Cole Caufield a finalement explosé, mardi soir.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ce redoutable marqueur de 5 pieds et 7 pouces a compté trois buts contre Penn State, son quatrième en deux soirs, face aux Nittany Lions.

Caulfield, choix de première ronde du Canadien en 2019, a désormais amassé huit points, dont quatre buts, en six matchs depuis le début de la saison dans la conférence Big Ten de la NCAA.

En temps normal, un espoir du CH ne serait pas l’objet d’une deuxième analyse en trois jours. Mais comme Caufield est l’un des rares hockeyeurs à s’escrimer sur une glace en ces temps de pandémie, permettez qu’il revienne un peu plus souvent dans l’actualité.

Demeurons parfaitement objectifs et allons-y d’abord avec les fleurs, puis ensuite le pot.

L’aspect intéressant : même s’il est très mal entouré à Wisconsin, Caufield est capable de générer ses propres chances de marquer. Sur ses trois buts, mardi, il est entré en zone adverse en possession de la rondelle et a conclu lui-même le jeu.

Sur le premier, il a déjoué un premier adversaire à la ligne bleue, avant de déborder le défenseur et battre le gardien d’un tir foudroyant.

Sur le second, il a reçu une longue passe en zone neutre avant de battre le défenseur de vitesse et déjouer le gardien d’un autre lancer sec et vif.

Le troisième a été compté dans un filet désert. Il a profité d’une perte de rondelle de l’adversaire en zone neutre.

Sur son but la veille, il avait récupéré une rondelle à sa ligne bleue en supériorité numérique, transporté le disque en zone adverse, effectué un court échange de passes avec un coéquipier à la ligne bleue adverse, déjoué un adversaire, puis le gardien.

Caufield a la chance — un don — de posséder un tir extraordinaire, déjà du calibre de la LNH. Il a amélioré sa vitesse, ce qui lui permet de provoquer davantage de jeu et pas seulement de laisser les occasions venir à lui. Il parvient aussi à créer des jeux pour ses coéquipiers.

Après l’école secondaire, où il a marqué 75 buts en 45 matchs, le programme de développement américain, où il en a réussi 82 en 83 matchs, il réussit à produire à un autre niveau, supérieur. Caufield a désormais 23 buts et 44 points en 42 matchs dans la NCAA, avant même l’âge de 20 ans.

Ses détracteurs pourront cependant dire que Caufield a marqué ses quatre buts cette année contre une formation plus faible. Que ces quatre buts ont été comptés alors que les Badgers détenaient déjà une avance de deux buts. Ils n’auront pas tort.

Si l’on exclut son but dans un filet désert, mardi, il a aussi obtenu six de ses sept points en supériorité numérique.

Mais il faut accepter Caufield pour ce qu’il est, un joueur résolument offensif. Il ne joue jamais en infériorité numérique et son entraîneur Tony Granato évite autant que possible de l’envoyer sur la glace pour les mises en jeu en territoire défensif.

Il lui arrive encore de « tricher » défensivement. Sur son deuxième but, il était déjà en zone neutre alors que la rondelle se trouvait profondément en territoire défensif. Heureusement, la « bombe » de son défenseur a pu se faufiler jusqu’à lui.

Le jeune homme est encore jeune. Il est intelligent. Et travaillant. Il saura sans doute peaufiner son jeu dans les prochaines années.

Il faut divers ingrédients pour permettre à un club de gagner. Le Canadien a déjà de jeunes centres prometteurs, un gardien solide pour encore quelques années et une relève prometteuse en défense. Caufield, lui, possède l’un des ingrédients plus recherchés : des mains. Laissons la fleur s’épanouir…

Revoyez les faits saillants de son match de mardi soir.

*Malgré la perte d’éléments clés, les Badgers ont désormais une fiche de 4-1-1 depuis le début de la saison. Ils affrontent samedi et dimanche les faibles Sun Devils de l’Université Arizona State. Ceux-ci ont perdu leurs quatre premiers matchs au cours desquels ils ont marqué deux buts et en ont accordé quatorze…

À LIRE

Simon Olivier-Lorange sest entretenu avec le choix de deuxième ronde du Canadien en 2020, Jan Mysak. Il évoque aussi le « Sommet de Prague », cette rencontre entre Tomas Plekanec et Mysak, rebaptisée ainsi sur Twitter par le collègue du Journal de Montréal, Jean-François Chaumont, jamais à court de jeux d’esprit !