(Sunrise) Pour illustrer la fougue que déployait Henri Richard, décédé vendredi à l’âge de 84 ans, Claude Julien a désigné Brendan Gallagher comme l’un des héritiers du « Pocket Rocket ».

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Gallagher a souri quand il a été invité à y apporter son grain de sel à cette comparaison. Or, même s’il s’en est dit flatté il s’est empressé de souligner que selon lui, son entraîneur faisait davantage référence à son petit gabarit et à son style de jeu qu’à ses habiletés individuelles sur la glace.

« Car des habiletés, il en avait pas mal plus que moi, et ce ne serait pas respectueux de nous comparer sur ce point », s’est esclaffé le numéro 11 du Canadien.

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Henri Richard lors de la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien le 5 mai 1966

Plus sérieusement, après huit saisons à Montréal, Gallagher affirme mesurer pleinement l’importance qu’a eue Richard dans l’histoire du hockey et dans celle du Québec. « Quand Jean Béliveau est décédé en 2014, c’était seulement ma deuxième année ici. On était sur la route, au Minnesota, alors je ne comprenais pas vraiment ce que ça représentait. Quand on est rentrés à la maison, c’est j'ai pu comprendre c'est que des joueurs comme lui voulaient dire pour la ville et les fans », a expliqué l’ailier droit, qui reviendra au jeu ce samedi soir contre les Panthers de la Floride après avoir raté un match en raison d’une grippe.

D’ailleurs, Gallagher estime qu’il sera important que ses coéquipiers et lui offrent une bonne performance, par respect pour ce géant disparu.

« Henri Richard en a tellement fait pour ce chandail, c’est à nous de le lui rendre et d’honorer sa mémoire. Il mérite cet honneur. »

Panthers en déroute

On ne sait pas trop quelle version des Panthers se présentera contre le Canadien et son gardien Charlie Lindgren.

Celle qui marquait des buts comme une déchaînée pendant sa première cinquantaine de matchs, ou celle qui est en complète déroute depuis sa semaine de relâche de la fin du mois de janvier.

Depuis le 1er février, les Floridiens n’ont remporté que 5 de leurs 18 matchs, et ce, même s’ils sont en pleine course pour une place en séries éliminatoires. C’est d’ailleurs par une défaite de 4-0 à Montréal qu’ils ont amorcé cette triste séquence.

Avant février, ils marquaient 3,67 buts par rencontre, un sommet dans la ligue. Cette production a chuté à 2,33 buts, au 28e rang du circuit. Leur défense, déjà poreuse, est toutefois demeurée l’une des plus généreuses de la ligue.

C’est encore pire à domicile, où leur dernière victoire remonte au 16 janvier. Malgré tous les déboires du Canadien, le Tricolore a la chance de s’approcher à un seul point de ses rivaux de division s’il l’emporte ce soir.

Les Panthers ont néanmoins donné du fil à retordre aux Bruins de Boston jeudi, et de l’avis général, ils ont livré l’une de leurs meilleures performances de la saison en défense. Leur attaque n’a toutefois généré qu’un but dans une défaite de 2 à 1 en prolongation.

Jonathan Huberdeau et sa bande souhaitent trouver de l’inspiration dans l’hommage qui sera rendu avant le match à Roberto Luongo, dont le chandail #1 sera retiré par l’équipe avec laquelle il a passé 11 saisons.

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Roberto Luongo

Claude Julien a eu à affronter le gardien québécois plus souvent qu’à son tour, d’abord dans les rangs juniors puis dans la LNH. Les deux étaient dans les camps ennemis en finale dans la LHJMQ en 1999, puis encore dans la LNH en 2011 lorsque les Bruins de Julien ont eu raison des Canucks de Luongo en 7 matchs.

L’entraîneur du Canadien a souligné à quel point il s’agissait d’un « grand gardien » et d’un « rassembleur » respecté de ses pairs. Il a rappelé à ce sujet qu’il avait été désigné capitaine des Canucks en 2008.

Pour les Panthers, c’est probablement le gardien Chris Drieger qui affrontera le Canadien samedi soir. Gageons qu’il voudra bien paraître devant le premier immortel de l’histoire de son organisation.