Les noms de Daniel Prybil, Juraj Mikus, Nichlas Torp, Petteri Simila et Maxim Trunev vous évoquent quelque chose ? À moins d’être un crack du repêchage, probablement pas.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ces cinq joueurs ont représenté le Canadien de Montréal au Championnat mondial junior ces 15 dernières années. Aucun ne s’est même approché du vestiaire au Centre Bell.

Il faut donc éviter les superlatifs à la veille de Noël au moment d’énumérer la liste des espoirs du Canadien à ce prestigieux championnat.

Une place prépondérante au sein de l’équipe canadienne a une valeur nettement plus relevée que celle d’un attaquant obscur de la formation slovaque, par exemple. Et encore, on peut être un joueur de premier plan avec le Canada et la Russie sans pour autant percer dans la LNH.

Cette année, le Canadien aura trois représentants au Championnat mondial junior : Cole Caufield, Kaiden Guhle et Jan Mysak. Caufield sera l’un des principaux leaders offensifs de l’équipe américaine. Guhle est l’un des deux joueurs de 18 ans de la formation canadienne. Il a mérité un poste malgré une compétition très vive en défense. Mysak sera sans doute le meilleur attaquant d’une faible équipe tchèque.

Entre 2012 et 2014, le CH a pu compter sur six représentants dans chacun des trois tournois. Sur ces douze joueurs (certains ont participé à plus d’un tournoi), seuls Brendan Gallagher et, dans une certaine mesure, Alex Galchenyuk sont devenus des joueurs de premier plan. On s’est permis d’inclure Galchenyuk malgré des années difficiles parce qu’il a déjà marqué 30 buts et qu’il a permis d’obtenir un ailier de premier plan, Josh Anderson, acquis pour Max Domi, obtenu dans un premier temps pour Galchenyuk. Artturi Lehkonen est un attaquant de qualité, mais pas de premier plan.

Montréal a pu compter sur quatre espoirs lors du championnat de 2010 : Joonas Nattinen et Petteri Simila (Finlande), Danny Kristo (États-Unis) et Maxim Trunev (Russie). Nattinen a joué 1:45 lors de son seul match dans la LNH, les autres n'ont jamais eu la chance de participer à une seule rencontre.

Il y en avait seulement trois en 2008, mais Max Pacioretty, P.K. Subban et Yannick Weber totalisent ensemble 1973 matchs dans la Ligue nationale de hockey.

Fait important à noter, les formations juniors ne sélectionnent pas les meilleurs espoirs, mais les jeunes joueurs qui leur permettront de gagner à court terme. « Certains vont peut-être devenir des joueurs extraordinaires dans quatre ans dans la LNH, mais pour un tournoi sur un mois où il faut des résultats à court terme, on a fait nos choix en conséquence », m’avait confié Joël Bouchard à la veille du tournoi en 2017.

L’entraîneur du Rocket de Laval était alors à la tête de l’équipe canadienne avec l’entraîneur Dominique Ducharme, l’adjoint de Claude Julien aujourd’hui. Bouchard et Ducharme cherchaient des joueurs talentueux, certes, mais aussi polyvalents.

« Des fois, on ne prend pas ces choix de première ronde parce que leur jeu n’est pas assez complet, avait ajouté Bouchard. Dans le junior, un joueur peut s’en tirer avec un ou deux atouts. Puis il arrive dans le pro après avoir dominé chez les juniors et il n’est plus capable de rien faire. Il est rapide, mais il n’amène pas d’eau au moulin. Certains y parviennent après un certain temps, d’autres, jamais. »

La direction du Canadien espère avoir frappé le grand coup en 2019 : un nombre élevé de représentants au Mondial junior ET plusieurs joueurs de qualité dans leur formation.

Ça regarde bien pour l’instant. Nick Suzuki vient de s’établir au centre d’un trio offensif et le défenseur Alexander Romanov semble assuré d’un poste en défense. Il figure même parmi les candidats au trophée Calder remis à la recrue par excellence selon certains observateurs, même si ses chances de terminer parmi les finalistes sont probablement faibles.

Le gardien Cayden Primeau progresse bien à Laval et à moins d’une surprise de taille, il aura une belle carrière dans la LNH. Ryan Poehling et Jesse Ylonen devront probablement faire leurs preuves à Laval cet hiver, à moins qu’ils ne fassent déjà partie d’une formation élargie du Canadien ces prochains mois. Josh Brook et Jacob Olofsson ne sont pas dans la même catégorie pour l’instant, mais ils ont 21 et 20 ans et il serait prématuré de les écarter d’emblée.

2021 (3)
Cole Caufield (USA)
Kaiden Guhle (Canada)
Jan Mysak (République tchèque)

2020 (4)
Alexander Romanov (Russie)
Cole Caufield (États-Unis)
Mattias Norlinder (Suède)
Jordan Harris (États-Unis)
Jacob Olofsson (Suède) -BLESSÉ-

2019 (7)
Ryan Poehling (États-Unis)
Cayden Primeau (États-Unis)
Alexander Romanov (Russie)
Nick Suzuki (Canada)
Josh Brook (Canada)
Jacob Olofsson (Suède)
Jesse Ylonen (Finlande)
Joni Ikonen (Finlande) -BLESSÉ-

2018 (3)
Ryan Poehling (États-Unis)
Victor Mete (Canada)
Joni Ikonen (Finlande)

2017 (2)
Mikhail Sergachev (Russie)
Noah Juulsen (Canada)

2016 (0)

2015 (4)
Zach Fucale (Canada)
Martin Reway (Slovaquie)
Jacob de la Rose (Suède)
Artturi Lehkonen (Finlande)

2014 (6)
Jacob de la Rose (Suède)
Zach Fucale (Canada)
Charles Hudon (Canada)
Artturi Lehkonen (Finlande)
Martin Reway (Slovaquie)
Sebastian Collberg (Suède)

2013 (6)
Jacob de la Rose (Suède)
Artturi Lehkonen (Finlande)
Sven Andrighetto (Suisse)
Martin Reway (Slovaquie)
Alex Galchenyuk (États-Unis)
Sebastian Collberg (Suède)

2012 (6)
Sven Andrighetto (Suisse)
Sebastian Collberg (Suède)
Nathan Beaulieu (Canada)
Daniel Prybil (République tchèque)
Jarred Tinordi (États-Unis)
Brendan Gallagher (Canada)

2011 (2)
Louis Leblanc (Canada)
Joonas Nattinen (Finlande)

2010 (4)
Joonas Nattinen (Finlande)
Petteri Simila (Finlande)
Danny Kristo (États-Unis)
Maxim Trunev (Russie)

2009 (5)
Joonas Nattinen (Finlande)
Danny Kristo (États-Unis)
Ryan McDonagh (États-Unis)
P.K. Subban (Canada)
Nichlas Torp (Suède)

2008 (3)
Max Pacioretty (États-Unis)
P.K. Subban (Canada)
Yannick Weber (Suisse)

2007 (4)
Carey Price (Canada)
Yannick Weber (Suisse)
Juraj Mikus (Slovaquie)
Sergei Kostitsyn (Biélorussie)

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