« C’est tout un cadeau que tu me fais ! »

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Guy Ouellette, 91 ans, est hospitalisé au CHUM. Ces jours-ci, il doit rater les matchs du Canadien, lui qui assure être un assidu. Il n’a donc pas contenu sa joie quand il a vu entrer Jonathan Drouin dans sa chambre du 16e étage.

« J’aime bien ça te voir jouer. T’as pas peur des bandes, toi ! », a encore dit l’homme à l’ailier gauche du Canadien. « J’entends la passion dans votre voix », lui a répondu Drouin.

Ambassadeur de la Fondation du CHUM, l’attaquant a profité de sa propre convalescence – il soigne un tendon déchiré au poignet gauche – pour aller rencontrer des patients.

C’est le temps des Fêtes, c’est un bon moment pour redonner un peu aux gens, mettre des sourires dans leur visage.

Jonathan Drouin, avant d’amorcer sa tournée

Jean Castonguay lui a raconté être lui-même un ancien joueur. À l’époque, il a eu une occasion de signer un contrat dans la Ligue américaine, mais il a plutôt amorcé une carrière de policier à Montréal. Lui non plus ne rate pas beaucoup de matchs du Tricolore.

« Quand tu vas revenir au jeu, t’en marqueras un pour moi ! », a-t-il lancé.

Le joueur a expliqué que sa rééducation se déroulait bien et qu’il n’avait toujours noté aucune régression. Il n’est pas question d’un retour au jeu avant la mi-janvier.

Les vraies choses

Drouin a raconté que des visites comme celle de jeudi, ou encore comme celle de la semaine dernière avec le reste de l’équipe auprès des enfants malades, relativisaient bien des choses pour lui.

« Aller dans une chambre comme ça, ça te ramène aux vraies choses, a-t-il dit. Ça me rappelle combien je suis chanceux de jouer au hockey, de faire ce que j’adore dans la vie. »

Quand tu es blessé, tu peux trouver le temps long. Venir ici, ça me redonne le sourire, ça me fait quelque chose chaque fois.

Jonathan Drouin

C’est Ryan Callahan, son ancien coéquipier chez le Lightning de Tampa Bay, qui l’a sensibilisé dès le début de sa carrière à l’importance de s’impliquer auprès de sa communauté. Il l’avait d’abord invité à visiter la loge qu’il louait pour recevoir des enfants malades aux matchs. Dès son arrivée chez le Canadien, Drouin s’est associé au CHUM en s’engageant à verser à sa fondation une somme de 500 000 $ sur 10 ans.

À seulement 24 ans, il fait aujourd’hui figure de vétéran dans le vestiaire du club. Et il se donne la mission de passer le message aux jeunes joueurs qui font leur place au sein de l’équipe.

« Je veux leur montrer qu’on peut aider les gens qui en ont besoin. Les jeunes qu’on a [chez le Canadien], c’est des bons kids, je ne suis pas inquiet que dans le futur, s’ils ont un beau contrat comme le mien, ils vont avoir du temps et de l’argent à donner. »

Aux Suzuki, Kotkaniemi, Poehling et Primeau de prendre la balle au bond.