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Caroline Ouellette: la fin d'un chapitre

Caroline Ouellette a grandement contribué au développement du... (Photo Louis-Charles Dumais, La Presse canadienne/lhcf)

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Caroline Ouellette a grandement contribué au développement du hockey féminin.

Photo Louis-Charles Dumais, La Presse canadienne/lhcf

Caroline Ouellette rappelle souvent que c'est sa mère Nicole qui lui a acheté ses premiers patins de hockey, à une époque où les filles ne pratiquaient pas ce sport, que son père André a fini par abdiquer et qu'il l'a inscrite dans une ligue de garçons où elle a été pendant de nombreuses années la seule fille.

À 39 ans, après quatre médailles d'or olympiques et six titres mondiaux, Caroline Ouellette a confirmé mardi sa retraite du jeu. Au-delà des titres et des honneurs individuels, l'une de ses grandes fiertés restera assurément d'avoir contribué au développement du hockey féminin.

«Ça n'a pas été facile au début, a rappelé Ouellette, mardi, en entrevue. J'étais très timide et j'entendais souvent des commentaires désobligeants. Mais j'aimais tellement le hockey. Mon père m'a toujours dit qu'on devait répondre à ses dénigreurs sur la glace en étant encore meilleur. C'est ce que j'ai essayé de faire...»

Bien servie par sa taille et sa détermination - «J'aurais toujours voulu passer encore plus de temps sur une patinoire» -, l'athlète de Montréal a vite été remarquée par les dirigeants du programme national canadien. La suite fait partie de l'histoire du hockey et Caroline aura sûrement sa place un jour au Temple de la renommée.

«Je suis arrivée à un bon moment. Mon idole de jeunesse, France Saint-Louis, n'a pas bénéficié des mêmes conditions et elle n'a pu aller qu'une fois aux Jeux olympiques. J'y suis allée quatre fois, nous avons gagné quatre médailles d'or. Ce sont des moments que je n'oublierai jamais, comme les victoires que nous avons remportées aux championnats du monde ou, avec les Canadiennes, à la Coupe Clarkson.»

Au moment de prendre sa retraite, Ouellette estime que les filles ont encore plus d'occasions, même s'il reste encore beaucoup à faire. «Le hockey féminin a beaucoup gagné en popularité depuis quelques années. Les derniers tournois olympiques ont été spectaculaires et de plus en plus de joueuses pratiquent le sport.

«L'attitude des garçons a aussi changé et ils admirent maintenant des filles comme Marie-Philip Poulin au même titre que Sidney Crosby ou Connor McDavid. La prochaine étape - et c'est mon grand rêve -, ce serait qu'il y ait un circuit féminin vraiment professionnel.»

La Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) n'est encore qu'un circuit semi-professionnel. «Actuellement, la plupart des joueuses des Canadiennes ont un boulot à temps plein», explique Ouellette, qui a joué ses derniers matchs avec l'équipe le printemps dernier. «Nous nous entraînons le soir, avec nos matchs le week-end. Ce ne sont pas les meilleures conditions possible et nous devons tous travailler à les améliorer.»

Une mère comblée

Caroline n'abandonne donc pas son sport, bien au contraire, et sera entraîneuse avec les Canadiennes, les Stingers de Concordia et l'équipe nationale du Canada. C'est toutefois son rôle de mère qui est maintenant sa priorité.

La naissance de Liv Chu-Ouellette, le 5 novembre 2017, est en effet venue combler Ouellette et sa conjointe Julie Chu, son ancienne rivale de l'équipe olympique américaine, qui est l'entraîneuse-chef à Concordia. Et elle lui permet de se retirer sans aucun regret.

«En février, avec Julie et Liv, j'étais contente de regarder les Jeux olympiques à la télévision sur mon sofa. Je n'aurais jamais pensé être capable de dire ça, mais je pense que je suis rendue là dans ma vie. On a pleuré, Julie et moi, après la finale [remportée en fusillade par les Américaines], mais Liv a vite retrouvé toute notre attention!»

Ouellette se passionne toujours autant pour le hockey et elle est une formidable ambassadrice pour le développement de son sport. Ses camps de hockey féminin sont très populaires et elle ne rate jamais une occasion de recruter de nouvelles joueuses.

Toujours compétitive, elle aimerait retourner aux Jeux olympiques un jour, derrière le banc cette fois. «J'ai eu la chance d'avoir de grandes entraîneuses: Shannon Miller à l'Université du Minnesota à Duluth, Danièle Sauvageau lors de mes premiers Jeux olympiques, Melodie Davidson dans les deux suivants. Elles m'ont beaucoup appris, comme joueuse de hockey et comme femme. J'espère pouvoir transmettre ça aux plus jeunes afin qu'elle puisse devenir des leaders dans le sport et dans la société.»

Et Liv aura-t-elle ses patins de hockey plus tôt qu'elle? Caroline répond qu'elle serait heureuse que sa fille pratique le sport, «mais je veux surtout qu'elle trouve sa passion et qu'elle puisse la vivre comme moi j'ai vécu la mienne».

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«Une source d'inspiration»

Tom Renney, le chef de la direction de Hockey-Canada, a souligné la contribution de Caroline Ouellette: «Au nom de tout le monde chez Hockey Canada, nous voulons remercier Caroline pour son dévouement et son engagement envers l'équipe nationale féminine du Canada au cours de sa carrière marquée par plusieurs prix. Tout ce qu'elle a accompli pour le Canada a été une source d'inspiration et d'exemple pour la prochaine génération de jeunes femmes qui porteront l'uniforme canadien avec fierté. Avec ses quatre participations aux Jeux olympiques, elle laisse un héritage incroyable.»

Gina Kingsbury, directrice des équipes nationales féminines de Hockey Canada, a été la coéquipière de Ouellette pendant neuf saisons: «J'ai été un témoin privilégié de son impact sur chacune d'entre nous, alors qu'elle était une chef de file sur la patinoire comme à l'extérieur. Elle a préparé la voie à la croissance de notre programme jusqu'au succès que l'on connaît aujourd'hui et le hockey féminin au Canada se porte mieux grâce à sa passion, son dévouement et son leadership.»

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Un palmarès exceptionnel

Avec l'équipe nationale féminine 

> 4 titres olympiques en quatre participations  - Salt Lake City (2002), Turin (2006), Vancouver (2010) et Sotchi (2014)

> 6 titres en 12 participations au Championnat du monde - 1999, 2000, 2001, 2004, 2007 et 2012

> 8 médailles d'or en 11 participations à la Coupe des quatre nations

> 242 points (87 buts, 155 passes) en 220 matchs internationaux (elle est la troisième pointeuse de l'histoire de l'équipe canadienne, derrière Hayley Wickenheiser et Jayna Hefford).

Avec les Canadiennes de Montréal de la LCHF 

> 4 championnats à la Coupe Clarkson - 2009, 2011, 2012 et 2017

> 2 fois joueuse par excellence du circuit (2008-2009 et 2010-2011)

> Meilleure pointeuse du circuit en 2010-2011

> 257 points (105 buts, 152 passes) en 153 matchs

Avec les Bulldogs de l'Université du Minnesota à Duluth

> Championnats de la NCAA (Frozen Four) en 2003

> Finaliste au prix Patty Kazmaier en 2005




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