Une saison vue « d’un bon œil » au cabinet de la ministre Charest

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a franchi une étape de plus vers une saison 2020-2021 qui s’amorcerait le 1er octobre.

Le plan présenté au cabinet de la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a été accueilli favorablement. Il reste encore cependant plusieurs questions à régler.

Ce plan se détaille comme suit, selon des détails que La Presse a pu obtenir vendredi :

• Une saison de 60 matchs, au lieu de 68;

• La ligue serait réaménagée en trois divisions de six équipes;

• Tous les matchs opposeraient des rivaux de division;

• Les six équipes des provinces maritimes (Acadie-Bathurst, Cap-Breton, Charlottetown, Halifax, Moncton, Saint John) seraient réunies dans une même division;

• Blainville-Boisbriand, Drummondville, Gatineau, Rouyn-Noranda, Sherbrooke et Val-d’Or formeraient une division;

• Baie-Comeau, Chicoutimi, Québec, Rimouski, Shawinigan et Victoriaville en formeraient une autre;

• Un maximum de 34 joueurs au camp d’entraînement, plutôt que 60;

• Début des camps le 26 août;

• Le format des séries éliminatoires sera déterminé au plus tard en décembre.

Il importe de noter que la question cruciale de la présence ou non de spectateurs (nous y reviendrons) ne fait pas partie du plan soumis au cabinet de la ministre.

« On voit le plan d’un bon œil. Du côté du ministère de l’Éducation, on a bon espoir d’avoir une saison si tout se passe bien et que les gens continuent à suivre les règles de la Santé publique », a indiqué à La Presse Alice Bergeron, attachée de presse de Mme Charest.

Les spectateurs, la clé

Des questions demeurent néanmoins en suspens. La principale : la Santé publique donnera-t-elle son aval ? Cette autorisation est essentielle, car l’avis favorable du ministère de l’Éducation à lui seul ne suffit pas.

Si le plan est accepté, les matchs devront-ils être joués à huis clos ? Qu’en sera-t-il des équipes des provinces maritimes, où les taux d’infection très bas ont mené à la formation d’une « bulle » atlantique ?

Les discussions avec la Santé publique sont en cours et vont bon train, nous assure-t-on. Rappelons qu’à l’heure actuelle, les activités sportives collectives qui se déroulent à l’intérieur sont permises « à condition de respecter des directives de santé publique, notamment celles concernant les déplacements non essentiels et les rassemblements de spectateurs », lit-on sur le site du gouvernement.

Ainsi, la Ligue de hockey midget AAA du Québec, par exemple, prévoit un début de saison le 11 septembre et des camps d’entraînement en août.

Il n’est toutefois pas certain que la Santé publique donnerait le feu vert à une reprise devant spectateurs.

Or, la présence de spectateurs constitue un enjeu économique incontournable pour des équipes qui fonctionnent avec des budgets limités. Si le huis clos est imposé, le gouvernement offrira-t-il une aide financière aux 12 équipes situées sur le territoire québécois ? C’est une question qui se pose.

À titre indicatif, les Remparts de Québec ont mené la ligue cette saison pour les assistances avec une moyenne de 8477 spectateurs, selon HockeyDB, dans le très spacieux Centre Vidéotron, capable d’accueillir 18 000 spectateurs. À l’autre extrémité du spectre, le Drakkar de Baie-Comeau évolue dans le plus petit amphithéâtre de la ligue, le Centre Henry-Leonard, qui peut accueillir 2779 spectateurs, selon Le Quotidien. Pour 2019-2020, HockeyDB indique une moyenne de 1582 spectateurs.

La LNH reprendra ses activités à huis clos le 1er août, mais le circuit touche d’importants revenus de télévision qui lui permettent de justifier la tenue de matchs dans de telles conditions. Ces revenus permettent aussi à la ligue de placer les équipes dans des « bulles » et de financer des tests quotidiens pour les joueurs et le personnel de soutien, ce que les équipes de la LHJMQ ne pourront évidemment pas faire.

La majorité des joueurs juniors vivent dans des familles de pension, ce qui pose des enjeux supplémentaires de transmission, car les membres de ces familles de pension peuvent travailler dans plusieurs milieux.

Par contre, puisqu’il est question de coûts, le format de trois divisions avec des matchs exclusivement entre les équipes d’une même division permettra justement de réduire grandement les coûts de déplacement. En limitant le nombre de nuits à l’hôtel, la LHJMQ se donne du même coup un argument supplémentaire pour convaincre la Santé publique, qui redoute les contaminations d’une région à l’autre.

Enfin, il faudra aussi régler la question des provinces maritimes, où le déconfinement du sport n’a pas été fait aussi rapidement qu’au Québec. À titre indicatif, Hockey Nouveau-Brunswick publiait mercredi son plan de retour au jeu en cinq phases. La reprise des matchs arrive à la phase 3, et la phase 1 devra durer au moins deux semaines. Au Québec, les arénas ont rouvert le 22 juin.

De plus, la réglementation est très stricte quant à l’admission de non-résidants des provinces de l’Atlantique à l’intérieur de la « bulle » formée par les trois autres provinces.

En coulisses, on a toutefois bon espoir que Québec donne l’impulsion aux autres provinces en autorisant une campagne 2020-2021. Il s’agit là d’un autre enjeu incontournable, puisque le scénario d’une saison avec seulement les 12 équipes du Québec est catégoriquement exclu.