J’ai imploré votre clémence et par le fait même tenté de déroger aux règles ce week-end, je m’en confesse. 

Mathias Brunet
La Presse

Nos prédictions sur le Canadien, publiées samedi, devaient être acheminées au pupitre en début de camp d’entraînement pour des évidentes de production. 

Aucun match préparatoire n’avait encore été disputé. À ce moment-là, j’entrevoyais déjà une bien meilleure saison pour Jesperi Kotkaniemi, plus costaud d’une quinzaine de livres. 

Ryan Poehling partait favori dans la course pour un poste parmi les recrues avec ses trois buts lors du dernier match de la saison et son invitation au tournoi de golf du Canadien avec les joueurs réguliers. 

Nick Suzuki ? La plupart des observateurs le voyaient entamer la saison à Laval, malgré sa performance hallucinante en séries éliminatoires dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario. 

À la question : quel espoir jouera le plus de matchs, Guillaume Lefrançois, Alexandre Pratt, Jean-François Tremblay avons répondu Poehling. Richard Labbé a été le seul à suggérer Suzuki. 

Entre temps, Poehling a subi une commotion cérébrale, mais il a eu le temps d’effectuer un retour au jeu lors de la dernière rencontre préparatoire. Peut-être disputera-t-il plus de matchs que Suzuki au final, mais il devrait entamer la saison au sein d’un quatrième trio (ou avec le Rocket) tandis que Suzuki a mérité un poste au sein d’un trio offensif. 

Et quand le collègue Tony Marinaro a demandé à Marc Bergevin sur les ondes de TSN 690 d’identifier son espoir numéro un, le DG du Canadien a répondu Suzuki, devant Cole Caufield et Alexander Romanov.

(Comme le Canadien n’a soumis aucun joueur au ballottage aujourd’hui, un jeune parmi Kotkaniemi, Poehling ou Cale Fleury sera cédé à Laval, à moins d’un échange).

Un camp d’entraînement dure deux semaines, mais l’ordre des choses peut basculer de façon surprenante en seulement 15 jours…

Ainsi vous ai-je invoqué des circonstances atténuantes sur Twitter et Facebook le jour de la publication de nos prédictions, samedi, surtout dans le cas de « ma surprise » de la saison, Jesperi Kotkaniemi. 

La performance de ce jeune finlandais de 19 ans lors des rencontres préparatoires a suscité certaines inquiétudes. Il a montré quelques beaux flashs à l’attaque, mais son jeu reste à polir en zones défensive et neutre. Certains ont même évoqué un renvoi à Laval à un certain moment. 

Kotkaniemi nous a étonnés l’an dernier après un tournoi des recrues décevant et il peut encore nous faire le coup. Mais si j’avais à refaire mes choix aujourd’hui, j’opterais sans l’ombre d’un doute pour Suzuki, déjà employé dans toutes les situations de match par Claude Julien malgré ses 20 ans. Suzuki devrait avoir un impact important chez le CH dès cet hiver. 

Je me demande si mon collègue Labbé, après avoir été si clairvoyant dans le cas de Suzuki, maintient sa position dans le cas de la surprise de l’année, Jonathan Drouin. Si celui-ci parvient à rallumer l’interrupteur, éteint pendant les matchs préparatoires, et que Suzuki maintient le rythme, il aura droit à une belle étoile dans son cahier en avril. 

Guillaume Lefrançois fait un choix intéressant avec Jordan Weal. Celui-ci a confirmé les belles performances de la dernière saison et il entamera la saison au sein du troisième trio, comme Guillaume l’a prédit. Alexandre Pratt, ce vieux sage, a opté pour Ryan Poehling. Un choix sûr. Jean-François Tremblay a opté pour Victor Mete. Ce défenseur petit format ne l’a pas fait mentir à la gauche de Shea Weber depuis le début du camp d’entraînement. 

