Le repêchage 2020 de la LNH n’était pas comme les autres. Repoussé de plus de trois mois en raison de la pandémie de la COVID-19, l’encan amateur annuel présenté en ligne a donné droit à des situations particulières.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne

Des joueurs européens ont appris leur sélection en sortant de la patinoire après un match, tandis que les espoirs québécois évoluant dans les provinces atlantiques, comme les défenseurs des Sea Dogs de Saint-Jean Jérémie Poirier et William Villeneuve, n’ont pas pu partager ce moment important avec leurs proches.

PHOTO TIRÉE DU SITE INTERNET DES ISLANDERS DE CHARLOTTETOWN

Lukas Cormier

« C’est très difficile de ne pas être en mesure de vivre ça avec ses parents. C’est triste pour eux et moi, a dit Villeneuve, qui est originaire de Sherbrooke. Mes parents et ma grande sœur ont fait beaucoup de sacrifices pour moi. Ç’aurait été une super belle journée à vivre avec eux. La COVID, c’est quelque chose que nous ne contrôlons pas. »

Villeneuve et Poirier, de Salaberry-de-Valleyfield, ont plutôt suivi le repêchage avec leur famille de pension. Villeneuve était toutefois heureux d’aboutir chez les Maple Leafs, qui l’ont sélectionné en quatrième ronde, 122e au total.

« C’est une organisation de grande classe, qui développe bien ses jeunes », a dit celui qui a été dirigé par l’ancien gardien des Leafs Félix Potvin chez les Cantonniers de Magog au niveau Midget AAA.

De son côté, Poirier a été choisi par les Flames de Calgary en troisième ronde, 72e au total. Il était le deuxième joueur canadien de la Ligue de hockey junior majeur du Québec à être sélectionné au cours de la journée, après le défenseur Lukas Cormier.

Les observateurs les plus audacieux croyaient aux chances de Poirier et Cormier d’être repêchés tard en première ronde. Cormier, qui est natif de Sainte-Marie-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, a finalement été choisi quatre échelons avant Porier, au 68e rang par les Golden Knights de Vegas.

Les deux sont des défenseurs productifs dans la LHJMQ, mais des points d’interrogation les entourent concernant leur potentiel dans la LNH et leur travail en zone défensive.

« Je suis content que les Flames m’offrent cette chance de faire mes preuves et de démontrer à tout le monde ce que je peux faire, a dit Poirier. C’est un rêve devenu réalité. »

Poirier a amassé 53 points en 64 matchs avec les Sea Dogs l’hiver dernier. Cormier en a récolté 36 en 44 rencontres avec les Islanders de Charlottetown.

La LHJMQ avait connu une soirée faste mardi, quand cinq de ses joueurs avaient été repêchés lors de la première ronde, incluant Alexis Lafrenière au premier rang. Il s’agissait de la meilleure récolte du circuit Courteau depuis 2013, quand six joueurs avaient été choisis.

Seulement deux joueurs de la LHJMQ ont été sélectionnés lors du deuxième tour, mercredi. Il s’agit des attaquants russes Vasiliy Ponomarev, des Cataractes de Shawinigan, et Egor Sokolov, des Eagles du Cap-Breton. Ils ont été choisis respectivement par les Hurricanes de la Caroline, au 53e rang, et les Sénateurs d’Ottawa, au 61e échelon.

Après Cormier et Poirier au troisième tour, le défenseur autrichien Thimo Nickl, des Voltigeurs de Drummondville, a été choisi par les Ducks d’Anaheim en quatrième ronde, un peu avant Villeneuve.

Quatre joueurs de la LHJMQ ont été sélectionnés en cinquième ronde : les attaquants Elliot Desnoyers, des Mooseheads de Halifax, au 135e rang par les Flyers de Philadelphie, Ryan Francis, des Eagles, au 143e rang par les Flames, Raivis Ansons, du Drakkar de Baie-Comeau, au 149e rang par les Penguins de Pittsburgh, et William Dufour, des Voltigeurs, au 152e rang par les Islanders de New York.

Lors du sixième tour, l’attaquant Philippe Daoust, des Wildcats de Moncton, et le gardien Rémi Poirier, des Olympiques de Gatineau, ont trouvé preneur. Daoust a été choisi au 158e rang par les Sénateurs et Poirier, au 185e échelon par les Stars de Dallas.

Finalement, le défenseur Louis Crevier, des Saguenéens de Chicoutimi, a été sélectionné en septième ronde, 188e au total, par les Blackhawks de Chicago, puis l’attaquant Adam Raksa, de l’Océanic de Rimouski, a été l’élu des Sharks de San Jose au 201e échelon.

En tout, 19 joueurs de la LHJMQ ont été repêchés, un de plus que l’an dernier.

Une troisième génération de Bordeleau dans la LNH

Le premier joueur avec des racines québécoises sélectionné au cours de la deuxième journée du repêchage a été Thomas Bordeleau, fils de Sébastien et petit-fils de Paulin. Il a été pris par les Sharks au 38e rang.

Même s’il est né au Texas et qu’il a passé les deux dernières saisons au sein du Programme de développement américain, Thomas Bordeleau a grandi en Suisse pendant 10 ans avant de rentrer au Québec après la fin de la carrière son père. Il a disputé son hockey mineur dans les Laurentides et Lanaudière.

« Mon père m’aide à travailler sur mon jeu depuis que je suis tout petit et mon grand-père a été mon entraîneur au niveau Midget (avec le Phénix du Collège Esther-Blondin). Les deux ont eu une grande influence sur moi », a raconté Bordeleau.

Il est maintenant engagé à jouer à l’Université du Michigan.

Dans un autre ordre d’idée, Donovan Sebrango, le fils de l’ancienne étoile de l’Impact de Montréal Eduardo Sebrango, a été repêché en troisième ronde, 63e au total, par les Red Wings de Detroit. Donovan Sebrango est un défenseur qui évolue avec les Rangers de Kitchener, dans la Ligue de hockey de l’Ontario.