Dans un contexte de retour au jeu post-pandémie, Pascal Dupuis n’oserait pas parier contre Sidney Crosby, dont le rôle au coeur de la « bulle » des Penguins sera sans doute très stimulant pour ses coéquipiers.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

« Tu sais qu’il ne tournera jamais les coins ronds, confie l’ancien ailier des Penguins de Pittsburgh au téléphone. Il va toujours faire les choses de la bonne façon pour réussir. Et quand ton leader est méticuleux dans son processus, tout le monde suit, ça va de soi. »

Dupuis est bien placé pour parler. Il a constitué le fidèle ailier de Crosby pendant de nombreuses années, jusqu’à sa retraite en 2016.

Malgré les réticences affichées par certains joueurs, dont Carey Price et Phillip Danault, dans les mois précédents, Dupuis ne voit personne entamer la ronde préliminaire sans conviction.

« Est-ce qu’un joueur de la Ligue nationale va tenter de remporter la Coupe Stanley à reculons ? Je n’y crois pas. Certains exprimaient sans doute leurs craintes devant l’inconnu. On est des "bibittes" à routine, notre horaire est toujours établi un an à l’avance, c’était de l’inconnu pour tout le monde. C’est plutôt ça que certains voulaient exprimer, j’en suis sûr. »

Le Canadien aura devant lui l’adversaire le plus coriace possible en ronde préliminaire. Le retour au jeu de Jake Guentzel repoussera des joueurs de talent sur d’autres trios. L’acquisition de Jason Zucker et Connor Sheary à la date limite des transactions ajoute des munitions à l’attaque. Jared McCann s’est établi au centre du troisième trio. Brandon Tanev est un joueur de quatrième trio de luxe.

L’éclosion de certains joueurs a étonné Dupuis. « Bryan Rust a explosé avec 27 buts [en 55 matchs], c’est le meilleur buteur de l’équipe. Jake Guentzel [43 points en 39 matchs], c’est une machine. Tu ajoutes les Hornqvist, Malkin, Crosby, Sheary, ils ont du punch à l’attaque et des joueurs capables d’évoluer dans toutes les situations. »

En défense, la progression des jeunes John Marino et Marcus Pettersson, désormais la deuxième paire du club, devant les vétérans Jack Johnson et Justin Schultz, donne beaucoup de profondeur à l’équipe.

« On a dit des Penguins qu’ils avaient gagné en 2016 et 2017 avec une défense ordinaire, mais ils sont très solides en ce moment. Ils ont sept défenseurs capables de joueur dans la Ligue nationale. Dans un sprint comme ça, il va y avoir des blessures, ils auront les ressources. Marino a pris des minutes importantes quand Kris Letang était blessé. C’est un gros droitier, mobile. Ils ne pensaient sûrement pas qu’il serait dans le top 6. Ça sort un vétéran de la formation. »

Incapable de s’entendre avec les Oilers d’Edmonton à la fin de sa carrière universitaire, Marino a coûté un choix de sixième ronde l’été dernier. Pettersson a été obtenu en retour de Daniel Sprong en 2018. Sprong est passé depuis aux Capitals de Washington et jouait dans la Ligue américaine lors de l’interruption de la saison.

« C’est lui [le DG Jim Rutherford] qui pèse sur la gâchette, mais il est bien conseillé. Il y a de bons hommes de hockey à Pittsburgh. Bill Guerin était là quand je jouais, Mark Recchi et Jason Botterill aussi. Ils sont tous devenus directeurs généraux ou occupent des positions importantes ailleurs. »

Dupuis prévoit cependant des surprises dans les prochaines semaines. « Ce sont des courtes séries et les gars n’ont pas joué depuis longtemps. L’équipe qui sera la mieux préparée aura l’avantage. Michel Therrien était une machine à préparer un club rapidement au camp d’entraînement. Le staff qui aura la meilleure préparation va avoir le plus de succès. Les Penguins ont la meilleure équipe, mais on ne sait jamais dans une série trois de cinq. »

Comme plusieurs joueurs ou anciens joueurs de la LNH, Pascal Dupuis est désormais très impliqué dans le hockey junior, à titre de nouvel actionnaire des Cataractes de Shawinigan. Il a de la compagnie, avec Jocelyn Thibault à Sherbrooke, Patrick Roy à Québec, Philippe Boucher à Drummondville, Bobby Smith à Halifax, Marc Denis à Chicoutimi ou Derick Brassard à Gatineau, entre autres.

« Les Finlandais, les Suédois, les Américains ont tous pris un pas côté développement, répond Dupuis. Pourquoi ? Les anciens pros reviennent et aident beaucoup dans les programmes de développement et au sein des clubs juniors. C’était un manque ici.

« C’est un mouvement qui est juste bon pour les kids. Il n’y avait pas beaucoup d’anciens à mon époque même si j’ai eu de bons entraîneurs, dont André Tourigny. »

Pascal Dupuis est actionnaire à Shawinigan, mais il conseille aussi la direction. « J’épaule Martin Mondou et Mario Carrière, je me suis impliqué dans le repêchage et dans toutes les discussions. Notre entraîneur en chef n’a pas encore été nommé, on fait des rencontres, je suis très actif. »