Au moment de dire oui au Canadien cet été, Ben Chiarot a eu une discussion avec Claude Julien. En gros, l’entraîneur lui a fait comprendre qu’il allait avoir deux partenaires de jeu cette saison : Jeff Petry pour la plupart des soirs, et Shea Weber dans les moments les plus corsés.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

À n’en point douter, le match de vendredi soir à Washington fait partie de la deuxième catégorie, et Chiarot va affronter les Capitals avec Weber à sa droite.

C’est le plan, ça a toujours été le plan, et aussi, il s’agit d’un plan qui fait très bien l’affaire du principal intéressé.

« On joue tous les deux un style de jeu qui est similaire, a expliqué Chiarot après l’entraînement de jeudi matin à Brossard. On retire tous deux beaucoup de fierté à blanchir un trio adverse. Les deux, on préfère s’occuper en premier de notre propre territoire, nous ne sommes pas trop du genre à prendre des chances en attaque, même si Shea peut produire avec son tir et sur l’avantage numérique. Aussi, deux gros gars forts comme nous qui aiment jouer avec intensité, je crois que ça complique le travail d’un trio adverse. »

On peut présumer que la direction du Canadien avait fait ses devoirs au moment d’offrir à Chiarot un contrat de trois ans pour une moyenne annuelle de 3,5 millions de dollars américains cet été peu après l’ouverture du marché aux joueurs autonomes. On peut présumer également que la direction avait vu Chiarot aller avec Dustin Byfuglien, un autre défenseur gros format, alors qu’il était un membre des Jets de Winnipeg.

C’est, de toute évidence, le genre de formule à succès que le Canadien cherche à recréer ici avec le duo Chiarot-Weber.

« Shea et Dustin se ressemblent un peu, ils sont tous deux des joueurs de premier plan, de répondre le défenseur au numéro 8. Ils sont deux gros joueurs qui aiment le jeu physique et qui ont tous deux des lancers puissants. Mais les similitudes s’arrêtent là, parce que "Buff" allait toujours appuyer l’attaque et mon travail consistait à rester derrière, pour s’assurer d’avoir au moins un gars à l’arrière.

« Avec Shea, je sais que c’est lui qui va être à l’arrière et qui va se charger de l’aspect défensif. Ça se passe très bien jusqu’ici, surtout avec notre système, où les entraîneurs nous encouragent à aller appuyer l’attaque. Avec Shea, je n’ai même pas besoin de m’inquiéter, je sais qu’il va me couvrir derrière. »

Ce qu’il faut donc comprendre, c’est que le duo Chiarot-Weber sera un duo d’occasion, appelé à se réunir au moment jugé opportun. Et vendredi soir sera un de ces moments, puisque le Canadien aura dans la face le trio d’Alexander Ovechkin pendant 60 minutes.

PHOTO LYNNE SLADKY, ASSOCIATED PRESS

Alexander Ovechkin

« On verra cette situation-là contre certains adversaires, a confirmé Claude Julien jeudi. C’est quelque chose qu’on peut se permettre ; quand on a employé cette stratégie auparavant cette saison, ça n’a pas affecté le rendement des autres duos. C’est simple : Ovechkin, il est gros et fort, et on va essayer de faire la même chose, en lui opposant des défenseurs qui sont gros et forts eux aussi. »

Chiarot, lui, affirme se sentir de plus en plus à l’aise avec sa nouvelle équipe, et il se dit prêt à relever tous les défis. Incluant le défi que représente Alexander Ovechkin.

« Quand j’ai parlé à Claude cet été, c’était déjà entendu : quand on allait affronter un très bon trio, comme le premier trio des Bruins, il choisirait de me placer avec Shea pour essayer de former un duo capable de neutraliser ce trio-là. C’est le plan depuis le départ, et contre le trio d’Ovechkin, qui est plus gros et plus fort, ça tombe sous le sens que de placer ensemble les deux plus gros défenseurs du club. »