Le Canadien a réussi à survivre en l'absence de Shea Weber. Mais depuis les six derniers matchs, ça devient de plus en plus difficile.

Richard Labbé LA PRESSE

Le club montréalais va accueillir les Canucks de Vancouver, dimanche soir au Centre Bell. Il s'agira du 16e match de la saison sans Weber, qui a été blessé lors de la première soirée de la saison à Buffalo, en octobre, et qui a dû finalement déclarer forfait après le match du 16 décembre à Ottawa.

Blessé à un pied, Weber, selon ce qu'a laissé entendre l'entraîneur Claude Julien la semaine dernière, devra fort probablement s'absenter jusqu'au match des Étoiles, qui sera présenté le 28 janvier.

L'absence du premier défenseur de l'équipe n'a pas trop paru au départ. En fait, lors des neuf premiers matchs sans Weber, le Canadien s'est offert une fiche de 6-2-1. Comme si le gros défenseur n'était finalement pas si important que ça.

Mais son absence se fait un peu plus sentir depuis les six derniers matchs, où le Canadien a dû se contenter d'une fiche de 1-5 sans lui. Comme si la fatigue et les exigences envers les autres défenseurs, revues à la hausse, étaient en train de prendre le dessus.

« Quand Shea n'est pas sur la glace, ce sont des minutes de jeu importantes qui disparaissent avec lui, admet Jordie Benn. On ne peut pas le nier, mais en même temps, ça veut aussi dire que le reste du groupe va hériter de ces minutes-là. C'est à nous d'en profiter. »

« Bien sûr qu'on veut le revoir avec nous et dans la formation le plus tôt possible, mais sans lui, ça veut dire qu'on a plus d'occasions de se faire valoir. »

- Jordie Benn

Benn reconnaît du même souffle que ces occasions peuvent provoquer des difficultés (« avec les occasions, il y a aussi les responsabilités, qui deviennent plus grandes »), et c'est peut-être là, bien précisément, que l'absence de Weber pèse un peu plus.

David Schlemko, par exemple, n'a disputé que cinq parties de 20 minutes de jeu ou plus, la saison dernière, alors qu'il était membre des Sharks de San Jose. Mais lors des six derniers matchs du Canadien, tous sans Weber, bien sûr, Schlemko s'est retrouvé à jouer des matchs de 20 minutes ou plus à quatre reprises !

Joe Morrow n'a pris part qu'à 17 rencontres chez les Bruins de Boston la saison dernière, et les Bruins n'ont jamais exigé de lui un match de 20 minutes de jeu au cours de cette saison. Mais Morrow vient d'en disputer deux depuis que Weber a dû déclarer forfait, il y a trois semaines.

UN TROU À CINQ CONTRE QUATRE

Jordie Benn a aussi remarqué que les équipes ennemies jouent de manière différente en désavantage numérique quand Weber n'est pas installé à la pointe.

« C'est l'aspect le plus important qui résulte de son absence, ajoute l'ancien défenseur des Stars de Dallas. Parce que l'adversaire comprend très bien qu'il n'est pas là, à sa position habituelle, quand nous sommes en avantage numérique. »

« Nous ne pouvons plus compter sur son puissant tir de la pointe, et ça fait un peu une différence. »

- Jordie Benn

Weber avait par ailleurs récolté 16 points en 26 rencontres avant de tomber au combat. C'est seulement deux points de moins que ce que Jonathan Drouin a pu obtenir en 36 matchs.

« On oublie parfois que Shea peut aussi produire des points, ajoute le gardien Antti Niemi. Il est très impliqué dans notre jeu en avantage numérique. S'il tire, il représente une menace, et s'il ne tire pas, son expérience fait quand même une différence. Comme gardien, tu veux avoir un gars comme ça devant toi. »

Le Canadien, déjà en position précaire au classement, doit maintenant tenter de s'accrocher malgré la perte de son défenseur le plus important, sans trop connaître la date de son retour. Il s'agit d'un énorme défi. Un autre...

Photo Bernard Brault, archives La Presse

Shea Weber