Qu'est devenu le joueur qui brillait de tous ses feux aussi récemment qu'au match des Étoiles? À la suggestion de Bob Gainey, Alex Kovalev a été mis au repos et il n'accompagnera pas l'équipe à Washington et Pittsburgh.

Mis à jour le 17 févr. 2009
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Lors d'un point de presse improvisé durant l'entraînement de l'équipe au Complexe Sportif de Brossard, mardi, Gainey a expliqué qu'il avait rencontré Kovalev pour l'aviser de rester à Montréal et de ne pas participer aux deux prochains matchs du Tricolore, mercredi et jeudi.

«J'ai vu dans ses yeux qu'il a besoin d'un petit repos», a soutenu Gainey en reconnaissant qu'à prime abord, Kovalev aurait préféré continuer à jouer car il a à coeur son rôle au sein de la formation.

«C'est lourd pour lui en ce moment. Il juge que sa façon de jouer est inacceptable», a déclaré Gainey.

«Il est fatigué et ses émotions ne sont pas à la bonne place.»

Le ton du DG aurait presque paru compatissant n'eut été de ce commentaire massue lâché au milieu du point de presse:

«L'équipe n'a pas besoin de Kovalev de la façon dont il joue présentement.»

La situation de Kovalev sera réévaluée le week-end prochain, alors que la direction déterminera si l'Artiste peut réintégrer la formation ou s'il doit prolonger son congé.

«L'équipe peut survivre sur une courte période sans les services d'un de ses meilleurs joueurs, a soutenu Gainey. Elle peut agir comme s'il s'agissait d'un problème physique.»

Précisons que Kovalev n'a pas demandé à être échangé. Gainey, lui, prétend que l'attaquant russe n'est pas encore sur le marché. Il a toutefois indiqué qu'aucun scénario n'était désormais écarté.

«Nous sommes dans la période des transactions...», a-t-il dit.

Pas le seul à en arracher


Pour parer à cette onde de choc, tout le monde chez le Canadien s'est rangé derrière la décision du patron.

«Bob a jugé que c'était dans les meilleurs intérêts de l'équipe, que c'était ce dont le club avait besoin», a commenté Mike Komisarek.

«Ça prouve que tout le monde doit faire sa part et qu'on est tous imputables», a enchaîné Carey Price.

Quant à Guy Carbonneau, il a parlé de Kovalev comme s'il s'agissait davantage d'un épuisement professionnel que d'une mesure punitive.

«Je n'ai pas 10 exemples à vous donner, mais ce genre de chose s'est déjà vu, a invoqué Carbo. Les sportifs ne sont pas immunisés. Dans le monde des affaires, on voit des personnes prendre des mois de congé en raison d'une dépression.

«Bob Gainey n'est pas du genre à prendre ces décisions à la légère. Je fais confiance à son instinct.

«Alex doit mettre des choses au clair dans sa vie. On veut qu'il nous revienne frais et dispos.»

Carbo a ajouté que son joueur vedette n'était pas le seul à en arracher par les temps qui courent.

«Il ne joue pas selon son potentiel, mais il n'est pas le seul, a dit l'entraîneur.

«Moi-même j'en arrache dans la composition de mes trios...»

Confusion et manque de production

S'il y a d'autres motifs à cette mise au rancart que la fatigue psychologique, la direction s'est bien gardée de les révéler.

Questionné à savoir si Kovalev était en brouille avec ses entraîneurs, Bob Gainey a suggéré que Kovalev lui-même ne savait pas toujours à quelle enseigne il logeait.

«L'histoire de Kovalev à Montréal - et même avant - montre que de temps en temps il est sur le même chemin que ses entraîneurs et d'autres fois, il ne l'est pas.

«C'est difficile pour les coachs et pour Alex de comprendre pourquoi.

«Il est toujours prêt à se regarder dans le miroir, a ajouté Gainey, mais parfois, il le fait avec confusion.»

Le fait que les résultats individuels ne venaient pas n'ont certainement pas aidé la cause de l'attaquant de 36 ans.

«C'est le genre de joueur qui est jugé selon sa production, a rappelé Gainey. Or, pour marquer et aider ses coéquipiers à marquer, un joueur doit faire différentes choses. Lorsque la production n'est pas au rendez-vous, ces petites choses deviennent plus difficiles.

«Cela dit, s'il ne faisait pas ces petites choses mais qu'il avait le double des points, nous n'en serions pas là aujourd'hui.»

Le statut d'Alex Kovalev avec le Canadien est désormais dans une sérieuse zone grise.

Il ne faut pas exclure la possibilité qu'il ait disputé son dernier match dans l'uniforme bleu-blanc-rouge.