En se rendant au camp de sélection d’Équipe Canada junior, le Montréalais Devon Levi, comme tant d’autres avant lui, réalisait un rêve. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’aventure n’a rien de magique jusqu’ici.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Arrivé en Alberta des États-Unis au début de la semaine dernière, le gardien de l’Université Northeastern a dû, avec Dylan Holloway et Alex Newhook, eux aussi de la NCAA, s’entraîner à l’écart du reste de l’équipe afin d’observer une quarantaine.

C’est finalement mardi dernier qu’il devait rejoindre le groupe en participant directement à un premier match intraéquipe. Celui-ci n’a jamais eu lieu, car l’éclosion de COVID-19 a forcé tout le monde à se cloîtrer à l’hôtel.

Quand il sortira de sa chambre le 7 décembre, Levi aura donc passé presque quatre semaines entières sans participer à un entraînement complet avec l’équipe.

« Ce n’est pas facile, et certainement pas amusant », a avoué le gardien de 18 ans, hier soir, de Red Deer.

N’empêche, « il faut faire ce qui est nécessaire pour s’assurer que tout le monde est en santé et prêt à aller de l’avant », a ajouté Levi. « J’ai juste hâte d’avoir la chance de jouer. »

À l’instar de ses 45 coéquipiers, il devra prendre en charge son entraînement personnel dans sa chambre et se tenir occupé au cours des 10 prochains jours afin de sauter sur la glace au sommet de sa forme et de sa concentration. Ce qui n’est pas une mince tâche dans les circonstances actuelles.

En plus des activités en ligne organisées avec le reste de l’équipe – il se préparait à une réunion en ligne suivie d’un quiz au moment de notre conversation –, Levi a prévu de retrouver une routine qu’il connaît bien. Dans un portrait consacré au gardien au début du mois de novembre, La Presse décrivait en effet le soin maladif qu’il consacre à l’étude du jeu en général et à ses performances en particulier.

Il a donc avec lui l’entièreté du tournoi de l’année dernière sur vidéo, de même que des séquences filmées du Mondial junior A, évènement dont il a été nommé joueur par excellence la saison dernière.

Mon but est d’être sélectionné dans l’équipe et de gagner la médaille : je vais faire tout en mon pouvoir pour y arriver. Je ne peux pas être sur la glace, mais il y a d’autres moyens de continuer à s’améliorer.

Devon Levi

Il mise en outre sur la visualisation, technique qu’il utilise depuis l’été 2018, alors qu’une blessure à une cheville l’a cloué à la maison pendant des semaines.

« Bien sûr, ce n’est pas exactement la même chose [qu’un entraînement sur glace], mais ça s’en approche. Pendant cette convalescence, j’ai réussi à visualiser des entraînements et des matchs dans ma tête et ç’a réellement aidé. »

Il affirme embrasser ce nouveau défi en voyant le proverbial verre « à moitié plein ». En outre, il adhère « à 100 % » à la réflexion de l’entraîneur André Tourigny selon laquelle les prochaines semaines permettront de révéler certaines qualités chez les joueurs confinés.

« Nous vivons des moments difficiles, mais il y en aura d’autres pendant le tournoi, souligne-t-il. Notre manière de nous comporter dictera celle que nous adopterons dans le futur. »

D’une manière ou d’une autre, la situation actuelle ne lui laisse « pas vraiment le choix », admet-il en riant.

« Alors, la meilleure manière d’aborder ce défi, c’est en restant positif, conclut-il. Je suis emballé de passer au travers, et je crois que ça fera de nous une meilleure équipe. »