Le préparateur physique du Canadien de Montréal, Pierre Allard, aime le répéter : il cherche à faire de ses joueurs des « sprinteurs sur glace », des athlètes rapides et explosifs capables de profiter des fractions de seconde qui décident d'un match de hockey.

Publié le 11 sept. 2015
Gabriel Béland LA PRESSE

Le défenseur P.K. Subban semble l'avoir pris au mot. Cet été, il a commencé à travailler avec l'ancien sprinteur Ben Johnson. L'association a pu faire grincer des dents. Johnson a un lourd passé de dopage. « Mais j'étais à peine né quand il faisait de la compétition », s'est défendu Subban, hier, au tournoi de golf du Canadien.

Cette association a un intérêt qui va bien au-delà du passé controversé de Ben Johnson : l'expérience qu'a menée Subban cet été est très rare au hockey, presque inédite. Très peu de joueurs de hockey s'entraînent sur piste avec la même intensité que celle déployée par le défenseur de 26 ans. Il l'a d'abord fait à raison de trois entraînements par semaine, puis deux fois par semaine.

« Je sais que plusieurs joueurs de hockey s'entraînent sur piste, explique l'ancien sprinteur québécois Bruny Surin. Mais ceux que je connais le font de temps en temps, pas chaque semaine. »

« Pour moi, ça ne peut qu'être positif », continue Surin.

« Je suis même convaincu que le fait que Subban adopte une telle méthode pourrait en convaincre d'autres de le suivre. »

L'entraînement sur piste sur de courtes distances, comme pour un sprinteur, peut permettre au joueur d'améliorer son explosion et sa vitesse de pointe. Il sera intéressant de voir si les gains de Subban se traduiront sur la glace.

Un succès

Pour le principal intéressé, il ne fait aucun doute que l'expérience a été un succès. « Quand je pense à Ben Johnson, je pense seulement à quelqu'un qui peut me faire aller plus vite, dit-il. C'était un entraînement différent. Je pense que le défi est de se dépasser chaque été. Cet été, j'ai intégré Ben et ç'a été un succès. »

« Ç'a été incroyable. La vitesse est un aspect de plus en plus important du hockey, avait expliqué Subban au site Bleacher Report un peu plus tôt cet été. Il y a moins d'accrochages qu'avant. J'ai travaillé sur l'aspect vitesse avec Ben. La plus grande différence que j'ai observée, c'est ma souplesse. »

Le vainqueur du trophée Norris en 2013, finaliste en 2015, explique que ses méthodes d'entraînement novatrices sont motivées par une seule chose : s'améliorer sans cesse. « Je m'attends toujours à davantage de ma part. Il y a cinq ans, quand j'ai commencé à jouer ici, je me suis dit : mon but est de m'améliorer chaque année. »

Si la sueur qu'a laissée Subban sur une piste d'athlétisme de Toronto cet été peut payer cette saison sur la glace, qui sait si ses méthodes ne feront pas école ?