Même si ses Flyers sont débarqués à Montréal en quête d'une onzième partie de suite sans défaite en temps réglementaire (9-0-1) et qu'ils trônent au sommet de la division Atlantique, Peter Laviolette assure qu'il n'a pas encore retrouvé l'équipe qu'il dirigeait en finale de la coupe Stanley.

Publié le 16 nov. 2010
François Gagnon LA PRESSE

«On ne joue pas du hockey du mois de juin en novembre. On s'en rend vite compte lorsqu'on consulte les bandes vidéo des dernières séries. Mais nos gars ont appris le printemps dernier. Et les habitudes prises en séries sont déjà mises en application. Il nous reste à peaufiner notre jeu», a déclaré l'entraîneur-chef des Flyers croisé avant le match.

Si Laviolette affichait une certaine retenue quant à la qualité du jeu offert par son équipe, il a ouvert toutes grandes les vannes lorsqu'est venu le temps de complimenter deux des principaux responsables des succès de son équipe: l'attaquant Claude Giroux et le gardien Sergei Bobrovsky.

Lorsqu'on a demandé à Laviolette d'identifier la principale qualité du franco-ontarien âgé de 22 ans, l'entraîneur-chef a affiché une moue de dépit.

«Je vais probablement me faire assassiner parce que Claude est notre meilleur marqueur, qu'il occupe le 15e rang dans la LNH et qu'il est un fabricant de jeu extraordinaire. Mais sa meilleure qualité est sans doute son habileté en désavantage numérique. Giroux est un excellent joueur défensif. C'est pour cette raison que nous lui donnons la mission de neutraliser les meilleurs trios adverses. Il l'a fait de façon brillante hier (lundi) contre Ottawa», a plaidé Laviolette.

Choix de première ronde des Flyers en 2006, Giroux a été réclamé au 22e rang. Deux sélections après que le Canadien eut prononcé le nom du défenseur américain David Fischer que le Tricolore n'a jamais mis sous contrat.

Confiance d'un vétéran

Trois de neuf buts à la fiche de Giroux avant le match de mardi avaient justement été inscrits en désavantage numérique. Un sommet dans la LNH. Il affichait aussi une passe.

Avec quatre points à court d'un homme, sept lors d'attaques massives (6 buts, 1 passes) et 10 à forces égales (1 but, 8 passes), Giroux s'impose sur tous les fronts.

«Les gars adhèrent au système qui nous a permis de nous rendre en finale l'an dernier. Nos premiers matchs n'ont pas été faciles - les Flyers ont connu une séquence de trois défaites de suite lors des matchs 3, 4 et 5 - mais depuis on joue du bien meilleur hockey. On s'amuse. Et quand on s'amuse, c'est facile de travailler et d'avoir du succès.»

Les Flyers ont donné un gros coup de pouce à Giroux en lui octroyant une prolongation de contrat de trois ans qui lui permettra de toucher 11,25 millions$. Un «petit» contrat en comparaison à celui signé par Jeff Carter (11 ans, 58 millions), mais un contrat qui le satisfait.

«Jeff, comme les autres leaders de notre équipe, mérite ce qu'il a obtenu. Personnellement, je suis bien content. Et mon tour viendra un jour», a conclu Giroux en esquissant un sourire.

«Bob the Goalie»

À l'image de ses coéquipiers, Claude Giroux ne savait pas grand-chose du gardien Sergei Bobrovsky lorsqu'il s'est présenté au camp. Mais il a vite compris qu'il affrontait un gardien très solide.

«Je me souviens d'un entrainement au cours duquel Daniel (Brière) et moi allions en échappée contre lui. Il arrêtait tout. Il est vraiment fort. Techniquement, physiquement et mentalement. Il veut tout arrêter», assurait Giroux.

Peter Laviolette est allé plus loin encore dans ses compliments à l'endroit du gardien russe âgé de 22 ans. «Je n'ai encore jamais vu un gardien aussi sérieux dans son travail. Sur la glace, lors des matchs ou des entrainements, au vestiaire, dans le gymnase, il est concentré sur une chose: son travail de gardien. C'est un jeune vraiment impressionnant», commentait Laviolette.

Et la barrière de la langue?

«C'est un gardien, c'est moins pire», a lancé Daniel Brière en riant.

«Il communique à sa façon. Lorsqu'un gars se fait mal en bloquant un tir devant lui, il s'assure d'aller le remercier lors du prochain arrêt de jeu», d'ajouter Giroux.

«Il commence à échanger quelques mots. Pour l'instant, ses performances parlent pour lui», a conclu Peter Laviolette.