P.K. Subban n'est pas passé par quatre chemins après le match. Non seulement était-il déçu du résultat de la rencontre, mais il l'était davantage de sa première rencontre après une absence de trois matchs.

Publié le 10 déc. 2010
François Gagnon LA PRESSE

«L'équipe a mieux joué que le score ne l'indique. N'eût été des pénalités, nous aurions vraiment été dans le coup comme on l'a démontré en troisième. Mais de mon côté, bien honnêtement, je n'ai vraiment pas aimé mon match. J'avais les jambes lourdes, j'étais un pas, sinon deux, derrière les autres et jusqu'en troisième période, je trouvais que tout allait très vite autour de moi. La bonne nouvelle c'est que je pourrai me reprendre dès demain soir», a lancé le défenseur après le match.

Subban s'est fait prendre en fin de deuxième période. Il a tenté de foncer en zone adverse pour asséner une mise en échec. Mais les Wings ont profité d'une descente en surnombre sur le jeu. Un jeu qui rappelait celui qui a permis aux Oilers d'Edmonton de niveler les chances la semaine dernière en qui a entraîné son séjour sur la galerie de presse.

«Je ne peux commencer à mettre en doute mon implication et à jouer sur les talons sinon je serai complètement inutile à l'équipe. Je ne peux passer mon temps à me poser des questions. Je dois y aller avec instinct. Mais tout ça est une affaire de synchronisme. Ça va revenir rapidement.»

Si Subban était critique à l'égard de la qualité de son jeu, ses coéquipiers accusaient l'indiscipline collective.

«On ne peut pas passer la soirée en désavantage numérique et espérer s'en sortir. Ils n'ont qu'un but en avantage numérique, mais le temps passé à écouler ces six pénalités a miné l'énergie de quelques gars en plus de faire perdre le rythme à ceux qui étaient cloués au banc», a lancé le capitaine Brian Gionta.

Confrontés à Pavel Datsyuk et au gros trio des Wings, Gionta, Plekanec et Andrei Kostitsyn ont été réduits au silence au cours des deux premières périodes.

Le frère André a disputé un match affreux. En plus de rater un filet ouvert en deuxième, il a été un boulet pour ses deux compagnons de trio qui avaient déjà les mains pleines avec Pavel Datsyuk.

«C'est certainement l'un des bons centres de la LNH. Il est solide dans tous les aspects du jeu. Je crois que nous nous sommes bien débrouillés pour le contrer, même s'il a marqué, mais il était aussi très fort défensivement pour eux. C'est un excellent joueur», a insisté Tomas Plekanec.

Après deux périodes très occupées, Carey Price a pu souffler un peu en troisième. Mais le mal était fait. Surtout qu'à l'autre bout, son vis-à-vis Jimmy Howard s'est illustré à son tour.

«Cette équipe contrôle très bien la rondelle et elle est toujours en mouvement. J'avais l'impression que tous les tirs qui arrivaient en première et deuxième périodes étaient des tirs de qualité. Je suis content de voir que nous n'avons pas lâché en troisième. Même que nous sommes passés à un cheveu de niveler les chances avant leur but dans un filet désert», a commenté Carey Price.

S'ils ne contestaient pas les décisions des arbitres à leur égard, les joueurs du Canadien et leur entraîneur-chef Jacques Martin ont déploré un laxisme envers leurs adversaires.

«Nous avons très bien joué à cinq contre cinq et il aurait été intéressant de profiter d'attaques massives en fin de partie», a simplement indiqué Jacques Martin.

«Nous avons des gars qui ont été accrochés en fin de rencontre, mais les arbitres avaient serré leur sifflet», a ajouté Benoît Pouliot qui assumait pleinement le blâme sur le but de Pavel Datsyuk, celui de la victoire.

«Je ne pouvais perdre la rondelle comme je l'ai fait sur le jeu. Il fallait que je la rentre dans leur territoire», a reconnu Pouliot qui a marqué son 7e de la saison en troisième.

Le Canadien a effectué l'envolée Detroit-Toronto immédiatement après la rencontre. Les joueurs auront congé d'entraînement, ce matin, afin de refaire le plein en vue du match contre les Maple Leafs en soirée. Carey Price devrait être devant le filet, mais Jacques Martin ne lui avait pas confirmé sa présence lorsque La Presse l'a croisé à sa sortie du vestiaire.