Le Canadien détenait un grand nombre de choix de deuxième tour à l’aube du repêchage de 2018. Deux ans et demi plus tard, la stratégie permet de moins souffrir quand certains espoirs de l’équipe ne produisent pas au rythme voulu.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

L’ailier droit Jesse Ylonen est l’un de ces trois choix de deuxième tour, et l’un des 15 espoirs du Canadien à l’œuvre quelque part dans le monde cet automne.

Ylonen a montré quelques beaux flashs il y a deux semaines avec la formation des Pelicans avec trois buts en quatre matchs, en première ligue finlandaise (Liiga), mais en fin de compte, sa production est mince : en 17 matchs, il a amassé quatre maigres points, dont trois buts.

De telles statistiques passent encore à 17 ou 18 ans, mais Ylonen, 35choix au total, vient d’avoir 21 ans et il en est à sa troisième saison là-bas. Malgré toutes ses belles qualités, s’il est incapable de produire dans une telle ligue, comment espérer voir en lui un ailier droit de premier ou de deuxième trio dans la Ligue nationale de hockey ?

Ylonen reviendra en Amérique à la reprise des activités, pour se joindre au Rocket de Laval. On devra s’en faire une idée plus claire au fil des mois sous la tutelle de Joël Bouchard.

Le centre/ailier Jacob Olofsson, 20 ans, a été repêché une vingtaine de rangs plus loin, en 56e place, avec le choix des Maple Leafs de Toronto obtenu contre Tomas Plekanec à l’époque.

Les choses ne se déroulent pas très bien pour lui. Sa production avec le club de Skellefteå, l’un des plus puissants en première division suédoise (SEL), n’était pas à la hauteur (deux points en 16 matchs) et son temps d’utilisation en a souffert. Récemment, il jouait moins de 10 minutes par rencontre.

Olofsson vient de quitter Skellefteå pour retrouver son ancien club, Timrå, désormais en deuxième division. Il pourra y retrouver sa confiance, et sans doute son poste de centre. Mais il est encore loin, très loin de Montréal. Et peut-être, sans doute, ne l’y verra-t-on jamais.

Le CH détenait un quatrième choix de deuxième tour, le dernier, au 62rang, acquis contre Lars Eller. Marc Bergevin l’a échangé contre un choix de troisième tour, neuf rangs plus loin, et un choix supplémentaire de cinquième tour.

Après avoir repêché l’attaquant Cam Hillis au 66e rang, Trevor Timmins a choisi le défenseur Jordan Harris avec le choix au 71e rang.

Harris devrait entamer sa saison le 18 décembre avec Northeastern. Il est l’un des espoirs les plus prometteurs de l’organisation en défense, un pilier à Northeastern (il devrait jouer entre 27 et 30 minutes par match l’hiver prochain) et au sein de l’équipe nationale junior américaine au Championnat mondial l’an dernier.

Sans cette surabondance de choix, la cuvée 2018 pourrait paraître décevante. Il y aurait bien sûr Jesperi Kotkaniemi, troisième choix au total, mais après ? Probablement Ylonen, Olofsson ou Hillis avec le choix de troisième tour, Allan McShane au quatrième tour (il n’est déjà plus avec l’organisation), Jack Gorniak au cinquième.

Mais avec le surplus de sélections, le CH a pu repêcher au 38e rang, après Ylonen, un certain Alexander Romanov, grâce au choix offert par les Blackhawks de Chicago avec Phillip Danault pour obtenir les joueurs de location Dale Weise et Tomas Fleischmann.

Romanov n’a pas encore joué de match dans la LNH. Mais il a été nommé au sein de l’équipe d’étoiles du Championnat mondial junior deux fois, en 2019 et 2020 (le seul avec Dion Phaneuf à réussir l’exploit dans les années 2000) et suffisamment impressionné Claude Julien à l’entraînement pendant les séries à Toronto pour que le coach ose lui confirmer une place à Montréal avant même le début de la saison.

Harris n’appartiendrait sans doute pas à l’organisation, lui non plus, sans cette abondance de choix. Si tout se déroule comme prévu, il pourrait signer un contrat avec Montréal à la fin de la saison.

Il y a toujours des perles à trouver au deuxième tour. Mais elles sont rares. En 2013, seulement neuf joueurs sur les 30 repêchés sont devenus des réguliers dans la LNH : J.T. Compher, Jacob de la Rose, Adam Erne, Robert Hagg, Tristan Jarry, Artturi Lehkonen, William Carrier, Tyler Bertuzzi et Zach Sanford. Combien de joueurs de premier plan ? Pour l’instant deux, Jarry et Bertuzzi.

L’année suivante, en 2014, ils étaient sept. C’est un peu la moyenne, une chance sur trois. Mais pour les stars, c’est deux ou trois sur trente. Aussi bien détenir plusieurs choix…

* Jack Gorniak, le choix de quatrième tour du CH en 2018, est le coéquipier de Cole Caufield au Wisconsin. Un travailleur infatigable. Employé dans les missions plus défensives. Quatre points en six matchs cette saison. Mais, dans le meilleur des cas, avec un développement optimal, et surprenant, un joueur de soutien dans la Ligue nationale. Le Canadien s’est intéressé à lui parce qu’il venait de connaître une saison de 56 points, dont 28 buts, en 24 matchs avec l’équipe de son école secondaire, dont il était le capitaine. Mais au niveau supérieur, la NCAA, ses limites ont vite été exposées.

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