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Canadien-Sénateurs: du haut au bas de la formation

(Ottawa) C'est toujours intéressant, et fort révélateur, de voir qui se lèvera quand la situation deviendra tendue. Qui saura insuffler une nouvelle énergie, aller chercher la mise en échec qui fait mal, le but qui casse les reins.

Hier, le Canadien de Montréal a gagné 5-2 un match chargé d'émotion contre les Sénateurs d'Ottawa. Des rivaux directs, bafoués une première fois mardi dernier, et qui cherchent désespérément à se racheter cette saison. 

Les Sénateurs étaient pourtant prêts à relever le défi. Ils avaient sorti l'artillerie lourde en début de match. Ils répondaient à chaque mise en échec, chaque séquence en échec avant. Mais le Canadien s'est levé, et plus important encore, dans ce qui est devenu une véritable victoire d'équipe. 

« Justin Falk ou Ben Harpur cherchaient à faire de grosses mises en échec, a analysé Jonathan Drouin, frondeur. On savait [que s'ils persistaient à être agressifs], on allait avoir nos chances parce qu'ils allaient manquer des mises en échec. Ce n'est que ça qu'ils essayaient de faire. Ça leur revient dans le visage. » 

« Pour chaque victoire, nous avons quatre trios et un gardien incroyable. Quand toute l'équipe de haut en bas contribue, nous sommes difficiles à battre, et c'est l'histoire de ce soir », a affirmé Max Domi.

Il a tout à fait raison. Rarement cette saison les quatre trios ont-ils cliqué à ce point, en même temps. Tout le monde a apporté sa contribution, conformément à son talent et à son rôle, et c'est probablement le constat le plus rassurant d'hier pour Claude Julien. 

Parce que Julien n'a pas manqué de lancer des défis à ses attaquants, cette saison. Il a exigé plus du troisième trio, à un certain moment. Il n'a pas été tendre non plus envers plusieurs des moutures de son quatrième trio. On a parfois vu le trio de Phillip Danault tomber au point mort, sans énergie, ou celui de Max Domi déroger de son plan de match. Hier, quand ça a commencé à chauffer, personne n'est parti se cacher. 

Signe concret de cette répartition des tâches, chaque trio a obtenu son but. Jeff Petry a marqué grâce aux efforts de Michael Chaput et de Kenny Agostino. Paul Byron a déjoué Craig Anderson sur une passe de Danault (le trio avait changé un peu après l'avantage numérique) et une bataille gagnée par Artturi Lehkonen. Andrew Shaw a obtenu son 100e but dans la LNH grâce à une superbe remise de Jonathan Drouin. Puis Brendan Gallagher a couronné une soirée exceptionnelle où il était de toutes les actions en déviant un tir de Tomas Tatar. 

On ouvre la parenthèse : si on croyait que Gallagher commençait à s'essouffler, il n'en est rien. On l'a rarement vu aussi en feu qu'hier. On ferme la parenthèse. 

Deslauriers et le quatrième trio

Claude Julien n'avait pas voulu en matinée confirmer le retour dans la formation de Nicolas Deslauriers. Mais la décision d'ajouter du muscle en prévision d'une soirée robuste était judicieuse. 

Le quatrième trio a d'ailleurs connu une impressionnante succession de bonnes présences, hormis peut-être leur première en troisième période. Constamment en échec avant, toujours à la recherche de la rondelle. Chaput surtout était de tous les combats. Sans doute avait-il en tête qu'il y aura bientôt un joueur de trop dans la formation, avec le retour de Noah Juulsen. 

Signe indéniable de la confiance de l'entraîneur envers cette version du quatrième trio : quand le Canadien a fait 2-1 en deuxième période, Claude Julien a immédiatement envoyé ce trio pour maintenir le rythme. On est loin de l'époque pas si lointaine où le trio était cloué au banc dès qu'on voyait poindre un enjeu. 

« Claude [Julien] m'avait dit que ça allait être plus physique. Ça entrait dans mon jeu, a dit Deslauriers, heureux comme jamais sans sa grille protectrice. On a créé de l'offensive, on a bien joué défensivement. On a joué prudemment. 

« On a joué simplement. On connaissait notre travail. »

Si ce trio peut continuer à en donner autant, Claude Julien aura réglé un des problèmes qui l'a le plus embêté cette saison. Si les Max Domi, Brendan Gallagher, Andrew Shaw et compagnie peuvent continuer à charger le filet, toujours avec le même sourire narquois, peut-être le Canadien retrouvera-t-il sa réputation du début de la saison.

En attendant, le Canadien a vaincu deux fois les Sénateurs pour émerger de son passage à vide. Et il a dominé 215-124 au chapitre des tirs au but au cours des cinq derniers matchs. Cette statistique rejaillit tant sur les attaquants que sur les défenseurs.

« Ce sont les matchs qui te préparent aux séries, quand tu te bats et que tu repars avec les deux points, a dit Domi. Ils ont joué fort, ils étaient prêts, mais les bonnes équipes trouvent une manière de braver la tempête et de rebondir. »

Hier, le Canadien a été une bonne équipe. À elle de voir si elle peut le rester.




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