La loterie du repêchage de la LNH semble avoir trouvé l’équilibre parfait.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Pour la deuxième fois en trois ans, la pire équipe au classement n’a pas obtenu le premier choix au total. Les Sénateurs d’Ottawa, les mieux placés pour gagner le premier choix, ont même été exclus du top 3 (on parle ici du choix déjà cédé à l’Avalanche du Colorado).

Mais il y a plus intéressant encore. Pour la deuxième année consécutive, une équipe exclue du top 10 des pires clubs au classement a réussi à obtenir l’un des trois premiers choix.

Cette fois, les Blackhawks de Chicago ont obtenu cette chance. Ils sont passés du 12e au 3rang. Ils détenaient pourtant seulement 6.3% de chances d’obtenir l’un des trois premiers choix.

Cette récompense est bien méritée. Chicago aurait pu lancer la serviette après le congédiement de Joel Quenneville en novembre, «tanker» pour espérer de meilleures probabilités de remporter l’un des trois lots.

Mais ils ont tenté jusqu’à la fin, ou presque, avec leur jeune entraîneur Jeremy Colliton, de se qualifier pour les séries éliminatoires, même si l’écart avec le dernier club qualifié demeurait important.

L’an dernier, les Hurricanes de la Caroline étaient passés de la 11e à la 2e place. Ils avaient pu repêcher Andrei Svechnikov. Le jeune homme de 19 ans leur a donné 20 buts et 37 points cet hiver et les Hurricanes ont enfin réussi à se qualifier pour les séries ce printemps après neuf années de vache maigre.

Autant les Devils du New Jersey, gagnants du premier lot, que les Rangers de New York, les deuxièmes à choisir, se sont vantés, ces derniers jours, d’avoir remporté leur dernier match en saison régulière.

En perdant leur dernier match, les Devils auraient terminé 30e au classement général, derrière les Kings de Los Angeles. Ils auraient fait passer leur taux de probabilité de remporter le premier choix de 11,5% à 13,5%.

Mais les Devils l’ont emporté et les Rangers, avec seulement 7,8% de probabilités, ont gagné le deuxième choix. De sorte que les Sénateurs et les Kings, les favoris, ont glissé respectivement aux quatrième et cinquième rangs.

«Vous savez quoi, on savait qu’une victoire à notre dernier match à Pittsburgh pouvait nuire à nos probabilités de gagner la loterie, expliquait hier aux journalistes l’entraîneur des Rangers de New York, David Quinn. Mais notre groupe d’entraîneurs était réuni dans une pièce avant le match et on s’est dit qu’on s’en foutait. Que si on faisait les choses de la bonne façon, on allait être récompensé. Et c’est arrivé.»

Les Rangers sont ainsi passés du sixième au deuxième rang au repêchage. Le bond est significatif. Deux joueurs, le centre Jack Hughes et l’ailier Kaapo Kakko, auraient une longueur d’avance sur les autres espoirs de leur cuvée selon un nombre important d’observateurs. New York pourra mettre la main sur l’un des deux.

«Historiquement, les joueurs d’élite ont été repêchés parmi les deux premiers, rappelle David Quinn. Et la majorité des experts classent ces deux jeunes hommes au-dessus des autres. Ce choix nous permettra donc de mettre la main sur un joueur d’impact, un joueur qui fera la différence, et nous aurons cette chance dès maintenant.»

Quinn pêche cependant un peu par excès d’enthousiasme. En 2017, par exemple, Nico Hischier (New Jersey) et Nolan Patrick (Philadelphie) ont constitué les deux premiers choix. Vancouver repêchait sixième et a jeté son dévolu sur un certain Elias Pettersson.

Si le repêchage était à refaire, Pettersson, avec sa saison de 66 points en 71 matchs (76 points sur une saison complète de 82 matchs) serait probablement choisi en premier. Le défenseur des Stars de Dallas, Miro Heiskanen, deux buts hier lors du premier match contre Nashville, se glisserait peut-être même dans le top 2. Et le quatrième choix au total, par l’Avalanche, le défenseur Cale Makar, montre d’immenses promesses.

On pourrait faire le même exercice à chaque année. Il n’en demeure pas moins que d’obtenir un choix dans le top 2 garantit avec une très faible marge d’erreur la possibilité de mettre la main sur un joueur de premier plan, qu’il soit le meilleur de sa cuvée ou non.

La LNH a pris la bonne décision en modifiant ses règles de loterie en 2014. Avant cette date, la pire équipe au classement détenait 25% de chances de remporter la loterie, mais n’était pas menacée par les équipes exclues du top 5 puisque celle-ci ne pouvaient avancer de plus de quatre rangs advenant une victoire à cette loterie.

En 2011, par exemple, les Devils du New Jersey ont remporté la loterie. Mais comme ils étaient situés au huitième rang, ils ont pu repêcher en quatrième place seulement (Adam Larsson). Les Oilers d’Edmonton, pire club au classement, ont conservé leur premier choix.

À cette époque peu lointaine donc, aux 25% de probabilités s’ajoutaient les 23% de chances des équipes exclues du top 5. La pire équipe au classement avait presque une chance sur deux de repêcher premier, et l’assurance de repêcher parmi les deux premiers.

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