À première vue, Victor Mete passe un été de rêve. Il est allé se reposer aux Bahamas. On l’a aussi vu visiter des stades de soccer en Angleterre. Il jouera au hockey avec Lance Stroll aujourd’hui, et assistera au Grand Prix de du Canada ce week-end.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Un été de rêve, mais pas un été de tout repos. Loin de là, même.

Ses objectifs sont clairs : il veut devenir plus costaud, plus fort, plus rapide, plus agile dans ses déplacements latéraux. Mais, surtout, il veut améliorer son tir. Il n’avait pas eu l’occasion de le faire l’été dernier, pour cause de blessure à la main. Il ne l’a pas vraiment fait à l’entraînement cette saison non plus, car de son propre aveu, il préférait mettre l’accent sur le maniement de rondelle, plus essentiel à son jeu.

Cette fois, il prend les grands moyens. Mete s’est adjoint les services de l’entraîneur d’habiletés Tim Turk.

Turk enseigne le tir au hockey depuis plus de 20 ans. Il a travaillé avec des équipes de la LNH et des équipes nationales.

Sur son site internet, on trouve les témoignages élogieux de Trevor Timmins, Kirk Muller et Julien BriseBois. On y apprend aussi qu’il a enseigné son savoir à Brendan Gallagher, Victor Hedman, Mitch Marner et P.K. Subban, entre autres.

«Je suis avec lui deux fois par semaine depuis un mois, a expliqué Mete, croisé lors de la soirée soulignant la fusion des agences Quartexx Management et DHG Sports. Tim Turk travaille tous les aspects techniques du tir, comme les particularités du bâton ou la manière de décocher le tir. Il dit que tout va bien de mon côté, mais que je dois pratiquer. C’est une question de répétitions. Dans un match, tu as une demi-seconde pour tirer, tu n’as pas le temps d’avoir des conditions parfaites.»

À la recherche de son premier

Voyez-vous, Victor Mete a un chiffre à sa fiche qui fait mal au moral, le fameux 0 dans la colonne des buts marqués dans la LNH. Il a beau jurer que ça ne le dérange pas, ses coéquipiers ont beau tourner le tout en dérision, n’empêche… Aucun but en 120 matchs. Il s’approche dangereusement du record de Mike Komisarek, qui a eu besoin de 123 matchs avant d’inscrire son premier filet avec le Canadien.

Allons un peu plus loin pour montrer l’urgence. Il y a 1527 joueurs dans l’histoire de la LNH qui n’ont jamais marqué de but. Là-dessus, seulement deux ont joué plus de 120 matchs : les obscurs défenseurs Steven Halko et Matt Smaby.

Remarquez, Mete a déjà «presque» réussi. Il a touché le poteau, il a été victime de bonds malchanceux, il a obtenu une échappée dans le match où Ryan Poehling a marqué trois fois. Le 13 octobre, contre les Penguins de Pittsburgh, on lui a même refusé un but en raison de l’obstruction envers le gardien d’Andrew Shaw. Il a aussi déjà marqué ailleurs, 36 fois au niveau junior, une fois au niveau professionnel (durant son stage avec le Rocket de Laval), et en matchs préparatoires de la LNH.

Défenseur gaucher

Dans tous les cas, cette anémie n’aide en rien sa candidature pour le poste de premier défenseur gaucher du Canadien de Montréal, ce qu’il a été pour une cinquantaine de matchs la saison dernière. Un défenseur de petite taille doit au moins avoir les atouts offensifs d’un Torey Krug, d’un Tyson Barrie ou d’un Samuel Girard. Ce que Mete n’a pas, pour l’instant du moins.

Avec pour résultat que chacun épluche les listes de joueurs autonomes et d’espoirs au repêchage pour y trouver quel défenseur gaucher pourrait aider le Canadien.

«Ça ne change rien, a reconnu le défenseur de bientôt 21 ans. J’ai fait du mieux que je pouvais. J’espère que mon jeu va pouvoir convaincre les sceptiques. S’ils veulent repêcher un défenseur gaucher, ils le feront. Ce n’est pas en mon contrôle. Ça ne me dérange pas.

«Je pense qu’on s’en est bien tirés, [Shea Weber et moi]. Probablement que la conversation serait différente si on avait participé aux séries. Nous sommes déçus, mais nous avons connu une belle saison. Tout le monde a contribué et la défense a été solide.»

Après son passage à Montréal, Mete retournera dans ses terres, à Woodbridge, près de Toronto, pour continuer sa préparation estivale. Et n’ayez crainte, son amitié avec Jesperi Kotkaniemi reste aussi forte, malgré la distance. «On communique au moins une fois par jour», conclut-il en riant.