Le DG de la formation de Farjestad, Tomas Rundqvist, est inquiet pour son équipe, la meilleure de la Ligue d'élite en Suède.

Mathias Brunet LA PRESSE

Le Canadien lui a arraché, hier, son centre numéro deux, Mikael Johansson. Sans compter l'éventuelle perte, encore plus lourde, de son gardien Jonas Gustavsson, dit le Monstre, courtisé par plusieurs clubs de la LNH.

«Mikael Johansson était un joueur important pour nous, a confié Rundqvist, un ancien attaquant de l'organisation du Canadien, au bout du fil. C'est un petit joueur, mais il est habile avec la rondelle. Il installe bien le jeu en supériorité numérique. Ce n'est pas un grand marqueur, mais il obtient beaucoup de passes. Je dirais que c'est un joueur offensif avant de le qualifier d'attaquant complet.»

Ce choix de neuvième ronde des Red Wings de Detroit en 2003 possède-t-il les outils pour bien s'adapter à la LNH?

«C'est une question intéressante, répond Rundqvist. Les patinoires n'ont pas la même dimension en Amérique du Nord, il aura moins d'espace pour manoeuvrer. Mais son intelligence va lui servir et il est fort techniquement.»

Rundqvist a aussi perdu un atout de taille l'an dernier : Fabian Brunnstrom, qui a joint l'organisation des Stars de Dallas. Comment peut-il comparer les deux joueurs?

«Brunnstrom est plus rapide, c'est certain. Sa vitesse lui a permis d'atteindre la Ligue nationale. Il est également habile avec la rondelle. Mikael n'a pas la vitesse de Fabian, mais il manie bien la rondelle lui aussi et il a probablement une meilleure vision périphérique.»

Gustavsson est impressionnant

Rundqvist s'enthousiasme au bout du fil lorsqu'on lui parle de Jonas Gustavsson. «Il nous est arrivé d'un circuit inférieur, il y a deux ans, et honnêtement, je n'aurais jamais cru qu'il deviendrait aussi bon. Il va continuer à connaître du succès parce qu'il travaille avec acharnement à chaque jour. Je n'ai jamais vu un athlète aussi concentré, autant dans les matchs qu'à l'entraînement. Ce qu'il a accompli en si peu de temps est phénoménal.»

Est-il aussi dominant que l'était Henrik Lundqvist, en Suède, avant de se joindre aux Rangers? «Oui, répond Rundqvist sans hésiter. J'ai vu tous les matchs de Gustavsson cette année et je ne peux pas me souvenir d'une seule mauvaise performance de sa part. Peut-être a-t-il accordé trois ou quatre mauvais buts dans la saison.»

Les Maple Leafs de Toronto et l'Avalanche du Colorado sont les favoris pour obtenir ses services. «Il veut se joindre à une équipe qui en fera l'un de ses deux gardiens dans la Ligue nationale, mentionne Rundqvist. Il n'ira certainement pas chez les Rangers, par exemple. Il ne veut pas faire ses classes dans la Ligue américaine. Il est prêt pour la LNH. Je crois qu'il a réduit le nombre d'équipes potentielles à quatre. J'essaie de savoir quels sont les deux autres clubs, mais il ne veut en parler à personne.»

De solides Suédois

La cuvée suédoise est très intéressante en prévision du repêchage amateur de juin à Montréal. En plus du défenseur format géant Victor Hedman, qui sera probablement choisi parmi les deux premiers, Magnus Paajarvi-Svensson (ailier gauche), David Runblad (défenseur), Olivier Ekman-Larsson (défenseur), Jacob Josefson (centre), Marcus Johansson (centre) et Tim Erixon (défenseur) et Carl Klingberg (ailier gauche) pourraient être repêchés dès la première ronde.

«Une fois de temps en temps, il y a une cuvée solide, tout simplement, a souligné Rundqvist. La prochaine ne sera pas aussi forte. Nous comptons un joueur parmi les candidats de cette année, Marcus Johansson. Il a commencé l'année en force, mais il a été victime d'un épuisement après les Fêtes. Malgré tout, on peut dire qu'il a connu une bonne saison.»

Rundqvist se souvient du Québec. À l'époque où il jouait, il a passé une saison en Amérique du Nord, à Sherbrooke, pour y jouer dans la Ligue américaine avec le club-école du Canadien, avec lequel il a remporté la Coupe Calder.

Il se souvient évidemment d'un jeune gardien fraîchement rappelé des rangs juniors appelé Patrick Roy. «Je me souviens de lui, et de (Stéphane) Richer également. C'était une grande aventure pour moi. Je devais me familiariser avec des patinoires plus petites. Montréal avait une grosse équipe et c'était difficile de percer. J'avais l'impression que même si je jouais bien, je n'aurais pas ma chance et la paye n'était pas aussi bonne à l'époque. Je suis rentré en Suède après un an.»

Rundqvist a disputé six saisons à Farjestads, puis cinq en Autriche, avant de prendre sa retraite en 1998. Il gère maintenant son ancienne équipe et avoue que le défi est de taille.

«On a déjà perdu trois joueurs récemment (le troisième est Dick Axelsson, qui se joindra à l'organisation des Red Wings) et deux autres joueurs menacent de partir pour la KHL. La Russie devient un concurrent de plus et ça rend notre travail difficile parce qu'on ne produit pas des joueurs à la tonne. Je suis un peu inquiet en ce moment, pour vous dire la vérité.»