Quant au sort du Canadien, je suis le seul optimiste. Je suis le seul parmi mes collègues à leur prédire une place en séries. Quoique Alexandre Pratt, fin renard, a laissé entretenir le flou dans sa réponse…

Une crampe au cerveau m’a fait dire qu’ils s’inclineraient au premier tour contre le Lightning de Tampa Bay s’ils coiffaient Boston ou Toronto au troisième rang. Évidemment, le Lightning, en terminant au premier rang, n’affrontera pas le troisième club de sa division. Je joue d’audace en prédisant une saison plus difficile pour les Bruins. Le CH affronterait donc les Leafs en première ronde. Ça ne sera pas facile…

Plusieurs m’ont reproché mon excès d’optimisme ce weekend. Peut-être. Cependant, je note une bien meilleure profondeur au sein de cette équipe en comparaison à l’an dernier. 

Carey Price a fait mentir ses détracteurs avec ses performances en deuxième moitié de saison. Shea Weber entame la saison à temps et il est en bien meilleure forme. Mete a un an de plus. Ben Chiarot est supérieur à Jordie Benn. 

Rappelons-nous le match d’ouverture l’an dernier. Mike Reilly, Noah Juulsen, Xavier Ouellet et Jordie Benn formaient le quatuor derrière Jeff Petry et Mete. Petry est désormais dans la chaise de Juulsen, Chiarot dans celle de Reilly, tandis que Brett Kulak et la surprenante recrue Cale Fleury pourraient former une paire plus mobile et efficace que celle de Ouellet et Benn. Fleury semble avoir devancé Reilly, Christian Folin et Ouellet pour l’instant dans la hiérarchie. Voyons la décision finale.

Après quelques semaines l’an dernier, Nicolas Deslauriers, Michael Chaput et Kenny Agostino formaient le quatrième trio de l’équipe. Les deux derniers viennent d’être soumis au ballottage par leurs équipes respectives. Deslauriers se bat pour l’un des derniers postes disponibles au camp des Ducks d’Anaheim. 

Claude Julien pourrait envoyer Nick Cousins, Ryan Poehling et Joel Armia sur la glace lors du match de vendredi. Cousins est un joueur régulier de la LNH depuis trois ans. Il a obtenu 27 points l’an dernier, quatre de moins qu’Artturi Lehkonen. Poehling est un espoir de premier plan. Armia est un ailier de quatrième trio de luxe capable de marquer 15 buts par saison. 

Armia occupait le poste de deuxième ailier droit avec Jesperi Kotkaniemi et Jonathan Drouin lors du match d’ouverture l’an dernier. Max Domi était au centre du troisième trio avec Paul Byron et Artturi Lekhonen. Suzuki remplacera Armia pour l’ouverture de la saison au sein d’un trio offensif. Il apportera plus de créativité aussi qu’Andrew Shaw. 

Le seul trio intact par rapport au match d’ouverture l’an dernier demeure celui de Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher. Tatar a marqué 25 buts. Difficile d’affirmer qu’il a outrepassé ses capacités puisqu’il s’agissait pour lui d’une troisième saison de plus de 25 buts depuis 2015, une cinquième consécutive de 20 buts ou plus. 

Gallagher a obtenu une deuxième saison consécutive de plus de 30 buts. Il a amassé 52 points, deux de moins que la saison précédente. 

Danault a vécu une grande éclosion avec 53 points et beaucoup d’efficacité au chapitre défensif. Il a même terminé au septième rang parmi les candidats au trophée Selke remis à l’attaquant défensif par excellence. Danault a obtenu 47 de ses 53 points à égalité numérique, un de plus que Phil Kessel, Kyle Connor, Ryan Johansen, Vladimir Tarasenko et Mathew Barzal. 

On semble vouloir l’utiliser davantage en supériorité numérique cette saison. Son total de points pourrait ainsi augmenter. Danault ne sera peut-être plus catalogué centre de troisième trio au courant de l’hiver. 

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