C'est probablement Hal Gill qui a offert l'observation la plus pertinente au sujet de P.K. Subban, lundi matin, dans le vestiaire du Canadien: «P.K., c'est P.K.»

Richard Labbé LA PRESSE

Sans surprise, Subban était le sujet du jour, lundi au Centre Bell, moins de 48 heures après la gaffe qui a mené au but de Paul Stastny en milieu de deuxième période, samedi soir. Évidemment, le Canadien a fini par échapper ce match face à l'Avalanche du Colorado en fusillade, par la marque de 6-5.

Après la rencontre, l'entraîneur Jacques Martin avait montré du doigt, de manière à peine voilée, son jeune défenseur et sa propension à vouloir épater tout le monde en même temps. Martin avait évoqué ceux qui jouent de façon «individuelle»...

Mais comme le dit si bien le défenseur Hal Gill, P.K. c'est P.K., et le Canadien devra faire avec.

«Nous n'allons pas le changer, a ajouté le vétéran de 36 ans au sujet de son jeune collègue. Il est comme ça, P.K. Il en a encore beaucoup à apprendre. Il a déjà appris la saison dernière, et pour lui, ce sera un parcours avec des hauts et des bas. C'est normal pour un jeune joueur. Il doit apprendre à reconnaître certaines choses, les différentes formes d'échec avant, les différents joueurs qui s'amènent contre lui, comprendre qu'il doit tenir compte du temps qu'il reste à faire dans un match. Il a fait une erreur samedi soir, mais il va apprendre.»

En Subban, le Canadien a un défenseur explosif, talentueux et spectaculaire, mais aussi un joueur qui aime prendre des risques de temps à autre. Ce qui ne cadre pas nécessairement avec la philosophie hockey de Jacques Martin, qui parle souvent de discipline. Et il se trouve que Subban joue parfois de manière indisciplinée. «C'est mon travail de le ramener à l'ordre au besoin», a fait savoir l'entraîneur, lundi midi.

Il se montre du doigt

Le principal intéressé, lui, n'a pas cherché à se cacher après l'entraînement. Il en a même profité pour se montrer du doigt. Un peu.

«Le jeu de samedi soir, si je le réussis et que je marque un but ensuite, personne ne parle de tout ça, a-t-il expliqué. En même temps, je sais que je suis capable de faire mieux. Je crois que j'ai manqué de concentration samedi soir. J'ai eu un bon départ, mais j'ai ensuite manqué de concentration. Alors, je sais que je peux faire mieux, mes coéquipiers le savent aussi.»

On lui a demandé s'il avait eu une petite discussion avec son coach. Hilarité générale dans la pièce... «Mais je parle tout le temps avec Jacques! Nous avons une très bonne relation, vous savez. Je ne veux pas être une des raisons des échecs de l'équipe, et samedi soir, j'ai été une des raisons pour expliquer la défaite. Je m'attends à être ciblé quand ça va mal. La bonne nouvelle, c'est que je suis capable d'oublier tout ça, de penser tout de suite au prochain match, de faire le vide. C'est ce qui fera de moi un meilleur joueur, je crois.»

«Je ne vais pas modifier mon style»

Mais P.K. est P.K., disions-nous, et le principal intéressé ne va pas se mettre soudainement à changer de style. Après tout, c'est ce style qui lui a permis de réussir chez les grands. Jacques Martin, lui, aime assez Subban pour en faire son joueur le plus employé depuis l'ouverture de la saison régulière, avec une moyenne de 24 minutes et 55 secondes de jeu à chaque partie.

«Je ne vais pas modifier mon style de jeu, ce n'est pas la question, a-t-il conclu. Le jeu de samedi, je l'ai réussi 100 fois auparavant. C'est peut-être juste qu'avec un score de 2-2, ce n'était pas le moment de faire ça...»

C'est peut-être juste ça, en effet.