Depuis Montréal, on se dit que Max Pacioretty doit être affligé d'un sérieux virus pour avoir raté les trois derniers matchs d'Ambri-Piotta.

Mis à jour le 15 oct. 2012
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Mais dans les faits, il a été laissé de côté par son entraîneur, samedi soir face au HC Davos.

La règle voulant qu'une équipe ne puisse avoir plus de quatre joueurs étrangers en uniforme a mené l'entraîneur Kevin Constantine à cette conclusion. Richard Park et Jason Williams sont ses deux meilleurs attaquants depuis le début de la saison et ses deux joueurs étrangers en défense peuvent difficilement laisser leur place car Ambri manque de défenseurs suisses en santé.

Pacioretty fait donc les frais d'un casse-tête qui n'est pas sans rappeler les jongleries quotidiennes des Alouettes pour s'assurer d'un nombre suffisant de Canadiens dans leur formation.

«Max n'était pas encore tout à fait rétabli vendredi, mais j'aurais pu le faite jouer. Ne pas l'utiliser est le genre de décision qui vous empêche de dormir», admet Constantine, qui a vu son équipe mettre fin à une série de 10 revers, samedi, en battant Davos 4-2.

Pacioretty n'avait sûrement pas anticipé pareille situation en partant pour la Suisse. Déjà que l'entraîneur l'avait employé sur un trio défensif lors d'un match précédent, voilà qu'il le retranche en prétextant la grippe - une grippe qui, dans la LNH, n'aurait pas fait manquer plus d'un match à Pacioretty.

L'équipe qui est dernière au classement en Suisse peut-elle vraiment se passer d'un gars comme Max Pacioretty?

«Je ne veux piler sur les pieds de personne ou faire la grosse tête», nous a confié l'attaquant du Canadien, qui voyait les choses se dessiner dès le début du week-end.

«Ça n'en prendrait pas beaucoup pour que des gens se mettent à penser que je recherche un traitement particulier, alors que ce n'est pas du tout le cas.»

À moins qu'un joueur ne se blesse, le calcul qu'a fait Constantine se répétera à chaque match. Comment s'en sortir?

«L'idée qu'un de mes cinq meilleurs joueurs doive être laissé de côté est illogique en soi, admet l'entraîneur. Mais puisque c'est ainsi, le réflexe normal serait d'être juste et de faire une rotation.

«C'est la solution la plus juste, mais je suis pas sûr que ce soit la meilleure, car il n'y a alors aucune continuité dans les combinaisons. La situation est plus facile à gérer quand on a un blessé...»

Bienvenue à La Valascia

Les temps sont durs à Ambri. Le DG Jean-Jacques Aeschlimann a annoncé qu'il quitterait ses fonctions en fin de saison, les rumeurs de congédiement s'intensifient autour de Constantine, et les ennuis financiers de l'équipe rendent difficile l'embauche de bons joueurs suisses.

«Notre patinoire est un argument de vente extrêmement difficile car les joueurs s'en parlent, ajoute Aeschlimann. Certains n'entrent même pas en discussions avec nous à cause de nos infrastructures.»

On ne peut pas parler d'Ambri-Piotta sans parler de la Valascia, un aréna quasi-extérieur fait de bois et couvert d'un toit de tôle. L'hiver, à -10ºC, les joueurs sont transis.

«La première fois que je suis entré ici, j'ai éclaté de rire, raconte Pacioretty. On m'en avait beaucoup parlé, mais je n'arrivais pas à me faire une image mentale. C'est tout à l'opposé du Centre Bell. Disons qu'ici, je suis complètement sorti de ma zone de confort.»

Les amateurs se chargent toutefois de réchauffer l'atmosphère, en particulier lors des matchs «derby» opposant HCAP à son éternel rival de Lugano. Au menu lors de ces matchs: ambiance hooligan, bombes fumigènes et beaucoup, beaucoup de bruit.

Pacioretty a vécu l'un de ces derbys, plus tôt ce mois-ci à Lugano.

«Ça m'a beaucoup rappelé les rivalités universitaires aux États-Unis avec les chants continuels pendant le match. C'est devenu hors de contrôle à un moment donné car ils ont dû interrompre le match pour ramasser les pièces de monnaie que la foule lançait sur la glace.

«Mais ça a été une expérience amusante dont je vais toujours me rappeler.»