit, une petite défaite çà et là d’une équipe concurrente. L’absence d’Alexander Ovechkin pour le match contre les Capitals de Washington, lundi soir, pourrait aussi entrer dans cette catégorie.

Blessés

Sur une note plus positive, le Canadien devrait bientôt compter sur le retour de Jonathan Drouin et de Brendan Gallagher.

Aucun des deux n’a pris part à l’entraînement régulier de dimanche, et on sait déjà qu’ils n’affronteront pas les Capitals, mais Julien s’est dit optimiste d’avoir de « bonnes nouvelles » cette semaine et de les voir rejoindre leurs coéquipiers.

Vêtus de leur équipement complet et supervisés par des thérapeutes de l’équipe, les deux joueurs ont patiné à haute intensité après que l’équipe eut quitté la glace.

Blessé au poignet gauche, Drouin vient de passer le seuil des 10 semaines de convalescence et tout indique que sa réadaptation touche à sa fin.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Brendan Gallagher

Le cas de Gallagher reste nébuleux. Il a subi une commotion cérébrale le 31 décembre dernier et a renoué avec l’action pour un seul match le 9 janvier. Il n’a pas rejoué depuis. L’équipe a d’abord fait savoir s’il souffrait de maux de tête, mais n’a jamais confirmé si ces douleurs étaient liées à sa commotion.

Comme il l’avait fait à son dernier retour au jeu, Gallagher s’est entraîné avec une visière teintée, dimanche. L’intolérance à la lumière vive est au nombre des symptômes d’une commotion.

Quant au dernier blessé de l’équipe, Paul Byron, il s’est encore contenté de patiner dans un survêtement de sport. Son retour devra donc encore attendre. Comme Drouin, il n’a pas joué depuis le 15 novembre.