(Québec) Vous connaissez le jeu « Est-ce que tu préférerais » ? C’est le mieux que nous ayons trouvé pour traduire « Would you rather », ce jeu où l’on force les participants à choisir ce qu’ils considèrent comme le moins mauvais de deux supplices.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Pour les Golden Knights de Vegas, ce « Est-ce que tu préférerais » pourrait être de choisir entre : écoper d’une pénalité majeure injustifiée au pire des moments ou accorder quatre buts durant ce même désavantage numérique.

Nous avons soumis Paul Stastny au cruel jeu lors de son passage à Québec pour l’inauguration de l’œuvre d’art en hommage à son illustre père, Peter, et à ses oncles, Marian et Anton.

Donc, qu’est-ce qui est le pire ? L’attaquant d’impact hésite un instant.

Les quatre buts n’arrivent pas sans la mauvaise décision. C’est pour ça que j’aurais tendance à dire que c’est la mauvaise décision de l’arbitre qui est pire. C’était un match de fou. Cela dit, on n’en parle pas assez, mais on contrôlait complètement ce match. Ça n’allait pas d’un côté puis de l’autre.

Paul Stastny

Rappel des faits. Les Golden Knights menaient 3-0 avec une demi-période à jouer dans le septième match de la série de premier tour contre les Sharks de San Jose. C’est là que Cody Eakin a frappé Joe Pavelski après une mise en jeu. Une poussée somme toute banale, mais aux conséquences terribles pour Pavelski, qui a perdu pied et s’est fendu la tête sur la glace.

Les arbitres ont instinctivement décerné une pénalité majeure à Eakin et les Sharks ont marqué quatre fois durant cet avantage numérique de cinq minutes. Les Sharks ont finalement gagné le match 5-4 en prolongation, éliminant du coup les Knights.

Le problème est que la reprise ne laissait aucun doute : le geste d’Eakin ne justifiait pas une telle sanction.

« C’est la partie frustrante. Il y a aussi le fait que les arbitres ne savaient pas ce qui s’était passé et qu’on ne nous disait rien. Personne n’avait vu ce qui s’était passé, en fait. Tout s’est passé très rapidement et c’était une scène effrayante. Personne ne veut voir ça. Je connais très bien Pavelski. Le monde du hockey est petit. Tu veux toujours gagner, mais tu ne veux pas non plus voir des joueurs se blesser. »

L’erreur

Stastny reconnaît que sur le coup, personne au banc des Golden Knights n’était vraiment en colère. En fait, personne n’avait vraiment vu ce qui s’était passé. Ce n’est qu’une fois le match terminé que les joueurs des Golden Knights ont compris l’ampleur de l’erreur des officiels. Mais rendu là, il était déjà trop tard.

« C’est difficile, mais on doit passer à autre chose. Tu comprends à quel point c’est difficile de te rendre loin en séries. Tu as besoin d’un peu de chance. Ça doit nous servir de motivation. On ne doit pas laisser cet événement nous affecter. On ne peut pas être en colère tout l’été non plus. »

C’est une motivation pour travailler plus fort, pour retourner là où on était, puis pour ne plus que l’on se retrouve dans une position où l’on pourrait revivre ça.

Paul Stastny

La controverse est aussi née du fait que les arbitres n’avaient pas le droit, selon le règlement, de consulter une reprise vidéo. Devant le tollé ainsi provoqué, la LNH a promis de revoir son règlement. Quelques semaines plus tard, elle accouchait de nouvelles mesures, notamment celle permettant aux arbitres de consulter les reprises vidéo avant de décerner une pénalité majeure.

« Le hockey est comme ça. Quand quelque chose survient, ils essaient d’être proactifs et de faire les changements aussi vite que possible. Parfois, ça arrive si vite. Il y a de petites erreurs qui surviennent tout le temps. Au moins, tu sais que quelque chose comme ce que nous avons vécu n’arrivera plus jamais. Au fond, c’est tout ce que tu veux.

« Mais vous savez ce qui va se passer ? Ils vont changer tous ces règlements et dans quatre ou cinq ans, quelque chose d’autre va arriver et on va se demander pourquoi on n’y avait pas pensé avant. C’est comme ça. »

Stastny a probablement raison… Et on en profitera pour relancer un nouveau débat rendu là.