Chaque nouveau joueur qui arrive chez le Canadien répète un peu le même refrain à son premier passage devant les caméras. C’est un honneur de jouer pour cette équipe, vu son histoire, ses Coupes Stanley, le flambeau, le Rocket… Il y a généralement un niveau d’enthousiasme supplémentaire quand c’est un Québécois. Et il y a maintenant le niveau Marco Scandella.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Le défenseur montréalais était littéralement survolté lorsqu’il a participé à sa première mêlée médiatique, vendredi midi, après l’entraînement de l’équipe au Complexe Bell de Brossard. Ruisselant de sueur, souriant à pleines dents, Scandella n’en finissait plus de dire combien il est heureux de rentrer à la maison.

PHOTO ADRIAN KRAUS, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Marco Scandella

De son propre aveu, les 24 heures dernières heures avaient été pour lui assez « délirantes ». Il a appris qu’il était échangé jeudi soir pendant l’échauffement de son ancien club, les Sabres, à quelques minutes d’un match à Buffalo contre les Oilers. Il s’est rué chez lui pour ramasser ses effets personnels, les a jetés dans sa voiture avec son équipement de hockey et a pris la route vers la métropole.

Il est entré dans son condo montréalais au petit matin vendredi. Il a tenté de dormir un peu, en vain.

« Même pendant la route, je ne m’endormais pas, a-t-il raconté. J’étais en feu ! J’écoutais de la musique, je pensais à des jeux… Je savais que des moments bien spéciaux s’en venaient pour moi. »

Quand il a appris la nouvelle de l’échange, la première personne qu’il a appelée a été sa mère, qui était, dit-il, « aux anges ».

Le hockey, pour lui, est une affaire de famille. Sa grand-mère, après avoir immigré à Montréal depuis son Italie natale, est devenue une partisane inconditionnelle du Canadien. Son oncle Sergio Momesso, aujourd’hui analyste à la radio, a disputé trois saisons pour le Tricolore. Son frère Giulio a passé une quinzaine d’années en Europe dans différents circuits professionnels.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE



Sergio Momesso

Si bien que pour Marco, à 29 ans et après 549 matchs dans la LNH, jouer au Montréal n’est pas un chapitre comme les autres dans sa carrière.

« Ç’a toujours été mon rêve de jouer ici, de porter ce chandail. Je suis vraiment chanceux. »

À propos de l’infâme pression du marché montréalais, il souligne qu’« en jouant dans la LNH, on est censé performer. On est payés pour jouer à ce jeu », a-t-il précisé.

D’ailleurs, il insiste pour rappeler que c’est bien de cela qu’il s’agit : un jeu.

« Je veux juste avoir du fun. Je suis chanceux d’avoir pu en faire mon métier », a-t-il ajouté.

Rôle à définir

Au cours de son premier entraînement avec sa nouvelle équipe, Scandella a été jumelé à Cale Fleury sur la troisième paire de défenseurs.

« C’est un bon jeune joueur, je pense qu’on va bien travailler ensemble, a analysé le vétéran de 10 saisons. On a essayé de commencer à développer une chimie, je voulais voir comment il bouge. Il est gros et il joue dur. »

Ses entraîneurs n’ont pas encore défini ce qu’ils attendaient de lui. On sait toutefois que Scandella est d’abord reconnu pour ses qualités défensives, bien qu’il assure être très à l’aise avec la rondelle. Marc Bergevin a souligné à quel point il appréciait son gabarit ; à 6 pi 3 po, il rejoint Jeff Petry et Ben Chiarot au deuxième rang des plus grands défenseurs du Canadien, un pouce sous Shea Weber.

Le nouveau-venu veut en outre « apporter une énergie positive et être un leader dans l’équipe ».

Bergevin, par contre, n’a pas voulu s’avancer sur les plans à moyen terme à l’égard de son nouveau défenseur. Scandella deviendra joueur autonome sans compensation le 1er juillet prochain. D’une part, le directeur général pourrait s’en servir comme monnaie d’échange à la date limite des transactions du 24 février. D’autre part, il pourrait tenter de retenir ses services si le mariage est heureux.

« Je ne ferme pas la porte pour l’an prochain, mais je ne suis pas là en ce moment. Ça va dépendre de ses performances avec l’équipe », a dit Bergevin, prudent.

Peu importe toutefois pour Scandella, qui compte savourer pleinement son passage à Montréal. Ça devrait commencer dès samedi soir contre les Penguins au Centre Bell.