La saison du Canadien a neuf matchs au compteur : allons-y avec neuf tendances inattendues qui se dégagent du premier segment de calendrier.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Petry supplante Weber


Rien d’étonnant ici, protesterez-vous. La saison dernière, à compter du 1er mars, Jeff Petry (22 min 55 s) jouait davantage que Shea Weber (22 min 22 s). Par contre, il était logique de croire que Weber était simplement rattrapé par une préparation inhabituelle, puisqu’il avait raté le camp et amorcé sa saison à la fin de novembre. Avec un été complet de mise en forme, Weber redeviendrait le défenseur numéro un de l’équipe, croyait-on. Or, la différence entre Petry et le capitaine du CH n’est plus seulement anecdotique ; elle frise les deux minutes (24 min 27 s contre 22 min 48 s). Dans huit des neuf matchs, Petry a joué davantage que Weber. Les optimistes diront que Petry ne semble pas dépassé par ses responsabilités. Les pessimistes rétorqueront qu’il reste six autres saisons au contrat de Weber…

Quatrième en attaque

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Joel Armia a marqué quatre buts en sept matchs.


« Le Canadien n’a pas de supervedette à l’attaque », entend-on partout. À une époque où l’attaque passe beaucoup par des défenseurs habiles en relance, le flanc gauche de la défense est un trou noir offensif. Pourtant, avant les matchs d’hier, Montréal pointait au quatrième rang de la LNH, avec 3,67 buts marqués par match. À seulement deux reprises, l’équipe a été limitée à moins de 3 buts. Comme l’an passé, la production est relativement bien répartie. La hausse observée vient surtout de l’avantage numérique, qui a déjà produit 9 buts en 33 occasions (27,3 %). Pas mal, considérant qu’Andrew Shaw, l’un des moteurs l’an dernier, n’a pas été remplacé.

Kotkaniemi joue moins

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Jesperi Kotkaniemi


Ceux qui ont prédit une participation du Canadien aux séries comptaient notamment sur une progression des jeunes. Fort de son immense potentiel, Jesperi Kotkaniemi était celui qui détenait la plus grande marge de manœuvre pour progresser. Or, après neuf matchs, sa moyenne de temps de jeu par match (13 min 25 s) est inférieure à celle de la dernière saison (13 min 44 s). La différence a beau être minime, il n’en demeure pas moins que Claude Julien tarde à confier davantage de responsabilités à son jeune Finlandais. Il faut cependant admettre que certains soirs, Kotkaniemi n’inspire guère la confiance. On verra si son fort match à St. Louis samedi prochain fera boule de neige.

Domi discipliné

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Max Domi


Après neuf matchs, Max Domi n’a toujours pas écopé d’une punition cette saison. Mis à part peut-être Panoramix après avoir reçu un menhir en pleine poire, qui donc aurait osé prédire un tel scénario ? Après tout, on parle du même Max Domi qui a de nouveau perdu les pédales dès son tout premier match préparatoire, cette fois contre Brandon Baddock, des Devils du New Jersey. Mais voilà, Domi semble décidé à se concentrer sur le fait de jouer au hockey. Ça lui vaut neuf points en neuf matchs, et ce, même s’il n’a pas été exactement gâté en matière d’ailiers offensifs.

Une équipe indisciplinée

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Tomas Tatar totalise 12 minutes de pénalité cette saison.


Voilà un joli paradoxe. Pendant que Domi se positionne dans la course au Lady Byng, ses coéquipiers jouent d’indiscipline. Les chiffres bruts ne sont pas si mauvais : 31 pénalités mineures en 9 matchs, pour une moyenne de 3,4 par match. Des chiffres dans la moyenne de la ligue. Mais du nombre, il y a maintes punitions enrageantes pour un entraîneur : trois pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire, et huit en zone offensive. C’est pratiquement une infraction par match en territoire offensif. Ces huit punitions en zone offensive ont coûté un seul but, mais un gros, soit le but égalisateur de Brad Hunt à la troisième période, dimanche dernier.

Danault et les mises en jeu

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Phillip Danault


La saison dernière, Phillip Danault s’est classé au 12e rang de la LNH, avec 55,5 % de succès aux mises au jeu. Le Québécois s’est toujours tenu au-delà des 50 %, mais il s’agissait du meilleur chiffre de sa carrière. Cette saison, Danault n’a gagné que 48,4 % de ses mises au jeu. À l’heure actuelle, Nate Thompson (54,9 %) et Max Domi (50 %) lui sont supérieurs. L’échantillon demeure toutefois mince, et si l’on se fie à ses trois saisons entières dans la LNH, tout indique qu’il reviendra à la normale dans les prochaines semaines.

Petry plus précis

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Jeff Petry


On vous parlait plus haut de la progression de Petry, et en voici un autre indice. L’an dernier, s’il y avait un aspect qui pouvait lui être reproché, c’était la précision de ses tirs. Petry possède une frappe puissante, mais les rondelles aboutissaient beaucoup trop souvent sur le plexiglas derrière le gardien. Ainsi, il avait terminé la saison avec 172 tirs au but, mais 109 autres de ses tirs avaient raté la cible. Le ratio est bien meilleur jusqu’ici : 30 tirs au but, et seulement 8 hors cible.

Moins bon départ de Price

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Carey Price a une fiche de 4-2-1 depuis le début de la saison.


Cette affirmation n’en dit pas tant sur sa tenue cette saison que sur le souvenir que l’on garde de son début de saison l’an passé. Pourtant, après sept matchs en 2018-2019, Price présentait une fiche de 4-1-2, avec une moyenne de 2,13 et une efficacité de ,922. C’est en novembre que ça s’était gâté, et le retour de Weber, à la fin du mois, avait stabilisé la situation. Cette saison, la fiche de Price s’établit à 4-2-1, avec une moyenne de 2,68 et une efficacité de ,912. Le gardien du Tricolore ne montre toutefois aucun signe inquiétant pour le moment et a connu un meilleur calendrier préparatoire qu’il y a un an.

Un rare balayage


Concluons ce tour d’horizon avec une statistique collective. En remportant leurs deux matchs contre les Blues de St. Louis, les Montréalais ont balayé les champions de la Coupe Stanley pour la première fois depuis… 1987-1988 ! Cette saison-là, le Tricolore avait gagné ses trois duels face aux Oilers d’Edmonton. Nous excluons de l’équation les saisons 2010-2011 (Chicago), 2008-2009 et 2002-2003 (Detroit), car le CH a affronté ces équipes une seule fois. Parler de balayage aurait été un brin jovialiste.