Plus encore que les fluctuations entre les types de hockey joué dans la KHL et dans la LNH (lorsque la LNH n'est pas en lock-out), ce sont les différences entre les amphithéâtres qui sautent aux yeux.

Mis à jour le 25 oct. 2012
François Gagnon LA PRESSE

Des différences qui vont au-delà la superficie des patinoires aux dimensions olympiques qu'on retrouve de ce côté-ci de la planète hockey.

Première constatation: les amphithéâtres de la KHL sont petits. Beaucoup plus petits que ceux de la LNH.

L'aréna du Dynamo de Minsk, avec ses 15 000 places, est le plus de gros de la ligue. Suivent ensuite Riga (14 500), Prague (13 150), Saint-Pétersbourg (12 300), Omsk (10 318) et Kazan (10 000), qui sont les seuls autres à compter au moins 10 000 sièges.

Les 20 autres amphithéâtres sont plus petits. Ceux des équipes évoluant dans la région de Moscou le sont plus encore.

Deuxième constatation: ils sont vieux. Surtout ceux de Moscou.

Le stade Luzhniki, domicile du Dynamo, a accueilli les matchs disputés à Moscou dans le cadre de la Série du siècle, il y a 50 ans. Il a été rénové, bien sûr. Ses sièges multicolores en témoignent de façon éclatante. Mais le vestiaire que j'ai eu la chance de visiter cette semaine est d'une autre époque. Celle d'avant la chute du rideau de fer. Et bien que les bancs soient beaux, on n'en compte que 8700.

Sokolniki, le domicile du Spartak, compte 5000 sièges. Le Palais de glace où évolue l'Armée rouge: 5600 places. Mais il y a plus petit encore, dont le domicile du Vityaz, à Chekhov. En plus d'offrir seulement 3300 places, plusieurs présentent une vue obstruée.

Deux exceptions: l'aréna d'Atlant, à Mytishchi, est neuf, beau, bien construit et peut accueillir 7000 amateurs. Il y a aussi le Mégasports. Plus grand amphithéâtre couvert de Moscou (14 500 places), le Megasports est loué lors des matchs importants opposants des grands rivaux comme le CSKA et le Spartak, où lorsque de puissantes équipes des autres régions de la KHL font escale à Moscou. Pourquoi y jouer si rarement? Parce que les coûts de locations sont trop élevés.

Plusieurs bancs vides

Troisième constatation: bien qu'ils offrent des places limitées, les amphithéâtres des cinq clubs de la région de Moscou sont rarement remplis. Même que des fois, ils sont vraiment dégarnis.

Oscillant autour 700 roubles (20$), le prix des billets est pourtant plus que raisonnable. Surtout avec les retours des Ovechkin, Datsyuk, Markov et autres vedettes de la LNH rentrées au bercail.

Pourquoi ces maigres foules alors? Bien qu'il occupe une grande place dans le coeur des Russes, le hockey ne peut rivaliser avec le soccer qui est très loin devant dans la course à la popularité à Moscou. Autre facteur, la circulation est tellement infernale que de nombreux amateurs décident de jeter l'ancre une fois de retour à la maison.

Conscients de cette réalité, bien les dirigeants du CSKA, Sergei Fedorov en tête, jonglent avec l'idée de faire bâtir un amphithéâtre plus moderne et plus accueillant près d'une bouche de métro.

Mais ce n'est pas pour demain.

Les pertes de revenus importantes en raison de la faible fréquentation des amateurs rendent ces équipes vulnérables sur le plan financier et tributaires de leurs commanditaires.

Cette réalité est toutefois différente à l'extérieur de Moscou. Car, dans les régions éloignées de la capitale, là où le hockey est roi, plusieurs équipes jouent à guichets fermés. J'en ai eu la preuve hier soir alors que les partisans du Lokomotiv de Yaroslav ont hurlé du début à la fin de la rencontre que leurs favoris ont gagnée (2-1) aux dépens d'Ilya Kovalchuk et du SKA de Saint-Pétersbourg. «Ça me rappelle le Centre Bell, en plus petit. Mais c'est comme ça tous les matchs», assurait le gardien Curtis Sanford qui a signé la victoire hier.

Beaucoup d'ambiance

S'il est vrai qu'ils sont peu nombreux, il est tout aussi vrai que les partisans qui assistent aux matchs - du moins à ceux dont j'ai été témoin - animent les parties avec passion.

Respectant les traditions sportives européennes, ils multiplient les encouragements à l'endroit de leurs favoris, les insultes à l'endroit de l'ennemi. Ils chantent. Ils font flotter des drapeaux et brandissent les foulards que tout partisan digne de ce nom porte autour du cou.

Pour animer la foule, plusieurs équipes ont recours à des meneuses de claque bien en vue et en petites tenues. Elles dansent à chaque arrêt de jeu au rythme des gros succès rock nord-américain. Cela dit, je n'ai pas encore entendu Dédé Fortin chanter «passe moi donc la puck, m'a t'en compter des buts» et j'attends encore une première mesure de musique traditionnelle russe. Je crois que je les attendrai longtemps.

Y a-t-il de la bouffe et de la bière dans les coursives? Mettez-en! Il y a même du pop corn. Et vous savez quoi? C'est moins cher qu'au Centre Bell.

Photo: La Presse, collaboration spéciale

Plusieurs équipes de la KHL ont recours à des meneuses de claque bien en vue et en petites tenues.